@Zatara
"La conclusion pratique, c est qu à défaut d organiser l abstention de masse (ou de faire reconnaître le vote blanc), l’entre-deux ne gêne en rien, bien au contraire..."
C’est l’argument du vote utile. Mais, dans cette logique, il ne faut pas non plus voter pour un petit parti pour lequel vous ne pouvez pas "organiser un vote de masse". Ca ne sert à rien, "bien au contraire".
Dans la même logique, vous pouvez dire aussi que si une femme se fait violer par trois loubards costauds devant cinquante passagers d’un wagon de train, le calcul aboutit pour chaque témoin de la scène de crime à se dire que ça ne sert à rien d’intervenir puisqu’il n’aura pas le temps "d’organiser" une intervention de masse.
Les philosophes (je parle de vrais philosophes, pas d’animateurs) qui ont réfléchi à cette question, concluent que ce calcul n’est jamais politiquement satisfaisant. La bonne question pour s’orienter dans le domaine de l’éthique civique est celle-ci : "Que se passe-il si tout le monde fait comme moi ?". Si vous pouvez soutenir la réponse la plus probablement réaliste à cette question, c’est que votre action est juste et digne. Donc, que se passe-il si tout le monde vote "utile" ? Que se passe-il si tout le monde vote Asselineau ? Que se passe-t-il si tout le monde vote blanc ? Que se passe-t-il si tout le monde s’abstient de voter ?