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L’Allemagne sur le grand échiquier

George Friedman est un politologue américain, PDG de la société privée de renseignement et de prévision Stratfor, impliquée dans les révolutions de couleur.

 

Avant de rejoindre le secteur privé, Friedman a passé près de vingt ans dans le milieu universitaire, et a également formé des commandants supérieurs dans les forces armées sur les questions de sécurité et de défense nationale.

 

Dans cette vidéo, il fait état de ses analyses prospectives sur le contexte géopolitique global et de ses recommandations stratégiques pour le contrôle de l’Europe par l’empire américain.

 

 

 

On peut la résumer en 10 points :

 

1. Les Etats unis sont un empire et sont de ce fait concernés par les guerres à travers le globe.

 

2. L’extrémisme islamique peut représenter un problème pour l’empire américain mais en aucun cas une menace. Les Etats unis ont des préoccupations géopolitiques plus importantes.

 

3. Les Etats unis contrôlent tous les océans du monde, aucune autre puissance ne l’a jamais fait, ce qui permet à l’empire américain d’envahir des peuples sans risque d’être lui-même envahit. Le contrôle de la mer est la base de son pouvoir (on perçoit bien l’approche thalassocratique de la vision géopolitique très anglo-saxonne de George Friedman, les Anglais ont compris avant les autres puissances impérialistes que le processus de fluidification du monde qu’a amené la modernité, que contrôler les territoires était secondaire, dans un monde liquide, ce sont les réseaux qui ont une importance déterminante. Ils ont bien saisi l’époque le passage de la puissance territoriale à la puissance réticulaire : il y’ a simplement un transfert de souveraineté, ceux qui détiennent le pouvoir ne sont plus ceux qui détiennent la souveraineté des territoires, ce sont ceux qui sont chargé de la circulation et organisent la distribution des capitaux, des marchandises et des personnes entre les territoires).

 

4. Les empires qui contrôlent directement des territoires échouent, l’empire américain ne peut donc pas constamment intervenir militairement dans toutes l’Eurasie mais doit intervenir sélectivement et rarement en dernier recours, s’appuyer sur des vaisseaux pour assurer la « pax américana » (on retrouve dans le discours de George Friedman un des leitmotive des conservateurs réalistes : situer la domination américaine dans un cadre multilatéral , stratégie infiniment plus subtile que la brutalité néoconservatrice car reposant sur une priorité accordée à l’influence, la guerre ouverte ne venant qu’en dernier recours. On sent d’ ailleurs dans son ton un reproche fait à la classe dirigeante américaine , sans doute au courant néoconservateurs , traité d’ adolescente immature qui a fait des USA le « gendarme du monde »,et placé l’action militaire au centre de son approche géostratégique, ce qui peut à terme mener à une implosion de la puissance américaine, comme tous les empires qui se plongent dans la fuite en avant guerrière , cfr l’ adage « les empires meurent de leurs victoires »). 

 

5. Les Etats unis n’ ont pas les capacités d’ occuper l’ Eurasie mais a les capacités de mettre en place des mesures de désorganisation en soutenant diverses puissances rivales pour qu’ elles s’ entre déchirent ( encore un héritage de la géopolitique impériale anglo-saxonne qui immerge la vision de l’ analyste , le fameux « diviser pour mieux régner » appliqué par les britanniques , les romains et de nombreux autre empire au cours de l’ histoire ).

 

6. L’Europe n’existe pas en tant qu’entité politique homogène.

 

7. Depuis 1871, la question de l’Europe est la question Allemande et elle ressurgit de nos jours, c’est la question primordiale que l’empire américain doit régler. La vraie inconnue dans l’équation Européenne, ce sont les Allemands. En cas d’effondrement de la zone de libre-échange Européenne, ils devront construire autre chose et pourront alors se tourner vers la Russie.

 

8. Le danger primordial pour l’empire américain, c’est la conjonction du capital Allemand et la technologie Allemande avec les ressources naturelles Russes et la main d’œuvre Russe. Une alliance entre la Russie et Allemagne constitue donc une menace directe pour l’empire américain, les Etats unis doivent donc s’assurer qu’une telle alliance ne se construise pas.

 

9. L’empire américain doit mettre en place un cordon sanitaire composé de pays russophobes pour séparer la Russie de l’Allemagne et isoler de ce fait la Russie de l’Europe.

 

10. Celui qui dira ce que les Allemands vont faire dira les 20 prochaines années de l’histoire. Les Allemands eux-mêmes n’ont pas encore pris de décision, ce qui est lié à leur incapacité à concilier leur économie puissante et leur géopolitique fragile.

 

Voilà planté le décor. Les origines profondes de la crise Ukrainienne sont ainsi révélées pour les non initié en géopolitique.

 

On perçoit bien la proximité des analyses de George Friedman avec celles du stratège Machiavélien, artisan du piège Afghan, Zbignew Brezinski, qui préconisait dans le grand échiquier en 1997 avec un cynisme assez remarquable l’encerclement de la Russie et formulait déjà le danger que représentait un axe Berlin- Moscou pour l’impérialisme américain.

«  Il est impératif qu’aucune puissance eurasienne concurrente capable de dominer l’Eurasie ne puisse émerger et ainsi contester l’Amérique. La mise au point d’un plan géostratégique relatif à l’Eurasie est donc le sujet de ce livre ». Le grand échiquier.

 

On peut mettre cette analyse en parallèle avec celle de Michel Drac en 2009, «  L’Allemagne à la croisée des chemins » dont un résumé est présenté ci-dessous.

 

Complexité de la position Allemande : la bascule.

 

Il existe une grande tentation de la simplicité dans l’analyse politique, piège dans lequel tombe les grandes théories du complot pour lesquelles l’environnement politique est statique, monolithique et homogène. L’environnement politique est au contraire dynamique avec ses renversements d’alliance, retournements de situation, alliances objective , alliances à front renversé et hétérogène, ce qui en fait un jeu imprévisible ( on peut néanmoins réfléchir aux enchainements de scénarios qui peuvent s’ enclencher en fonction d’ hypothèses en gardant à l’ esprit que la réalité est plus complexe que les hypothèses proposées. )

 

Ainsi, la position actuelle de l’Allemagne n’est pas simple. Elle est au contraire très complexe, polyvalente, fluctuante. Berlin n’est ni le serviteur de la haute finance-anglo-saxonne, ni son adversaire résolu. L’impression générale, en termes géostratégiques, est qu’à chaque fois que Berlin prend position officiellement dans un sens, elle fabrique une position officieuse en contrepoids.

