@Qaspard Delanuit
Gaspard, permettez-moi de vous répondre dans mon élan aristotélicien. Il me semble que le philosophe qui établit le plus petit commun multiple entre les hommes est le mieux placé pour parler de la singularité de l’homme dans la nature. Or, voici ce à quoi se limite Aristote du point de vue de l’espèce : l’homme est un animal politique rationnel. Personnellement, j’ai plutôt tendance à dire "raisonnable" que rationnel. Pour moi rationnel signifie "fondé en raison", raisonnable "capable de raison". La nuance me semble importante.
L’homme est donc animal. Parmi les animaux, il fait partie des animaux sociaux (ou politiques). Et parmi ces derniers, il est le seul à être "raisonnable". Qu’est-ce-à dire ? Pour moi, cela signifie qu’il a une conscience. Cela ne fait pas de lui un animal inédit car les individus d’autres espèces possèdent également une conscience d’eux-mêmes. Seulement l’homme, lui, a une conscience "au carré", c’est-à-dire qu’il a conscience d’avoir conscience, et ça, ça l’emmène très loin. Je pense pouvoir dire que la conscience de la conscience est, elle, propre à l’homme. En tout cas, l’homme ne se la doit pas à lui-même. Il la doit soit à Dieu, soit à la nature, faite de hasard et de nécessité.
Bien à vous, et bon appétit à toutes et tous.