Mais qu’est-ce qu’il raconte.. ? qui c’est ce type.. ? il vient là, face caméra devant un décor moche à vomir, et il pérore pendant 54 minutes (cinquante quatre minutes.. !!!!) avec la certitude d’intéresser quelqu’un.. ?
J’ai tenu 3 minutes avec déjà la perception d’une souffrance indicible, lancinante, bien pire que l’atrocité de l’éternité que je vois passer et dont je ne verrai jamais le bout du fin fond de mon inertie, de ma condition de dépouille consciente et malheureuse de l’être...
Au commun des vivants, ne vous infligez pas ce martyr, prenez de la distance avec ces fardeaux anodins en apparence qui jonchent votre parcours du berceau à la tombe, ne tendez ni l’oreille droite ni la gauche à ces verbiages creux et insignifiants qui parlent à tout sauf à l’intelligence...
Je ne sais trop comment vous remercier pour votre délicatesse...ma reconnaissance givrée n’en est pas moins chaleureuse...
Je dois toutefois vous annoncer une mauvaise nouvelle : la thérapie publique que vous amorcez à l’intention de mon vaurien, incapable, avorton de fils...hum...oui, je dis bien "avorton" tant je regrette amèrement, éternellement l’acte manqué lors de sa naissance...oui je radote, mais à l’accouchement j’aurais fait un geste humanitaire si je l’avais étouffé entre mes steaks au moment où il passait sa tête de nœud...on m’aurait accordé des circonstances atténuantes, peut-être même la qualification de légitime défense, voire décerné une médaille...
La thérapie publique, donc, ne sert à rien...votre diagnostic est complètement à coté de la plaque...vous voyez un "enfant normal" épargné par les "fadaises progressistes"...c’est juste oublier que monsieur, dont les sympathies arabisantes ne sont plus un mystère, se drape d’une espèce de djellaba à fleurs subtilisée dans ma garde-robe, se coiffe d’une perruque hideuse comme la voix de Christophe Maé pour commettre ses forfaits au motel où, dois-je le rappeler, l’espérance de vie ne dépasse guère la durée d’un match de foot...et tout ça pour finalement faire porter le chapeau à sa pauvre mère que vous préconisez de surgeler...
Vous êtes un excellent thérapeute, mister Freeze.. ! en attendant, je vous souhaite bon courage avec votre "enfant normal" de patient, veillez quand même à revêtir une blouse en téflon, on ne sait jamais...
Alors là je suis au sommet de la consternation...mais comment diable pouvez-vous inciter ce mother killer, cet incapable, ce vaurien, à rédiger des articles.. ?
Vous êtes un pousse au crime...non seulement vous fermez les yeux sur ses coupables activités au motel...un génocide, certes artisanal voire laborieux, mais un génocide quand même...au point que le motel a acquis la triste réputation de triangle des Bermudes du commis voyageur... ...mais en plus vous l’invitez à commettre de nouveaux forfaits, avec des mots, des phrases, des textes qui vont s’infiltrer, s’imprégner, empoisonner les esprits, tels les pesticides dans les champs, ou la marée noire sur le plumage d’une mouette, pauvre animal que mon vaurien de fils est capable de recueillir, pas pour le soigner et le nourrir mais pour l’empailler vivant...je sais de quoi je parle.. !
Bon, je dois couper la connexion, sinon ça va chauffer pour mon matricide...mes orbites béantes vont continuer à ne pas voir l’éternité qui passe, mais je la sens, son souffle fétide sur ma peau flétrie par les séjours punitifs dans la cave...
C’est long, d’attendre une fin qui n’arrivera jamais...
Pensez donc.. ! ne vous faites pas d’illusions sur mon incapable, mon vaurien de fils qui ne répond même pas à moi, sa propre mère, lorsque je lui demande une couverture quand il m’enferme dans la cave froide et humide...