 

Les Allemands n’ont jamais été dupes de la construction européenne. Ils l’ont instrumentalisée froidement, mais elle ne les a jamais empêchés de jouer la carte du multilatéralisme extra-européen, avec, en particulier, une politique de bascule permanente entre l’Ouest (la France, l’Angleterre et les USA) et l’Est (la Russie). Reconnaissons leur donc cet avantage : ce sont des pragmatiques. En toute circonstance, ils poursuivent leurs intérêts bien compris. Essayons de voir où cela peut les mener.

 

En 1990, la Russie a reconnu la pleine souveraineté de l’Allemagne. Peu après, ses troupes ont achevé de quitter le territoire allemand. Depuis cette date, Berlin s’est par contre soigneusement gardée de poser la question de la présence américaine. Certains ont voulu y voir la preuve d’un axe Washington-Berlin structurel et indissoluble : interprétation qui mériterait sans doute d’être mise en perspective, l’alliance entre un occupant et un occupé étant tout de même quelque chose d’assez étrange.

 

En fait, tout le problème est de savoir de quoi l’on parle, lorsque l’on dit : « L’Allemagne ». Parle-t-on des élites allemandes ou du peuple allemand ? Parle-t-on, au sein du peuple allemand, des Allemands de l’Ouest ou des Allemands de l’Est ? Du précariat en développement ou des classes moyennes en implosion ? Parle-t-on, au sein des élites, des classes dirigeantes politiques ou économiques ? S’agissant des classes dirigeantes économiques, parle-t-on des dirigeants du secteur financier (très liés aux intérêts anglo-saxons) ou de ceux du secteur industriel (beaucoup plus libres de leurs allégeances) ? Et encore ces catégories explosent-elles dès qu’on les regarde de près. Certains patrons allemands appartiennent aux réseaux de la fondation Bertelsmann, intégrés à ceux de la haute finance anglo-saxonne. D’autres siègent dans l’Ost-Aussschuss der Deutschen Wirtschaft (comité Est de l’économie allemande), véritable lobby patronal pro-russe. Certains cumulent même les deux casquettes. Visiblement, parler des élites allemandes comme si c’était quelque chose d’unitaire, c’est ignorer des ruptures et des ambivalences, simplifier arbitrairement.

 

Voici donc une image représentative de la position Allemande, qui a quelque chance de saisir le réel dans sa complexité. Imaginons que l’Allemagne soit une bascule. Sur un plateau de la bascule, il y a les USA. Sur l’autre, il y a la Russie. Les USA pèsent, pour l’instant, beaucoup plus lourd que la Russie. Mais la bascule est faussée : elle a tendance à pencher plus ou moins d’un côté ou de l’autre, en suivant ses intérêts propres.

 

Frankenstein se retourne contre son créateur

 

Malgré tout, sur le plateau américain, on laisse faire pendant les années 90, parce qu’on se dit qu’en attirant la Russie sur l’autre plateau de la balance, l’Allemagne va servir de maillon central au cœur d’une chaîne qui arrimera la Russie aux intérêts occidentaux. C’est la période où Eltsine laisse les grandes banques anglo-saxonnes piller son pays. C’est aussi une époque où les USA, qui se sentent en position de force à l’échelle globale, se croient en situation d’instrumentaliser la « bascule » allemande. La fondation Bertelsmann et la fondation Atlantik Brücke (en gros l’équivalent allemand de la French-American Foundation) favorisent la politique russe de Berlin, parce qu’elles pensent encore que l’Allemagne est un simple pion dans le jeu des puissances anglo-saxonnes.

 

Arrive l’année 2000. A Moscou, Poutine remplace Eltsine. Pour l’Allemagne, c’est une opportunité extraordinaire. Le colonel du KGB V. Poutine a été en poste en Allemagne de l’Est dans les années 80. Il ne fait pas mystère de son tropisme pro-allemand. La coopération germano-russe prend donc, à partir de ce moment, un tour nouveau.

 

Or, Poutine est entendu fort et clair à Berlin. L’Ost-Aussschuss der Deutschen Wirtschaft (comité Est de l’économie allemande) est une émanation du haut patronat industriel allemand. On lui doit quelques gestes spectaculaires (dont l’ouverture de la chambre de commerce germano-russe, en 2007, qui officialise que la coopération économique entre les deux pays est maintenant structurelle). Mais derrière ces gestes spectaculaires, il y a, surtout, de très nombreux partenariats stratégiques entre géants industriels des deux puissances, partenariats organisés à partir de 2002 par la Deutsch-Russische Strategische Arbeitsgruppe (groupe de travail stratégique germano-russe), une structure voulue personnellement par Vladimir Poutine et Gerhard Schröder. Les résultats sont impressionnants.

 

A partir de 2003, les dirigeants américains commencent à réaliser qu’ils peuvent tomber dans le piège qu’ils croyaient tendre à Moscou. Au lieu d’être le maillon qui arrimerait la Russie à l’Occident, l’Allemagne risque de devenir le maillon arrimant… l’Europe à la Russie. Tout se passe comme si, en se laissant instrumentaliser par les USA, l’Allemagne était en train de se mettre en situation de s’appuyer sur l’ancien occupant russe, devenu partenaire commercial favorisé, pour remettre en cause à terme la tutelle américaine elle-même. Le plan d’un réseau dominé par la finance anglo-saxonne a permis d’incuber des relations qui échappent à cette finance organisatrice. Frankenstein se retourne contre son créateur, l’apprenti sorcier est dépassé par ses créatures, choisissez votre cliché.

