ce dîner du Crif est une pure anomalie
"républicaine".
C’est aussi l’avis d’Elizabeth Levy, il me semble l’avoir entendu dire, et de bien d’aiutres. Dommage que Guénolé se soit accroché là-dessus avec son ridicule salon de l’agriculture.
De même,la loi Gayssot ne fait pas l’unanimité (Simone Weil ?). Guénolé aurait pu zapper.
Quant à la mitterrandie, je vous propose une autre interprétation. Mitterrand voulait faire bouger la France, au plan sociétal en particulier. Il s’est appuyé sur le dynamisme de la communauté juive pour avancer rapidement.
Il voit des
juifs aux manettes asboluement partout et ce très souvent sans aucune preuve.
C’est le thème de l’État
profond.
C’est le thème d’un monde
moderne dirigé par les banques centrales et tout le réseau de la finance
mondiale (et nombreux sont ceux qui détestent la banque, parfois pour de bonnes
raison). Macron vient de la banque Rothschild, et les antisémites mais aussi Jacques
Attali (et Karl Marx) ont développé la relation historique des Juifs avec la
banque.
Une métaphore : imaginons
une personne qui déteste la musique classique. Il constate par ailleurs que la
majorité des grands interprètes de musique classique sont juifs. Cette
détestation de la musique classique se mue alors chez lui en judéophobie. C’est
idiot, absurde mais à la fois difficile à éviter car il établit inconsciemment un
lien mystérieux entre musique classique et communauté juive. Cette métaphore éclaire
le côté idiot et absurde de l’antisémitisme « bancaire ». L’aspect
religieux de l’antisémitisme est en revanche plus difficile à combatte, avec
une opposition civilisationnelle au fondement religieux.
Guénolé a remporté le débat
dans la forme, c’est évident, gardant un calme olympien face à un Soral coléreux,
soupe au lait. Les spectateurs pensent en général que celui qui s’énerve a
perdu faute d’arguments. En ce sens Soral a nettement perdu et Guénolé a bien
joué, intelligemment.
Mais les preuves et les
arguments, mots à propos desquels les débateurs se sont écharpés, ne sont pas
le véritable enjeu du débat de fond qui est : peut-on, après la Shoah,
être judéophobe et le clamer publiquement en illustrant le propos de réalités
issues de l’actualité (la banque …), comme le fait Soral.
Je n’en suis pas sûr et la
formule de la loi « lutte contre le racisme et l’antisémitisme » confère
à la communauté juive et sa religion un statut particulier en France. C’est l’Histoire
qui veut ça, la grande histoire, et il faut l’admettre (ou s’exiler à Moscou :
quand la police française arrêtait les Juifs et les enfermait au Vel’ d’Hiv’
avant de les envoyer dans les camps de la mort, les Soviétiques évacuaient les
Juifs d’Ukraine et de Biélorussie vers l’Est pour les protéger des nazis. Les
Russes n’ont pas notre dette vis à vis de la communauté juive).
<quote><i>ça ne
disculpe pas d’un minimum de rigueur intellectuelle.</i></quote>
La « rigueur intellectuelle »
n’a rien à voir là-dedans.
Débat inutile, tant les
arguments ont été discutés mille fois.
Inutile sauf la découverte de
la personnalité de Guénolé, de mère juive et prenant le parti des Palestiniens,
en prenant des risques personnels. Il avait le bon profil pour démolir Soral.
A-t-il réussi ? Oui dans
la mesure où l’on se fonde sur la DJ (JDA). Soral tombe indiscutablement dans
les catégories décrites par la DJ (avec une légère ambiguïté : Soral n’essentialise
pas les Juifs en tant que personnes, il dénonce la religion et ceux qui choisissent
de l’appliquer rigoureusement ou l’utilisent d’une façon qu’il juge négative).
Non si l’on considère qu’attaquer,
même violemment, la religion juive et ses effets (ou la religion musulmane et
ses effets, Houellebecq n’a pas été condamné) est un droit en République française.
Se rappeler des attaques violentes contre la religion catholique fin XIXème, et
de la loi de 1905.
Soral se réclame judéophobe. Le
problème est que la judéophobie et l’antisémitisme au sens DJ sont
difficilement discernables (comme peut-être bientôt l’antisionisme et l’antisémitisme,
si la loi Yadan amendée est adoptée).
Tout cela est un héritage très
malheureux du nazisme, et plus récemment de la communautarisation de notre
pays. Les juges considèrent que critiquer durement (une religion, une
communauté), c’est stigmatiser et donc pénalement répréhensible. C’est leur manière de contribuer à la paix civile,
mais pas à la liberté d’expression qui recule. Il n’est peut-être plus possible
de faire autrement.
Je marchais hier Rte de la Reine à Boulogne-Billancourt. En
vitrine, des BYD en pagaille, d’occasion dans les 38 000 euros. C’est parti.
Une approche rationnelle vous donne plutôt raison. Cette
guerre en Iran avec l’affaire israélo-palestinienne, c’est plutôt négatif dans
l’ensemble pour l’Occident (pour nous en particulier du fait de l’énergie). Pourquoi les Israéliens
tirent-t-ils délibérément sur des journalistes, alors que ça ne leur cause que
des ennuis ? On dirait que ce porte-avion occidental n’a plus besoin de
nous, n’attend plus rien de nous, au contraire, il a largué les amarres et vit sa
propre aventure. Pour un flagship, c’est un peu raté.
Je ne ferai pas de prévision sur l’avenir du duopole
USA-Chine, juste une intuition. Je sais simplement que les USA savent encaisser
les coups durs (pas les guerres intenses sur leur sol faute d’expérience, mais les graves crises économiques certainement), et savent s’adapter quoi qu’il advienne, ou presque. En
ce sens , ce duopole a de l’avenir devant lui avant de passer à autre chose, je suis moins pessimiste que vous sur les US. Un
demi-siècle ? Plus ?
Deux virtuoses de la finance nous parlent d’argent, c’est
intéressant.
L’un des deux est ingénieur de formation (des Ponts), c’est
encore une garantie supplémentaire. Philosophe ? Faut pas exagérer, on a
déjà BHL qui fait dans ce genre d’appellation non contrôlée, sans parler de
Onfray.
Qu’en retient-on ? Bof, qu’il y a des risques, il y en
a toujours eu.
Ce qui est nouveau, c’est ces trillions de dollars dans l’IA
qui vont peut-être faire des petits un
jour. Sacré pari. C’est la technique américaine, et quand elle fonctionne,
toute la concurrence étrangère est tuée, car personne ne peut se permettre d’investir
des milliards durant des années sans profit. L’impérialisme US a encore de
beaux jours devant lui.
Pour un type d’extrême gauche, Lordon est hyper sensibilisé
à la finance US. Il faut bien reconnaître que c’et là que se passent bien des
choses intéressantes, avec impact mondial.
Je suis d’accord avec lui : le boulot des cadres va changer (bien fait pour eux, chacun son tour, la lutte des classes suit son cours, les machines tuent les bourgeois cette fois). Mais comme lui, je crois que ça va créer de nouveaux boulots, pas forcément un chômage de masse comme annoncé par les trouillards.
Mais au fond, qu’est-ce qui va nous arriver dessus ? On n’en sait rien. Mystère, sauf que ça ne sera sans doute pas très agréable.