LES PAÏENS
Parmi les termes de mépris qui accablent les anciens peuples, en voici un dont l’incompréhension semble générale. Il est donc utile de remonter à son origine pour en faire comprendre la signification.
Les nations réunies formaient de vastes confédérations, des petites républiques. Ces confédérations se subdivisaient en peuplades ou tribus, et celles-ci en clans ou parentés, c’est-à-dire en familles. Le territoire du clan était désigné par les Romains sous le nom de pagus, ses habitants étaient donc des pagani.
Pour humilier les partisans de l’ancien régime féministe et pour les diminuer socialement, de ce mot on fit paysan (le lexique latin dit : paganus, habitant des villes et des villages, opposé à soldat).
Plutarque nous dit qu’il y avait trois cents pagi (tribus maternelles) dans toute la Gaule. D’autres nous disent qu’il y en avait cinq cents (Les provinces gauloises, depuis l’organisation du pays par Auguste, se subdivisèrent en cités ou civitas, au nombre de 120, dont le territoire était presque partout le même que celui des anciennes peuplades gauloises, et les cités se subdivisèrent en pagi, c’est-à-dire pays ou cantons. Le Catholicisme établit des évêques dans la plupart des cités ; les diocèses épiscopaux avant 1789 représentaient les métropoles ou chefs-lieux de province de l’ancienne Matrie.)
Les clans avaient pour origine la parenté utérine, ce qui veut dire que la parenté n’existait que dans la lignée maternelle.
Ce sont les pagani qui furent appelés les gentils, et longtemps le mot gentilhomme désigna ceux qui étaient restés fidèles à l’ancienne doctrine matriarcale.
Le mot pays est dérivé de l’ancien mot pagus ; c’est ce qui va nous expliquer pourquoi on appelle Ethnique ce qui appartient au paganisme et Ethnarque celui qui commandait une province.
On dira aussi Éthologie pour désigner un discours ou un traité sur « les mœurs et les manières », c’est-à-dire telle que la Déesse la donnait, et le mot Ethopée signifiera « peinture des mœurs et des passions humaines ». Mais toutes ces sciences morales ont été abandonnées par les hommes, et aujourd’hui l’Ethnographie n’est plus qu’une sèche étude des races.
La Théogonie des païens, c’est la religion naturelle, la religion scientifique des féministes.
D’après Tacite, on appelle Centum Pagi (les Cent familles) les Suèves qui pratiquent le culte de Herta (surnommée Diane).
C’est un peuple voyageur, appelé Ases (d’où Cent). Ce sont eux qui ont propagé dans le monde entier la Religion scientifique des Païens qui était la base de la grande civilisation celtique.
LES DERNIERS PAÏENS
Les Israélites appelaient les nations étrangères, qui avaient d’autres croyances que les leurs, Go’im (Psaume 21 ; Isaïe, 41,6) ; et ce mot servit plus tard à désigner les sectateurs des autres cultes.
Dans le Nouveau Testament, ce mot, sous sa forme grecque Ethnè et ethnikoï, désigne les païens.
La Vulgate rend Ethnè par gentes et par gentiles, pluriel de gentilis, « qui appartient à une nation ».
Ce mot gentiles sert presque toujours dans la Vulgate à traduire le mot Hellènes.
Après le triomphe du Jésuisme, sous Constantin, les païens, du latin paganus, paysan, qui sont ceux qui habitent les villages, les pagi, furent les derniers sectateurs de l’ancien culte théogonique, parce que ce culte persistait dans les campagnes, tandis que, dans les villes, où régnait la corruption, il avait cédé la place aux cultes nouveaux.
On trouve le mot païen pour la première fois dans l’édit suivant promulgué par Valentinien 1er en 368 ou 370 :
« Nous ordonnons que la décision rendue par le Divin Constance (305-306) ait force de loi et que, sous aucun prétexte, on n’ait égard aux décrets rendus à l’époque où les esprits des païens étaient soulevés par la méchanceté contre cette loi si sainte » (Codex Theodosianus). C’est que les « païens » s’étaient mêlés aux premiers Chrétiens, dans les villes et dans les maisons, et les défendaient.
Fabre d’Olivet, dans ses « Vers dorés » (p. 282), fait une remarque très judicieuse au sujet du mot Païen. Il dit : « Le nom de Païen est un terme injurieux et ignoble, dérivé du latin Paganus, qui signifie un rustre, un paysan.
« Quand le néo-christianisme eut entièrement triomphé du polythéisme grec et romain et que, par l’ordre de l’empereur Théodose, on eut abattu dans les villes les derniers temples dédiés aux Dieux des Nations, il se trouva que les peuples de la campagne persistèrent encore assez longtemps dans l’ancien culte, ce qui fit appeler par dérision Pagani tous ceux qui les imitèrent. Cette dénomination, qui pouvait convenir dans le 5e siècle aux Grecs et aux Romains qui refusaient de se soumettre à la religion dominante dans l’Empire, est fausse et ridicule quand on l’étend à d’autres temps et à d’autres peuples. On ne peut point dire, sans choquer à la fois la chronologie et le bon sens, que les Romains et les Grecs des siècles de César, d’Alexandre ou de Périclès, les Persans, les Arabes, les Égyptiens, les Indiens, les Chinois anciens ou modernes soient des Païens, c’est-à-dire des paysans réfractaires aux lois de Théodose. Ce sont des polythéistes, des monothéistes, des mythologues, tout ce qu’on voudra, des idolâtres peut-être, mais non pas des païens. »
Ceux que les masculinistes appellent païens sont ceux que les féministes appellent « les gentils » parce qu’ils les soutenaient.
La haine des Jésuistes contre les Païens (qui étaient pour eux un reproche vivant qui les irritait) se manifestait violemment : ils détruisaient leurs temples, ou les convertissaient en églises catholiques, ils prohibaient leurs spectacles, leurs jeux, ils permettaient de se ruer sur eux, de les piller, de violer leurs femmes et leurs filles, de dévaster leurs sépultures, de saccager tout ce qui rappelait le culte de leurs divinités, le culte des Déesses désormais aboli.
De plus, avides autant que débauchés, ils volaient les richesses des familles païennes qu’ils faisaient injustement condamner ; avec cela, ils fondaient des couvents de prostitution qui s’enrichissaient promptement et étaient le commencement de la richesse ecclésiastique qui devait tant s’accroître en continuant le système de vol qui eut son point de départ du temps de la simonie de Paul.
Rappelons qu’après la prise de Jérusalem les Israélites dispersés s’étaient répandus sur toute l’Europe. On les appelait Juifs, quoique les vrais Juifs eussent presque tous passé au Catholicisme, et fussent devenus les plus ardents adversaires des anciens représentants des tribus d’Israël. Ce sont les Juifs christianisés, par ironie sans doute, qui donnaient aux Israélites leur nom de Juifs qui était discrédité et détesté partout.
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