« Dans le jeu des trônes, même les pièces les plus humbles peuvent avoir des volontés de leur propre cru. Elles refusent quelquefois d’accomplir les mouvements que l’on a programmés pour elles  ». Petyr Baelish,

 

 

Rien n’est joué

 

En 2005, les réseaux atlantistes, dont l’influence reste prépondérante en Allemagne, organisent la chute de Schröder. La finance anglo-saxonne, donc, reprend le contrôle de l’appareil d’Etat allemand. Et les élections de 2009, « gagnée » par Merkel viennent confirmer la viabilité de la formule de contrôle adoptée par les intérêts atlantistes.

 

Et pourtant, la partie est loin d’être gagnée pour les intérêts atlantistes. Leur contrôle sur le gouvernement n’implique en effet pas nécessairement un contrôle sur la gouvernance. En Allemagne, du fait des choix effectués dès les années 50 (choix soutenus par les USA, qui à l’époque y avaient intérêt), le poids de l’Etat dans les processus de décision économique est relativement faible. En pratique, ce sont les organisations patronales, très structurées, qui déterminent les orientations de la politique économique de Berlin. On dit parfois, pour décrire ce processus, que si l’Allemagne était une usine, le chancelier serait le veilleur de nuit, et certainement pas le directeur.

 

Or, le patronat allemand obéit avant tout à des logiques de rentabilité. Si les USA implosent, une fois le dollar coulé, le marché russe sera, pour l’industrie allemande en quête de débouchés solvables, potentiellement plus intéressant que le marché américain.

 

Les deux économies sont complémentaires : l’Allemagne a la technologie, un appareil productif d’une efficacité hors de pair, mais elle manque de matières premières, d’énergies fossiles et doit par ailleurs garantir ses marchés d’exportation (entre autres vers l’Europe centrale et balkanique, zone d’influence allemande traditionnelle). La Russie a besoin de technologie et de machines-outils, elle peut exporter des matières premières, des hydrocarbures, et son accord est indispensable pour que l’influence allemande se déploie en Europe centrale et balkanique. Comment les deux puissances pourraient-elles ne pas voir qu’elles ont intérêt à collaborer ?

 

Tout se passe comme si une lutte d’influence souterraine avait lieu au sein des élites allemandes, entre des réseaux atlantistes qui pensent d’abord à l’ancrage de l’Allemagne au sein du bloc occidental, et des réseaux pro-russes, moins politiques qu’économiques, qui veulent un rééquilibrage de la « bascule » allemande dans un sens pro-russe. C’est sans doute ainsi qu’il faut comprendre la situation actuelle de l’Allemagne : ni alignement complet sur l’axe Atlantique, ni rébellion ouverte contre le protecteur/occupant américain. Plutôt une renégociation permanente au sein des élites du pays, chaque camp marquant des points selon l’évolution générale de la situation géopolitique.

 

Dans le monde post-américain qui s’esquisse, la bonne compréhension de cette donne dessine, déjà, en filigranes, ce que pourrait être l’Europe de demain.

 

 

Sources :

Collège d’Europe

 




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31 réactions à cet article    


  • 3 votes
    michel-charles 27 avril 2015 10:29

    l’Allemagne est la verrue de l’Europe...Son but est de dominer cette partie du monde avec les USA pour faire bloc contre la Russie..la Chine et l’Inde...

    Pas la peine d’être un expert pour se rendre compte de la politique de Merkel...


    • 1 vote
      Sentero Sentero 27 avril 2015 12:04

      @Machiavel

      Article trés intéressant et loin du complotisme bas de gamme qui domine sur ce site... vous avez bien saisi la complexité des rapports internationaux résidant en partie dans la prise de conscience que les "pions" ont leurs propres intérêts, leurs propres "agendas", leurs propres règles et ne font pas forcément les déplacements que les "joueur" attendraient d’eux... ils peuvent même se faire instrumentaliser quand ça les arrange et tant que ça les arrange jusqu’à ce qu’ils décident de sortir du plan qu’on attend d’eux... un pion assez malin instrumentalise même son joueur pour en tirer le maximum jusqu’à le laisser tomber... par exemple l’OLP et des mouvements palestiniens radicaux ont été aidés financés équipés par le bloc soviétique (en particulier à travers la RDA si me souviens bien) pendant la guerre froide... mais qui peut croire sérieusement qu’ils appliquaient docilement la politique que le Kremlin attendait d’eux... idem pour certains mouvements islamistes vis à vis des EUA... pour moi le Moyen Orient - Asie Centrale actuel montre exactement cette configuration... Israéliens, Qataris, Saoudiens, Turcs, Iraniens, Syriens, Pakistanais, mouvements islamistes divers (Hamas/Hezbollahs/Al Qaïda/Al Nosra/ISIS/Talibans...) etc etc jouent selon leurs propres intérêts et se laissent plus ou moins aidé/influencé par les uns ou les autres quand ça les arrange et tant que ça les arrange... la conspyromanie ordinaire ne peut absolument pas rentrer dans ces nuances...

      Sinon j’ai juste un gros doute sur la "complémentarité" réelle de l’économie allemande et de l’économie russe... consistant à présenter une technologie et une main d’oeuvre allemande profitant des matières premières et énergies russes et réciproquement.

      -jusqu’à présent, et sans partenariat particulier avec la Russie, l’Allemagne n’a jamais manqué de matières 1e et énergies... accentuer ses importation russes risquerait de la rendre plus dépendante... une politique prudente des Allemands consisterait au contraire à diversifier au maximum leurs fournisseurs... quant au marché potentiel que représente la Russie il ne me parait pas spécialement prometteur p/r aux marchés émergents asiatiques (la population russe augmente peu et ne voit pas son niveau de vie décoller... il y a bien les nouveaux riches mais bon ...)

      -la Russie n’a aucun intéret à se cantonner à la livraison de matière 1e énergie pour les Allemands (ou les Chinois) au risque de rester la quasi économie de rente qu’elle est... or se rapprocher encore de l’Allemagne risquerait de la pousser encore plus dans cette direction sauf à croire que les Allemands vont transférer leur technologie aux Russes, le niveau technologique russe (pour ce que j’en sais) est assez limité en dehors des têtes de gondole de l’aérospatiale et du complexe militaro-industriel... les Allemands n’ont pas intérêt à ce que cela change.

