@ Gaijin et Philouie
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Bonsoir,
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Je n’ai pas grand chose à rajouter, Gaijin a très bien répondu à la question, qui était effectivement très bonne. En ce qui concerne l’interprétation "dynamique" de la plaine de hsiang-tch’eng ??, celle que vous exposez rejoint tout à fait celle que j’avais en tête. Ça me soulage de savoir qu’on peut être d’accord sur l’interprétation "si subjective" (pour un "scientifique") d’un terme qui ne se veut à la base être qu’un nom propre.
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Le mot de taoïsme est très glissant, il peut tout dire et son contraire, soyons vigilants... Gaijin dit très bien que si le "taoïsme" n’apparaît historiquement — et donc dans tous les livres qui se disent sérieux — qu’à la fin de l’antiquité chinoise (IV siècle historiquement), ses principes, sa pratique, peuvent être suggérés, par quelques éléments tangibles épars, bien avant cette date.
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Le taoïsme "primitif" (daojia ??), tel que les historiens l’entendent, commencent toutefois avec les textes qui nous ont été transmis, à savoir le Lao tseu et Tchouang-tseu (le Lie tseu c’est le parent pauvre). Ceux-ci s’articulent, comme le suggère Philouie, en réaction au discours confucianiste — ou bien, et c’est la même chose, au discours des institutions politiques de l’époque. Mais ce sont loin d’être les seuls. Leur particularité c’est qu’ils reprennent le vocabulaire et les concepts mêmes que les puissants utilisent, mais pour les retourner contre eux. Bien qu’ils n’avaient pas conscience d’être "taoïstes", on peut considérer les auteurs de ces textes comme les premiers taoïstes historiquement connus ; à partir du moment où l’on définit le taoïsme comme courant de pensée subversif qui s’attaque directement aux institutions régnantes de l’époque, en utilisant et en amplifiant — paradoxalement — les mêmes concepts que ceux développés par les tenants du pouvoir (là ça se discute, on me dira oui mais le wuwei etc. mais je prends en compte).
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Donc du point de vue historique, confucianisme et taoïsme n’apparaissent pas ensemble mais, comme le dit Philouie, le taoïsme n’aurait pu existé sans le confucianisme : si l’on reprend la définition du taoïsme que je viens de faire. Pour résumer, c’est le taoïsme "politique" qui voit le jour à cette période. Il s’agit en fait du taoïsme "anti-politique"et "politique" qui voit le jour en même temps, puisque le discours tenu par les textes taoïstes a été abondamment utilisé — paradoxalement une fois de plus — par les puissants.
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Il y a de quoi manger un paquet d’aspirine pour comprendre tout ça.
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J’aurai une petite rectification à faire cependant, sur Han Fei Tseu. Bien qu’il tienne un rôle important dans l’élaboration théorique du légisme, je ne le tiens pas pour auteur personnellement de ce courant de pensée. Le légisme n’est (pour moi) que la forme purifiée de la logique étatique, qui elle remonte à avant la période historique connue, c’est-à-dire avant 1250 env. avant notre ère. On peut situer par l’archéologie la naissance de l’État en Chine au moins vers 2000 avant notre ère. C’est l’âge du bronze. Il suffira de rappeler que Han Fei Tzeu est le disciple de Xun Tseu, lui-même confucéen : et Confucius ne fait que véhiculer la logique étatique, celui-ci ayant toutefois tenté, de manière habile et sincère, à lui donner un visage plus attrayant. En somme plus humain...
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Ce post en nettement moins riche de sens que celui de Gaijin : je n’ai fais que donner quelques détails techniques en guise de complément... Pour résumer l’histoire et la question, il n’existe pas de taoïsme sans orthodoxie, autant qu’il n’existe pas d’arbre sans bûcheron. L’arbre était là bien avant, mais n’a trouvé son "utilité" que parce que le bûcheron a inventé une hache pour le tailler en rondelle.