" Gouvernement mondial il y aura, que cela plaise ou non. "
Vous savez, un simple petit pic pétrolier peut aussi bien faire voler en éclats vos belles certitudes organisationnelles, cher ami ! Plus de pétrole, plus de mondialisme !
Y a beaucoup de choses intéressantes sur ce fil ; je vais tâcher de repasser ce soir après le bureau.
Assez d’accord avec ce que dit Qaspard, quand il évoque l’ennui que suscitent à la longue ces orgies et ces tortures rituelles à n’en plus finir.
Au fond, rien de plus cucul la praline, après quelques chapitres, que ce théâtre de la cruauté graduelle : ce sont les cercles de l’Enfer de Dante - mais sans l’intercession infiniment dissimulée du Malin. Dans le théâtre des Anciens, comme dans celui de Racine, le destin fatal est d’un seul tenant, le Mal est engrené depuis la nuit des temps, il ne se pense ni ne s’élabore au fil de la narration, les péripéties que traversent les personnage sont la substance de l’intrigue, non ses prétextes décoratifs. Au contraire, chez Sade, le Mal se théorise lui-même tandis qu’il s’accomplit, comme s’il s’expérimentait, s’éprouvait dans son propre commentaire. L’Enfer de Sade est celui que peint un philosophe ; son procédé est didactique, ce pourquoi il s’évente au fur et à mesure. C’est le vice d’un enfant qui découvre le vaste monde au cours de quelque voyage
initiatique - c’est Candide à l’envers, aussi est-ce si surfait.
Cela dit Sade est un poète et un moraliste. A mon avis, le moraliste est même un des plus grands.
A lire : Sade, d’Annie Lebrun. D’ailleurs, tous les essais d’Annie Lebrun sont admirables...
Sade est le point final des Lumières. En les poussant superbement jusqu’à leurs conséquences les plus ultimes - soit le libéralisme appliqué à la libido -, il les réfute ab absurdo.
Que les enfantillages des Lumières - en comparaison de la noire lucidité des penseurs du Grand-Siècle - aient été pris au sérieux et le demeurent, cela en dit long sur la bourgeoisie à travers les âges, et révèle non seulement la perversité mais l’inintelligence des élites depuis deux siècles, pour qui Voltaire est un génie et presque un saint.
" Les Lumières, ce siècle qui éclaire tout et ne voit rien " Julien Gracq
Tant qu’on est dans les compliments, bravo pour votre excellent Pseudo... Dans le même genre, quelqu’un sur AV s’est drôlement surnommé Josine Staleph je crois
Quant à mon texte, vous m’encourragez à poursuivre... merci, ce genre d’oeuvrettes me prennent des jours et des jours, et comme il faut être salement motivé pour immortaliser tel ou con de notre atu maussade, j’abandonne mes pamphlets en cours de route !