      Bref je ne vois pas en quoi Allemagne et Russie seraient réellement complémentaires ou du moins je ne vois pas quels intérêts concordant pourraient permettre à leurs économies de cultiver leur interdépendance de manière profitable... j’ai l’impression que les Allemands (élites et population) ne sont plus les aventuriers ni les conquérants qu’ils ont été... je les vois plus comme des boutiquiers prudents (je n’ai rien contre les boutiquiers) qui éviteront absolument de se lier à un pays (en l’occurrence la Russie) qu’on peut juger imprévisible car guidé par un leader habile mais à tendance autocratique et pas éternel... en gros je ne sens pas les Allemands très "joueurs" mais préférant plutôt des gains réguliers et assurés... Cela étant c’est juste une impression personnelle (je vis tout près de l’Allemagne et côtoie assez souvent des Allemands).

      Au plaisir 


    • vote
      maQiavel maQiavel 27 avril 2015 15:10

      -Mais le seul véritable souci de l’occident, c’est la Chine, pas la Russie.

      Si par occident , on entend la puissance américaine , je crois que le plus grand danger pour elle ce serait une entente continentale Européenne incluant la Russie qu’elle n’ influerait pas ( c’ est d’ailleurs le sens de l’analyse de Friedman ).

      Mais la chine aussi constitue un problème , il faut dire que l’ empire américain voit les merdes voler en escadrille ces derniers temps ( ce que les complotiste postulant un empire tout puissant qui contrôle tout de A à Z ne peuvent pas voir ).

      Ce qui est extraordinaire , c’ est que la stratégie américaine ne fait qu’ attiser ces deux feux qu’ elle a aux fesses ...


    • 1 vote
      maQiavel maQiavel 27 avril 2015 17:34

      @zatara

      Mais parce qu’il y a aussi un intérêt à faire la guerre.

       

      ------> Oui mais je crois qu’il y’a quelque chose de bien plus profond et qui relève du paramètre fonctionnel global.

       

      Copié collé d’un de mes anciens commentaire à ce sujet : les américains tenaient le monde à l’effondrement du bloc soviétique et avaient les moyens d’imposer leur hégémonie unipolaire, une pax americana globale, un nouvel ordre mondial.

      Mais suite à une série d’erreurs, parfois grotesques, ce programme n’a pas pu être respecté : plus ses forces sont déployées à travers le globe, plus les défaites et semi-défaites s’accumulent, plus les faux pas et les erreurs s’intensifient, plus les tensions se manifestent, plus la Puissance de la nation se dégrade dans un gouffre sans fond, et en réponse à tout cela, la classe dirigeante accentue le mouvement un peu plus.

      Des acteurs de plus en plus nombreux et de plus en plus puissants contestent la capacité des USA à jouer le rôle de “nation indispensable” ou “référence exceptionnelle”, absolument nécessaire au règlement de tous les contentieux et querelles de par le vaste monde.

      La classe dirigeante américaine refuse l’idée du monde multipolaire qui s’impose à elle, la restauration de son hégémonie mondiale est devenue son obsession suprême, elle active donc la politique d’une puissance en pleine expansion hégémonique.

      Du fait de la faiblesse des moyens, de l’affaiblissement de son influence, cette politique provoque des remous extrêmement dangereux, d’autant qu’elle se heurte à des résistances de plus en plus efficaces.

      C’est ce qui explique que la dissolution de la puissance US devient un élément structurant central des relations internationales et constitue un phénomène dynamique d’une très grande importance de ces années que nous vivons.

       



      L’empire américain en déclin suscite de lui-même toutes les modifications d’attitudes qui lui sont hostiles et suit imperturbablement une politique visant à créer le plus grand nombre possible de rassemblement contre lui.

       L’empire déclinant n’a plus les moyens de cette guerre stratégique qu’il a lancé, et lorsque le suzerain s’effondre, les vassaux gagnent en indépendance et peuvent jouer contre lui suivant leurs intérêts

       

      On ne peut comprendre cette dynamique mortifère qu’en analysant la politique intérieure américaine (alourdissement de la dette, dissensions internes, creusement des inégalités etc.) qu’il faut toujours coupler à la politique extérieure … mais c’est une autre histoire :

      http://www.medias-presse.info/letat-reel-de-leconomie-des-etats-unis/23882

      -il faut dire que l’ empire américain voit les merdes voler en escadrille ces derniers tempsPas compris...

       ------>Je veux simplement dire qu’ils ont chaud aux fesses ;


    • 2 votes
      maQiavel maQiavel 27 avril 2015 18:24

      @zatara
      Je pense en effet que c’ est systémique et que la dynamique du système dépasse les capacités d’adaptation des individus qui le constitue , c’ est en quelque sorte quelque chose de structurel , de crisique contre lequel ils ne peuvent rien faire ...


    • vote
      Gollum Gollum 27 avril 2015 11:08

      Très intéressant. Merci. 


      Ainsi l’Allemagne est finalement plus proche de la Russie de par la convergence des intérêts que la France quelque part qui reste encore plus pro-atlantiste.. Néanmoins, idéologiquement, la France pays catholique (enfin ce qu’il en reste.. mais sait-on jamais) est plus proche de la Russie orthodoxe que du monde protestant. Alors que l’Allemagne est, elle, protestante comme l’empire US. Il y a donc une sorte de croisement d’influences diverses…

      Notons que l’aspect thalassocratique de la géopolitique ici évoqué est très intéressant. Il est lié à la notion de marchandise et se retrouve de façon claire dans l’Apocalypse qui évoque les Marchands dominant sur toute la Terre et ce par l’intermédiaire de leurs vaisseaux. Cela se trouve en toute lettre dans le texte. Bien évidemment l’archétype de cette nation marchande que sont les US fut l’Empire Britannique qui devint un empire en se basant sur sa flotte. 

      Et qui fut à l’origine de la flotte britannique ? Précisément celui qui rompit les liens traditionnels avec la Rome catholique et ce peu de temps après la "découverte" de l’Amérique, Henri VIII.

