@ffi
-C’est assez paradoxal que tu poses ce genre de question, toi qui ne
croit pas trop au libre-arbitre par ailleurs, ayant plutôt une pensée
strictement déterministe.
------> Non, je n’ ai pas une pensée strictement
déterministe ,c’ est plus complexe , je
crois qu’il existe des intervalles de libertés.
La contrainte sociale , environnementale ,
historique etc. existe mais elle n’ est
jamais totale , nous ne sommes pas des pantins sans aucune volonté …
-Si c’est un suicide, et que personne n’y a poussé, bon,
ok, il est le seul responsable. Rien n’empêche quiconque de se suicider de son
propre chef. C’est une liberté qui ne nécessite l’intervention de personne
------> La dessus, on est d’ accord. Mais il faut
garder à l’esprit qu’ une personne grabataire n’ a pas les moyens d’ abréger sa
vie d’ elle-même , elle n’est pas en état.
-Or l’on constate
que les personnes âgées, malgré cette liberté, se suicident peu, c’est donc
qu’il semble que les gens ont en général envie de vivre leur vie jusqu’au bout.
------> Je ne sais pas sur quel chiffre tu te base ou
si c’ est simplement intuitif. Par expérience, pour avoir bossé un temps dans un service de cancérologie , j’ ai
vu un certain nombre de patient demandé à ce que leur vie soit abrégée , ils n’
étaient pas majoritaire , certes mais une quantité conséquente tout de même.
En 2013, selon un
projet de rapport de la Commission fédérale de contrôle et d’évaluation de
l’euthanasie en Belgique, 1.807
personnes ont choisi de mourir euthanasiées. Soit cinq par jour.
Mais peu importe,
même s’ il n’ y avait qu’ une seule personne qui décidait de mourir , cela ne changerait
rien au fait que cette personne soit responsable de sa propre vie et puisse
l’abréger.
-situation de faiblesse, ne ferait-il pas de l’abus de
faiblesse, ne ferait-il pas une provocation à la mort d’autrui ?
------> Tout le monde est d’ accord avec le fait que l’euthanasie
doit etre régulé scrupuleusement juridiquement.En Belgique par exemple , il
faut que le patient fasse une demande et si mes souvenirs sont bons , il faut à
peu près 6 mois pour que la demande soit prise en compte , de plus il faut que
patient motive sa demande , il y’ a tout un tas de dispositions pour être
certain que c’est sa volonté.
-S’il s’arrange pour hériter de la personne, suite à sa
mort, n’a-t-il pas intérêt à le voir mourir ?
------>Oui mais ca c’ est comme pour tout , une personne peut s’arranger
pour trafiquer la voiture de celui dont elle doit hériter afin qu’ il fasse un
accident , on ne remet pas pour autant l’ existence des voitures en question.
Qu’ il puisse exister des dérives , évidemment , il y’a
des dérives pour tout , même si l’ euthanasie n’ est pas légalisée , les plus
riche eux ont les moyens d’ abréger leurs souffrances à l’ étranger , n’ est ce
pas là non plus une dérive ?
Mais ma question concerne surtout le principe , une
personne peut considérer que la légalisation de l’ euthanasie mènerait à des
dérives et s’ y opposer pour cette
raison , je ne suis pas d’ accord mais je comprend , ceux que je ne comprend
pas , ce sont ceux qui s’ y opposent par principe , c’ est là ma question :
pourquoi ? De quel droit veulent ils empêcher des personnes conscientes
adultes et responsables d’abréger leur propre vie ?
-Il faut rester
simple : on ne naît qu’une fois, sans le choisir, on ne meurt qu’une fois,
sans le choisir non plus. Le rôle du médecin est de soigner, c’est dans le
serment d’Hypocrate, il n’est pas de donner la mort.
------>Cet argument ne tient pas la route , il y’a plein de
chose dans la vie qu’ on ne fait qu’ une fois et qu’ on peut choisir.
Certes, on ne
choisi pas de naitre ( ce qui dans certaines philosophiques n’ est pas vrai , l’homme
choisi de s’ incarner sur terre ) , mais de fait on peut choisir de mourir , les
belles phrases n’ y changeront rien , c’est la réalité.
Dernière chose :
en considérant que ta phrase soit simple , une personne a le droit de ne pas
rester simple.