Ah... et puis pour répondre plus précisément à ce que vous disiez, tout en rebondissant sur ce que j’ai répondu ci-dessus (j’étais acrobate dans une autre vie), voici :
Vous disiez : "la nation France est une construction politique. La francophonie est en
revanche une construction culturelle. Les deux objets n’ont pas les
mêmes frontières ; et bien qu’ils ne soient pas sans relation, ils ne
doivent cependant pas être confondus."
Il ne s’agit pas de dire qu’il y a construction politique d’un côté, construction culturelle de l’autre. Étant donné que vous posez les choses de cette façon, c’est-à-dire disloquée, vous vous contraignez vous-même à être réduit à les opposer à un moment ou à un autre.
Il s’agit plutôt de dire que la culture est enchâssée dans la politique, qu’elle en émane et que, bien entendu, contrairement à la politique assujettie aux frontières (mais là on passe déjà de Politikos à Politeia), la culture produite se diffuse, se répand, et c’est tant mieux car elle a vocation à le faire : tous les êtres humains sont animaux politiques et raisonnables, tous ne peuvent s’épanouir qu’au sein d’une communauté aux pourtours bien définis, mais toutes les communautés politiques elles-mêmes ont intérêt (au sens d’un supplément d’âme, non d’une nécessité vitale) à communiquer entre elles et à échanger leur génie respectif. Il n’y a aucune raison pour qu’on se l’interdise et cela ne contrevient en rien à la permanence de communautés distinctes.
Je pense que vous commencez à mieux comprendre "ma logique". 