      Y a pas à dire il y a beaucoup de cohérence interne dans les affaires du monde si on regarde tout ceci avec l’œil de la Providence… smiley

      • 3 votes
        michel-charles 27 avril 2015 13:39

        @Gollum...Pourtant en Allemagne nous ne trouvons pas de casernements Russe...mais des Américains oui...avec quelques têtes nucléaires en plus.. !


      • vote
        wendigo wendigo 27 avril 2015 11:08

        L’Allemagne est le pays qui a le plus d’intérêts avec la Russie et l’Eurasie en général.
        Ce qui fait peur aux USA c’est de voir l’Allemagne et la Russie s’associer , ce qui en ferait une grande puissance économique et détruirait l’économie us dans l’instant. L’objectif est donc triple comme toujours, détruire la possibilité d’une telle association, affaiblir la Russie et asservir l’Europe, grâce à l’Ukraine.
        Quel est le jeu de l’Allemagne, ses intérêts économiques, ou plaire aux USA ? La réponse est peut être dans l’hymne nationale Allemande "Deutschland Über Alles" (l’Allemagne est au-dessus des autres), pas un hymne de mecs qui baissent leur froc ça ... et les Germains sont du genre pragmatique et cartésiens, allez savoir ce qui se trame sous le tapi .


        • vote
          michel-charles 27 avril 2015 16:47

          @wendigo...Il me semble pas...l’Allemagne est fascisante comme les USA...qui se ressemble s’assemble.. ?


        • vote
          Haze Haze 27 avril 2015 11:22

          Selon lui, l’UE est une zone d’influence américaine pour séparer l’Europe de la Russie, qui n’est bénéfique en Europe qu’à l’Allemagne pour ses débouchés commerciaux.


          • 1 vote
            lancelot 27 avril 2015 11:58

            les allemands ont une appetance naturelle pour la domination, depuis Charles Quint.l’aigle de leur fanion en témoigne. 

            Dans l’ideal on devrait profiter du relatif désarmement allemand pour l envahir et la controler. on pense hélas plus a consommer qu a lutter.

            • vote
              Sentero Sentero 27 avril 2015 12:10

              "les allemands ont une appetance naturelle pour la domination"

              Je pense que c’était peut-être le cas avant (et encore surtout depuis Bismarck) mais plus du tout maintenant... ils ont été durablement vaccinés...

              Au plaisir

              • vote
                maQiavel maQiavel 27 avril 2015 12:19

                Merci pour les commentaires , je vais faire une tentzative de réponse globale.


                • vote
                  Pepe el pepe 27 avril 2015 12:50

                  suprenant que Friedman balance ca ???
                  Bien evidemment que c est un secret de polichinel, mais quel avantage a le mettre sur la place publique ?
                  Probablement les boulons se resserent, et l intimidation a commence.
                  Qd a balance que l Europe,Commission est tuti quanti est une foutaise de premiere, ce qui est d ailleurs tres vrai, pourquoi une telle declaration ?
                  Notre credibilite et celles de nos hommes politiques est tombee si bas, ainsi que la volonte politique que nous representons est si inconsequente que l on peut s en moquer ouvertement. Il est sur que les Mainstream n ont pas faire etat d un tel discours car il serait ravageur sur l image de nos hommes politiques dans l opinion public,


                  • vote
                    Pepe el pepe 27 avril 2015 12:51

                    @el pepe
                    Qt a balancer houps


                  • vote
                    gaijin gaijin 27 avril 2015 13:04

                    clair précis et factuel ....
                    super article


                    • vote
                      maQiavel maQiavel 27 avril 2015 14:54

                      Réponse globale.

                       Des choses importante ont été dites , je vais faire au mieux pour synthétiser ma réponse mais ce ne sera pas simple , elle risque d’être assez longue.

                       

                       

                      0. Concernant le reproche qui m’a été fait d’écrire  un articles qui a plus à voir avec Avox.fr que Avox.tv,  c’ est simplement que la pierre angulaire de cet article est l’ intervention de Friedman … qui est en vidéo. Pour moi, vidéo = agoravox tv. Bref, c’est un détail.

                       

                      1. Concernant le complotisme et la complexité des rapports internationaux, les remarques de sentero dans la première partie de son commentaire sont remarquables, je ne vais pas revenir dessus.

                       

                      2. Il y’a un certain étonnement par rapport au fait que Friedman balance sans retunue sa vision stratégique sur la place publique. Je me pose, moi ,  au contraire la question suivante : pourquoi ne le ferait il pas ? Il n’a aucun poste officiel dans l’administration américaine, c’est le PDG d’une firme privée, que l’on peut assimiler à un think thank et qui cherche à être employé par l’administration américaine, ce discours en place publique peut etre assimilé à une campagne de promotion de la société. De plus il est dans la tradition des think thank américain de parler sans tourner autour du pot. Pour finir, il ne dit rien que ceux qui suivent le contexte géopolitique global ignoraient …

                       

                      Pour qui roule –t-il ? Au contenu de son discours géopolitique, je le rattache au courant des conservateurs réalistes, en lien avec Zbignew Brezinski, kissinger et  la trilatérale.

                       

                       

                      3. Pour l’école réaliste en géopolitique,  les acteurs se meuvent  avant tout en fonction de leurs intérêts ( pour être plus précis, en fonction de la représentation qu’ils ont de leurs intérêts car il y’ a une part de subjectivité dans la définition de leurs intérêt).Cela ne signifie pas qu’ ils sont en tout et à tout moment rationnel mais que même la part d’ irrationnel est actionné à cette fin  (cela est valable également pour les extrémistes religieux ) , on  imagine mal un acteur géopolitique  agir dans l’intention de servir d’ autres  intérêts que les siens ( ce qui n’exclut pas les instrumentalisations et les convergences d’ intérêts de la donne politique , évidemment ).

                       

                      Une fois cela dit, on peut aisément répondre à cette question : quel est le jeu de l’Allemagne, satisfaire ses intérêts, ou ceux des USA ? La réponse devient évidente.

                       

                      4. Depuis les immenses pâtés reçus par l’Allemagne le siècle dernier, on peut en effet est dressée à obéir en bon vassal au suzerain américain.

                      Les choses sont je crois plus complexes.

