Vous voulez dire : Comment la finance détruit le monde ?
« L’investissement produit l’avenir dont la spéculation ferme au contraire les possibilités. Le spéculateur agit contre les intérêts du monde dans lequel il vit, de sorte que la spéculation détruit le monde » Alain Badiou
La financiarisation (mondialisée) liquide le capitalisme de la bourgeoisie (hexagonal, devenu spéculatif) qu’elle remplace par un capitalisme maffieux, le crony capitalism structurellement je-m’en-foutiste ».
« Emprunt, crédit, créanciers, débiteurs, déficits, remboursement, taux d’endettement, « pacte budgétaire »… La dette est partout, elle a envahi nos vies. Or la dette n’est pas seulement économique, elle est avant tout une construction politique. Elle n’est pas une conséquence malheureuse de la crise : elle est au cœur du projet néolibéral et permet de renforcer le contrôle des individus et des sociétés. ’’ Le remboursement de la dette, c’est une appropriation du temps. Et le temps, c’est la vie ’’, nous explique le sociologue et philosophe Maurizio Lazzarato …
Certains textes du Moyen Âge expliquent que le crédit est un ’’ vol du temps ’’. On disait alors que le temps appartenait à Dieu. Et que les créditeurs étaient des voleurs du temps de Dieu. Aujourd’hui, le temps appartient au capital. Avec le crédit, on fait une préemption sur l’avenir... En Italie, il est prévu de vendre chaque année pour 20 à 25 milliards d’euros de biens de l’État. D’ici dix ans, on aura tout privatisé ! … ’’ On revient avec le crédit à une situation proprement féodale, celle d’une fraction de travail due d’avance au seigneur, au travail asservi.’’ (Jean Baudrillard, La Fabrique de l’homme endetté). »
Le but dans tout ça est clairement de décimer les classes moyennes devenues pléthoriques et dont le Capital n’a plus besoin.
« Si nous nous obstinons à concevoir notre monde en termes utilitaires, des masses de gens en seront constamment réduites à devenir superflues. Ce n’est pas le travail qui disparait mais l’utilité des travailleurs pour le Capital. » Hannah Arendt