Sauf qu’à la mythologie chrétienne s’est agrégée une grande partie des savoirs de l’antiquité (Aristote, Platon, Cicéron, etc), réalisant ainsi la synthèses des antiquités juives, Grecques et Romaines (le principe d’unité et d’historicité du monothéisme juif, l’art des raisonnements philosophiques et des mathématiques grecs, l’art du droit et l’art de construire romains,..etc).
Qu’est-ce qu’on tire de Rousseau, cet individu isolé, qui certes manie joliment la plume ? Il n’a produit qu’une théorie politique fondée sur des concepts flous ("état de nature", "volonté générale", "intérêt général"). Or, il est impossible de donner un contenu précis à ces concepts : à peine veut-on les saisir, que déjà ils nous glissent entre les mains, comme de l’eau glisserait de notre pogne.
On peut aussi critiquer le monothéisme sur le fait qu’il repose sur un concept flou et impossible à déterminer précisément (Dieu), ce qui ne semble donc pas rationnel. Mais le début des choses étant par définition inconnu et inconnaissable, poser Dieu en amont de tout n’est pas gênant, si on opte pour une posture réaliste au sujet de ce qui y succède. Tout au plus, par exception, peut-on accepter quelques miracles de temps en temps.
Rousseau, lui, veut se passer de Dieu, mais paradoxalement, refusant de se fonder sur un concept flou au point de départ, ce qui lui donnerait d’emblée la souplesse pour adapter son discours aux réalités observables, se voit alors contraint de parsemer toute sa réflexion d’une foultitude de concepts imprécis.
Par exemple : Le concept de volonté ne peut se définir que pour un individu en particulier (même si son contenu est généralement énigmatique). Il en est de même pour le concept de l’intérêt. Étendre ces notions au plan social, comme le fait Rousseau, n’a pas de sens.
Cela lui permet certes de raisonner par analogie entre la société et l’individu, et semble donner rapidement des résultats, mais cette comparaison est irrationnelle, et les résultats qu’on en déduit sont donc faux.
Les logiques de l’individu et de la société sont distinctes.
Dans le christianisme, Dieu a créé l’homme en société. L’homme est une entité personnelle dotée d’une âme et d’un esprit. Une société est une collectivité de personnes. Les notions d’âme et d’esprit n’ont pas de sens pour une société. Une société n’a ni intelligence ni volonté, elle a un gouvernement, qui s’attache à faire régner sa propre définition du Bien. Un gouvernement pervers fera des lois perverses. Un gouvernement vertueux fera des lois vertueuses.
Pour Rousseau, l’usage de la raison comme l’agir moral découle de l’entrée de l’homme dans la société, guidé par l’intérêt qu’il y voit.
En gros, la société chez Rousseau remplit le rôle de la grâce divine dans la pensée chrétienne.
Mais ça ne marche pas il existe des sociétés criminelles (mafias), où l’entrée n’implique pas l’agir moral, et des sociétés déviantes (sectes), où l’entrée ne suscite pas l’usage de la raison.
Tout dépend du Berger de la dite société.
Rousseau, on nous a bourré le crâne avec ce type à l’école, mais bon, c’est pas terrible quand-même.
L’état de nature n’existe pas. L’homme, dès sa naissance, se trouve plongé dans une société : sa famille.
Par conséquent, il est impossible d’affirmer comment l’homme se comporte dans un tel état. Rousseau l’affirme, pour les besoins de sa démonstration (il a une intention), mais cette prémisse virtuelle rend virtuelle toute sa pensée.