                       

                      Depuis sa défaite en 1945, le peuple allemand, et ses classes considèrent implicitement que l’Allemagne doit accepter de jouer avec des règles qu’elle ne fixe pas, et sur lesquelles elle a peu d’influence. Les Allemands, collectivement, se veulent, désormais, les « bons élèves » de la classe néolibérale tout comme la RFA avait été le « bon élève » de la classe social-démocrate, et la RDA le « bon élève » de la classe communiste.

                       

                      L’Allemagne accepte le jeu de la zone Euro qu’elle n’ a pas définie mais dont elle a tiré les fruits en l’ instrumentalisant froidement pour tirer les avantages de la monnaie unique, et d’un taux de change inchangé avec ses pays clients. L’Allemagne ne veut pas par contre que la zone Euro se transforme en une “union de transferts” , c’est une constante depuis le début des négociations sur la zone Euro car si les principes d’un réel “fédéralisme” étaient appliqués  l’Allemagne, “région” riche de la zone Euro, devrait contribuer à hauteur de 8-9% de son PIB par an sur une période d’au moins dix ans selon Jacques Sapir.

                       

                       

                       

                      De fait, et quoi que fasse l’Allemagne, elle sera confrontée à ce processus de contagion, soit à l’intérieur de l’Euro (et avec une pression de plus en forte pour voir augmenter sa contribution) ou à l’extérieur, avec une dislocation probable de la zone Euro. L’Allemagne a encore le choix, mais c’est un choix entre deux maux. Quoi qu’il en soit, l’avenir s’annonce sombre pour l’Allemagne qui se rend compte aujourd’hui qu’elle est dans un piège. Donc comment va-t-elle réagir, si ayant joué le jeu, elle n’en retire plus les fruits ?

                       

                      On peut penser que, dans ce cas, elle choisira ce qui pour elle, ou plus précisément pour ses dirigeants, apparaîtra comme le moindre : la rupture de la zone Euro et le basculement vers l’est deviennent  une option.

                       



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                        maQiavel maQiavel 27 avril 2015 14:54

                        5. Sur la question de la complémentarité entre l’économie Russe et l’économie Allemande ( ce qui me permettra aussi de répondre à la critique de ne pas avoir dressé le tableau économique des puissances en présence , ce que je n’ ai pu faire dans un article déjà trop long ) , il faut bien se rendre compte que l’économie n’ est pas une science exacte , il s’ agit avant tout d’ une évaluation. La perception de cette complémentarité par les  différents acteurs est plus importante que la réalité de cette complémentarité puisque c’est elle qui déterminera l’action des acteurs, qu’ ils soient Allemands , Russe ou américains.

                         

                        Par delà cette donne subjective, il y’a des éléments objectifs (qui contribuent à construire cette subjectivité) : ceux que j’ ai expliqué dans l’ article , le fait que l’Allemagne exporte vers la Russie des montants globalement quatre fois supérieurs aux nôtres , l’Allemagne pesait près de 20 % de l’investissement étranger en Russie avant la crise Ukrainienne ( je ne sais pas ce qu’ il en est actuellement ).

                         

                        Beaucoup  perçoivent un potentiel d’échange gigantesque entre les deux pays et c’ est ce qui compte.

                         

                        6. Concernant l’économie Russe, il est important de noter qu’elle s’adapte aux sanctions et à un environnement international relativement hostile. Les entreprises ont changé de fournisseurs, préférant les pays d’Extrême-Orient (Taïwan, Chine, Japon) aux pays occidentaux.

                         

                        L’économie russe effectue donc un virage à 180° qui va la conduire à développer de plus en plus ses liens avec les pays d’Asie et les pays émergents. Mais, l’impact de ce mouvement sur certaines économies européennes se révèle d’ores et déjà important. Les pertes de marché de l’industrie allemande, française ou italienne au profit des industriels d’Asie seront très difficiles à inverser.

                         

                        Les élites allemandes ont tenté de ralentir la progression du partenariat entre Moscou et Pékin, on peut l’analyser comme la volonté de maintenir autant que possible la dépendance de Moscou envers l’Europe de l’ouest selon le plan américain.

                         

                        Mais les choses sont peut être plus complexes : peut être les Allemands feignent ils de travailler pour l’ agenda américain mais qu’en réalité , souhaitent empêcher la Russie d’ aller trop profondément  dans son partenariat avec la Chine , pour se réserver des options en cas d’ effondrement de la zone euro , en d’autre terme , niquer l’oncle sam en feignant de se faire niquer par lui.

                         

                        Bref, il y’ a plusieurs scénario possible, dans les stratégies , il y’a des tactiques et il y’a même des tactiques dans les tactiques , il y’ a des alliances officielle entre alliés , des alliances objectives et des alliances à front renversés entre rivaux , difficile de dire avec certitude comment les choses vont se passer ...


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                        maQiavel maQiavel 27 avril 2015 15:34

                        @zatara

                        -Le business est à l’Est. L’Allemagne n’est pas contre, les EUA si, et ce n’est pas l’Allemagne qui aura son mot à dire la dessus, encore moins l’Europe.

                        ------> Tout dépend du contexte global. Si l’ empire américain est en phase d’ effondrement ( c’ est l’hypothèse qui me semble la plus vraisemblable ) alors l’ Allemagne trouvera son mot à dire , elle ne va pas accepter de sombrer avec son suzerain américain.




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                        maQiavel maQiavel 27 avril 2015 17:42

                        @zatara
                        -le reste du problème étant surtout la question du comportement à adopter avec un prédateur blessé

                        C’est en effet LE problème à gérer des deux déccénnies qui viennent. Le danger que représente l’ empire américain ne tient pas tant du fait de sa sur puissance que de la dissolution de sa puissance ...


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                        Hijack ... Hijack ... 27 avril 2015 18:38

                        L’Allemagne ??? Laquelle, celle qui était tout ... ou l’autre, celle qui n’est rien, à part d’être soumise.


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                          herve_hum 28 avril 2015 09:19

                          Vous posez la bonne question en vous interrogeant de savoir s’il faut parler de l’Allemagne ou bien de ses composantes sociales.

