1 Le fil rouge des trois vidéos est la question de savoir si
Ben Laden est responsable des attentats.
2 Le travail de Sam est de confronter la méthode de Reopen
pour traiter cette question avec la sienne et celle des sceptiques dont il se
revendique. Et plus généralement, quelle peut-être la méthode pour indiquer que
les zones d’ombres sont suffisamment importantes pour justifier la demande de
réouverture d’une enquête.
3 Dans cette vidéo, Sam essaie avec Reopen de déterminer des
profils types concernant les différents jugements sur ce sujet.
Ça fait beaucoup :
Sam cherche-t-il la vérité ? Ou la bonne façon de la chercher ? Ou à
analyser les attitudes des uns et des autres ?
Rappel : vidéo 1, à la demande de Sam, Reopen propose
comme point contesté dans la VO, l’affirmation selon laquelle Ben Laden a revendiqué
les attentats. Reopen présente 4 déclarations différentes collectées par divers
canaux médiatiques où Ben Laden nie être l’auteur des attentats. Et deux autres
déclarations controversées : Ben Laden y revendiquerait les attentats,
Reopen rapportant que des experts arabophones affirment que ses propos n’ont
pas été traduits correctement. En vidéo 2 Reopen avait ajouté que les aveux
sous la torture et la possession de documents classifiés qui l’attesteraient
sans les présenter, ne sont pas des preuves de la revendication de Ben Laden
aux attentats. Je passe sur les reformulations de Sam sur les propos de Reopen,
et ses questions de méthodo : personne ne peut dire quelles conclusions et
sur quels sujets Sam en a tiré au bout de trois vidéos.
La vidéo « Preuves de la culpabilité de Ben Laden »,
qu’il diffuse dans la vidéo 3, il l’avait mise en lien sous la vidéo 2, avec
juste une phrase très rapide pour en informer dans cette même vidéo 2 à 13:30, qui
correspond à la question soulevée en vidéo 1. Il est bien gentil de dire à ses
auditeurs qu’ils ne regardent pas ses sources et dédaignent son travail, mais
il y a plus simple que le jeu piste qu’il nous laisse. Surtout, au lieu de nous
prendre à témoin pour dire deux vidéos plus tard qu’il apporte une réponse à la
question de Reopen en vidéo 1, il aurait dû mettre ses preuves en vidéo 1 pour
confronter l’affirmation de Reopen et voir ce que ça donne (si Reopen juge ces
preuves suffisantes, si elles se substituent à l’absence de revendication de
Ben Laden, comment traiter la charge de la preuve, peut-on accuser à la place
de la justice, ou compléter les présomptions de culpabilité qui manquent à la
VO, etc…). Et c’est fatigant aussi d’avoir à écrire tout ça pour reconstituer les
éléments épars de son échange avec Reopen.
Je passe sur ses leçons sur la charge de la preuve et les
zones d’ombres qu’il énonce à vide, alors qu’il évite de confronter ces aspects de methodo avec
reopen justement sur la question de la culpabilité de Ben Laden qu’il nous
ressort. Cette imposture étant le reproche de fond que je lui fais sur l’ensemble
de ses vidéos. Je passe, vraiment en fermant les yeux, sur son chamallow qui
attaque les tours.
Il développe un peu plus sur les jugements des uns et des
autres sur les attentats. Ce qui a son intérêt, mais c’est un sujet en soi, qui
n’agit en rien sur les enquêtes de Reopen comme de Sam sur les attentats. Il
faudrait déjà préciser que le concept de profil-types a ses utilités et ses
limites : on n’est pas des cases, n’est-ce pas. Il aurait pu développer
que la question sous-jacente à tous ces profils psychosociologiques est celle
de son rapport à l’autorité : celle sociale comme celle personnelle. L’autorité
que l’on admet, revendique, ou celle que l’on conteste est souvent le premier
clivage de tout débat contradictoire. L’interdit de l’interrogation sur ces
attentats s’est répandu dans le mainstream, puis chez les stars du show bizz,
puis dans le monde professionnel corporate. Sam aurait pu relever que c’est
bien cela qui a bloqué les débats, qui, au lieu d’évoluer, n’ont fait que renforcer
des profils-types (les suiveurs, les suspicieux) puis de nouveau profils par
rapports aux premiers (les conspis contre ces bénis oui-oui, les anti-conspis
contre ces crétins d’illuminés platistes-chamallow, etc…). L’assassinat de
Kennedy a eu son enquête, puis sa VO, puis sa contestation, mais sans créer tous ces
antagonismes, renforcements et rétroactions en raison d’un débat interdit dans
la société. Un débat qui ne circule pas, ne fait qu’accumuler des points de
fixations : on n’est pas loin de la ponérologie.
Sam parle de la terre plate en vidéos 2 et 3 : l’origine
n’est pas complotiste, mais religieuse. La terre ronde gène le religieux qui
revient dans nos sociétés (montée de l’islam en France, revival chrétien aux
US). Mais d’une part, on ne touche pas au sacro-saint vivre ensemblisme, notre
point de fixation, et d’autre part cela
ramène du grain à moudre à la scepticosphère ( ?) comme à Rudy Reichtag en
lutte contre les fascistes extrêmes droites antisémites et marabout de ficelle,
voire Macron contre le retour des années 30. Cela demande du « debunkage »
et du « fact checking » d’un bien autre niveau (« platiste » ou « théorie
de la terre plate » son absents de Wikipedia…).