Tout à fait d’ accord avec vous, il y a tout de même encore de grands historiens comme A. Vauchez, et d’ autres, comme le regretté Yves Modéran, un des historiens récents qui m’ a le plus impressionné en cours.
Les grands historiens dont vous parlez (Chaunu, Braudel, Bloch) ont réfléchi à l’ épistémologie, ils avaient cela en plus c’ est vrai, sans parler de leur aisance à la plume.
Braudel est toujours poli dans l’ émission, il ne va pa dire à son interlocuteur que la sociologiie c’ est du pipeau..., mais il s’ interesse au temps long, la sociologie au contraire à l’ instant, au présent, fatalement, cela ne peut pas coller.
Pour moi la sociologie n’ est pas une science, alors la mélanger à l’ histoire... Elle piétine les plates bandes de la philosophie, de l’ histoire, pour moi ce n’ est pas grand chose, c’ est d’ ailleurs ce que dit Braudel dans l’ émission d’ Apostrophe.
Le problème est plus selon moi le niveau des historiens qui décline, ils sont moins cultivés font moins leurs humanités qu’ avant et sont de plus en plus politisés
Bien sûr que l’ histoire du temps long c’ est interessant, par exemple montrer que l’ Europe du traité de Verdun de 843 correspond à l’ europe de Maastricht de 1992, montrer qu’ il y a des continuités, des constantes dans l’ évolution de l’ humanité nous permet de tirer des leçons de l’ histoire. On n’ est plus face au chaos.
Cependant, on en a fait trop en noyant l’ histoire bataille sous les faits sociaux, économique, en méprisant l’ histoire événementielle. Un de mes professeurs disait qu’ il est bien plus important d’ établir qu’ en France à la fin du 19 ème, on ne parlait pas le Français mais plutôt des patois, plutôt que de tenter d’ établir si celle qui se faisait passer pour Anastasia était bien la grande duchesse descendante des Romanovs. C’ est sans doute vrai.
Mais le problème est que chaque courant essaye de tirer la couverture à lui, pour se faire connaitre et mettre la génération précédente des historiens au tapis : les historiens positivistes pensaient que lorsqu’ on aurait établit les faits (les dates de chaque événements), on aurait fini le travail d’ historien, puis les historiens du temps long ont méprisé l’ histoire bataille à tel point qu’ aujourd’ hui les apprentis historiens en fac ne connaissent pas bien leur chronologie...
Dernièrement, on a redécouvert l’ histoire bataille, les biographies... C’ est souvent comme cela que les gens commencent à aimer l’ histoire. Chaque courant a du bon, qu’ ils se respectent entre eux.