                          En fait, cette question doit être généralisé à tous les pays, c’est ce que vous ne voulez pas ou ne pouvez pas comprendre, l’enjeu n’est pas dans l’opposition entre nationalisme, mais entre classes sociales. La méthode est la même qui a prévalut au XXème siècle pour éloigner la menace communiste, jouer sur le nationalisme.

                          Les dirigeants économiques n’ont que faire de USA en tant que nation, mais en ont toujours besoin pour mettre en oeuvre leur idéal économique au niveau mondial.

                          Le problème russe n’est pas économique, c’est absurde, mais leur volonté de conserver l’idéal national au dessus de la propriété économique alors que la volonté atlantiste est l’inverse.

                          Le problème, c’est que la citoyenneté s’exerce uniquement à travers le prisme de l’idéal national et non particuliers. L’exemple des entreprises de sécurités comme blackwater montre que le patriotisme n’est pas transposable aux entreprises privés dans le secteur militaire, mais uniquement dans le secteur civil. Construire un char d’assaut ne veut pas dire que l’on veuille le conduire, faire la guerre soi même !

                          La réactivation de la guerre froide et la multiplication de la menace terroriste consiste à ouvrir des contre feux contre le risque social intérieur. Dans tout système impérialiste, la politique extérieure est la conséquence de la politique intérieure, car l’inverse vaut uniquement pour les nations vassalisés.

                          Bref, votre grille d’analyse est celle du XXème siècle et non du XXIème siècle, et ce gugus de Friedman est là pour vous tromper, non pour vous informer.

                          Vous qui êtes admirateur de l’art de la guerre, n’avez pas encore compris une règle de base essentielle, avoir toujours un coup d’avance sur son adversaire. C’est à dire, que vous devez rendre visible de votre jeu à votre adversaire, tous les coups, sauf le dernier, celui qui fait la différence et qui éclairent tous les précédents.

                          Alors ce Friedman semble dire tout de la stratégie US, sauf le but final, instaurer un système de domination politique et économique d’une caste sociale sur les autres où le nationalisme et le terrorisme servent de "barres de contrôle" social. Ce que dit Friedman est donc un leurre, l’enjeu n’est pas la lutte entre nations mais entre classes sociales

                          Sauf que là aussi, cette analyse est faible, car elle fait abstraction d’un mécanisme qui semble ignoré par les dirigeants économiques et politiques, l’inertie du système qui conduit à l’émergence d’une conscience planétaire et dont les conséquences sont la fin de la domination du système économique par une minorité.


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                            maQiavel maQiavel 28 avril 2015 10:19

                            @herve_hum

                            -Vous posez la bonne question en vous interrogeant de savoir s’il faut parler de l’Allemagne ou bien de ses composantes sociales.En fait, cette question doit être généralisé à tous les pays, c’est ce que vous ne voulez pas ou ne pouvez pas comprendre

                             

                            ------> Evidemment que cette question d’ hétérogénéité d’un Etat doit être généralisé à tous les Etats pourquoi donc présupposez vous que je ne veuille pas ou ne puisse pas le comprendre ?  smiley

                             

                             

                            -l’enjeu n’est pas dans l’opposition entre nationalisme, mais entre classes sociales. La méthode est la même qui a prévalut au XXème siècle pour éloigner la menace communiste, jouer sur le nationalisme.

                             

                            ------> Je ne crois pas aux approches mono-déterministes, on ne peut appréhender la complexité du réel en ne se servant que d’ un seul paramètre.

                             

                            Pour analyser le réel, il faut pouvoir combiner différents paramètres, ne percevoir le réel que par un point fixe , c’ est réduire son champ de vision , ce qui amène inévitablement au dogmatisme.

                             

                            L’enjeu est dans l’opposition entre classe sociales comme vous dites. Mais il est aussi dans l’opposition entre nation, que vous le vouliez ou non, c’est un fait. Et puisque c’ est un fait , il faut le prendre en compte. Je ne suis pas là pour juger moralement ce fait, je constate son existence.

                             

                            -Les dirigeants économiques n’ont que faire de USA en tant que nation, mais en ont toujours besoin pour mettre en oeuvre leur idéal économique au niveau mondial.

                             

                            ------>Même si ce que vous dites est partiellement vrai, vous vous livrez là à une simplification.

                             

                            Bien sur que certains détenteurs du capital n’en ont rien à faire des USA et l’utilisent comme outil de domination. Mais vous ne pouvez pas évacuer les personnes de ces classes dirigeantes qui sont des patriotes et qui en tant que tel agissent en faveur de la domination planétaire de leur pays.

                             

                            Et vous ne pouvez pas non plus exclure le cas de ces américains moyens patriotes qui peuvent se retrouver avec cette classe dirigeante sur ces questions.Il y’a toute sorte de configurations possible.

                             

                            Vous percevez la classes dirigeantes comme homogène , les choses sont plus complexes.

                             

                            -l’inertie du système qui conduit à l’émergence d’une conscience planétaire et dont les conséquences sont la fin de la domination du système économique par une minorité.

                            ------> L’émergence d’une conscience planétaire dont les conséquences sont la fin de la domination du système économique par une minorité ? Comment l’objectivez-vous ?

                             

                            Là on est plus dans le domaine de la croyance et de l’espoir que de celui de l’analyse. smiley


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                            herve_hum 29 avril 2015 09:19

                            @maQiavel

                            L’émergence d’une conscience planétaire dont les conséquences sont la fin de la domination du système économique par une minorité ? Comment l’objectivez-vous ?

                            je compte l’écrire avec plusieurs articles...


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                            herve_hum 29 avril 2015 10:03

                            @zatara

                            L’inertie dont je parles, est celle lié à la mondialisation de l’économie. Suivant cette idée, la mondialisation de l’économie ne peut avoir qu’une seule conséquence, la fin de la ploutocratie.

                            Paradoxalement, mon analyse fait de la mondialisation le pire ennemi de cette ploutocratie. Leur arrogance à croire pouvoir maîtriser cette force inertielle est leur pire erreur, la seule manière de l’empêcher, est le chaos généralisé.

                            Bon, pour la démonstration c’est trop long. toutefois, la base est de comprendre que la mondialisation a pour conséquence l’inversion du rapport entre nations, c’est à dire, leur intégration dans un même super organisme qu’est la Terre au lieu de voir celle ci comme exogène, étrangère, permettant de considérer les autres nations comme des corps étrangers. Pour imager la chose, jusqu’à présent, les nations étaient vu comme des planètes étrangères, la mondialisation de l’économie ne fait plus voir les pays comme des planète, mais comme des régions d’une même planète au destin lié. Ce qui n’implique pas l’abandon des cultures, mais au contraire, leur sécularisation. Comment croyez vous que l’on favorise le maintien des populations sur leur terres natives, avec leur cultures, dans une économie globale ? En coopérant économiquement, pas en se faisant concurrence ! Seulement la coopération part d’un autre paradigme socio économique contraire aux intérêts de la ploutocratie.

                            Il ne vous paraît pas étrange zatara, que d’un coté tous les pays participent aux mêmes manifestations sportives, aux mêmes sommets politiques, aux mêmes organisations économiques, et de l’autre coté, se menacent l’un l’autre comme s’ils ne faisaient pas de commerce entre eux, n’avaient aucun lien sociaux ?

                            Il ne vous paraît pas étrange que les dirigeants US se présentent comme des défenseurs de la démocratie dans le monde, du devoir de respect des lois internationales, tout en bafouant la démocratie et le respect des lois internationales, menaçant leur existence ?

                            Bref, ils prétendent agir avec éthique et pour la paix des peuples, tout en attisant les haines et la violence entre les peuples. Donc, que retenez vous ? Que croyez vous ?

                            Ne croyez jamais que ces gens là vous disent la vérité, à aucun moment. Leur but est de conserver la maîtrise du temps de vie des êtres par lequel tout pouvoir s’exerce, c’est aussi simple que cela, ce qui est compliqué, c’est de le maintenir.

                            toute idée est simple à la base, c’est sa mise en application qui est complexe voir extrêmement complexe. Là aussi, il faudrait faire un développement pour expliciter cela...


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                            herve_hum 30 avril 2015 09:24

                            @zatara

                            Si je pense que l’inertie de la mondialisation signe la fin du système capitaliste avec son hyper classe dominante, c’est notamment en raison du fait que la structure économique n’en a plus besoin et même, se retrouve avec la nécessité de s’en défaire si l’humanité souhaite aller plus loin que le XXIème siècle.

                            La coopération dont je parle ne repose pas sur l’’hyper spécialisation des pays, c’est absurde car cette hyper spécialisation peut être ou non coopérative.

                            la coopération ne peut se fonder que sur la mutualisation des moyens de productions de masse et de leur financement. 

                            La civilisation humaine sort de sa phase d’expansion terrestre et est entrée dans une phase de gestion de son développement. Le capitalisme est efficace en mode expansionniste, mais devient hyper nocif en mode gestion, là, c’est la coopération qui s’impose d’elle même.

                            La notion d’indépendance n’existe pas en absolu, seulement de manière très relative. Si l’indépendance était aussi important qu’on veut le faire croire, l’humain ne se serait pas construit en société. Quand on parle d’indépendance nationale, on oubli que celle ci recouvre la dépendance du citoyen à la nation. C’est donc un système de poupée russe et le problème n’est pas l’indépendance, mais la relation de dépendance existante. Une relation basé sur la domination ou bien sur l’association ? Pour le modèle capitaliste, c’est la domination, pour le modèle véritablement social, c’est l’association.

                            Si vous voulez avoir une approche plus pratique, vous pouvez aller voir l’article suivant les BAL citoyens. vous pouvez aussi lire l’article droits, devoirs et responsabilité qui est la base éthique de tout le développement socio économique.

                            En effet, tout repose sur la conviction que la très large majorité des humains ont atteint le niveau de responsabilité individuelle nécessaire pour s’affranchir de cette hyper classe.

                            Le détail que vous ne considérez pas, c’est que la guerre est une condition à l’existence de tout classe dominante. En d’autres termes, la paix est le pire ennemi du système capitaliste. ce n’est pas pour rien SI celui ci ne parle que de concurrence économique, car sans concurrence, cette hyper classe ne se justifie plus et meurt.

                            La coopération, pour les prolétaires s’entend, est un interdit car elle menace directement le pouvoir de l’hyper classe.


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                            agent ananas agent ananas 28 avril 2015 14:15

                            Article intéressant mais qui gratte que la surface.
                            Déjà il faut rappeler qu’historiquement l’Allemagne a toujours regardé vers l’est (au moins à partir du 12ème siècle avec la doctrine Drang nach Osten). Il suffit de voir dans quelle direction est orienté le quadrige de la porte de Brandebourg... Tout un symbole.
                            En fait ce n’est pas l’axe Berlin-Moscou qu’il faut considérer, mais toute la zone eurasienne, qui pourrait devenir le plus grand marché économique de l’Histoire, "marché" qui fait naturellement saliver les entreprises allemandes et son patronat. Sans compter les nombreux projets d’infrastructures que cette zone immense devrait développer et dont l’Allemagne pourrait apporter son savoir faire.
                            Pour cela, l’Allemagne devrait couper le "noeud gordien" qui la rattache à l’alliance atlantique. Certes pas facile à faire pour un pays occupé et dont le Bundestag est fortement pro-Washington, en dépit des relations au plus bas entre Berlin et Washington (le portable de Merkel écouté par la NSA, le refus de restituer l’or allemand entreposé dans les banques US, divergences géostratégiques, etc...).
                            Est-ce que l’implosion de l’UE (une créature US) dont l’Allemagne pourrait provoquer par son intransigeance vis à vis de la Grèce, pourait être la nouvelle donne qu’elle espère pour se libérer du carcan atlantiste ?


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                              maQiavel maQiavel 28 avril 2015 14:37

                              @agent ananas
                              -En fait ce n’est pas l’axe Berlin-Moscou qu’il faut considérer, mais toute la zone eurasienne,

                              Bien entendu. L’ axe Berlin Moscou est en l’ossature , raison pour laquelle empêcher son émergence doit être la priorité de l’ impérialisme américain comme le fait remarquer Friedman.




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