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O Scugnizzo

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  • Premier article le 26/04/2013
  • Modérateur depuis le 21/05/2013
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Derniers commentaires




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    O Scugnizzo O Scugnizzo 6 juillet 2013 13:11

    Merci pour votre réponse. Je rajouterai qu’effectivement, le fait que des socialistes soient aujourd’hui à la tête montrent bien le versant libertaire le plus vulgaire (politiciens "open-minded", citoyens du monde, violeurs en série etc) du libéralisme. Parce que s’il convient de pointer du doigt cette hyper classe politique, il faut aussi préciser que les vrais acteurs politiques (pas ceux qui font les festins au parlement européens et sont payés pour rien foutre) sont les lobbys, les acteurs économiques, les multinationales, tout à fait libérales dans leur action et dans leur philosophie de travail. Voilà pourquoi je pense que le monde est dirigé par des acteurs libéraux, ou plutôt par une alliance libérale (économique) et libertaire (culturel), ce qui permet la survie du système capitaliste et de l’idéologie de la croissance. Par exemple, toute l’industrie du cinéma américain, ce cinéma nul et standardisé au possible, est justifié par l’intelligentsia de gauche, qui croit prendre la défense du peuple en accusant ceux qui remettent en cause la qualité d’un produit industriel par l’argument suivant "le pauvre a le droit à sa culture du pauvre" sans préciser qui élabore cette culture. La Kulturindustrie (libérale dans sa production) remplace la culture populaire (traditionnellement le frein de l’avancée capitaliste), voilà d’après moi le rôle laissé à la gauche aujourd’hui. Rôle ridicule selon moi.


    Nous divergeons principalement en ce que vous pensez le libéralisme comme un système fixe. Le libéralisme m’attire dans son principe aussi, c’est clair, mais on ne peut le penser en dehors du capitalisme, ce système en révolution perpétuelle, le plus instable de tous les temps. Si vous pensez qu’à terme, le libéralisme doit rendre tout le monde patron (on en reviendrait à un monde d’artisan, utopie), je pense que le libéralisme nous mène à l’expropriation par le sacro-saint droit à la propriété, après une certaine période dite d’or ou glorieuse. En effet, plus il y a de riches, plus ceux-ci s’approprient les biens des pauvres, celui-ci étant fondamentalement un jeu à somme nulle. Sans parler de la concurrence généralisée et la saturation des marchés. C’est ce qui est en train de se passer en Suisse, où si chacun pouvait construire sa maison dans les années ’80, aujourd’hui cela n’est plus possible car des personnes ayant accumulé assez de capitaux pendant cette belle période achètent tout pour louer. 


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    O Scugnizzo O Scugnizzo 6 juillet 2013 10:00

    Je ne vais pas répondre sur le contenu du libéralisme parce que 1. Machiavel l’a très bien fait et 2. je suis un fainéant anti-libéral qui déteste le salariat, donc le travail répétitif, aliénant et bien souvent inutile.


    Simplement, pour Locke et ses copains, le discours du libéralisme-libertaire n’entre pas en jeu, car il est pratiquement/empiriquement tangible uniquement dans l’après mai-68, cette pseudo révolution culturelle, qui n’a en réalité servi qu’à conquérir le marché de la culture et de l’intimité, colonisant ainsi les sphères les plus intimes de l’âme humaine. Le libéralisme, dans sa pratique, ne peut être penser que dans un système capitaliste comme celui d’aujourd’hui, il en trouve son expression la plus large, a tel point que libéralisme et capitalisme - en pratique - sont synonymes (mais pas en théorie), d’où la confusion chronique de JR.

    Le discours du libéralisme-libertaire est cependant inhérent au libéralisme dans un système capitaliste, comme l’ont montré des auteurs comme Marx ou Malatesta dès le 19ème siècle. Je n’aime pas réfléchir en termes d’évolutionnisme social, mais ceci s’applique pourtant au capitalisme, en tant que système d’accumulation infini et son idéologie de la croissance. Il est ainsi impossible de regarder en arrière, se dessine une fuite en avant perpétuelle. D’où la réaction et l’utopie du conservateur libéral.

    Tout ceci était bien accepté tant que le système libéral permettait d’échanger de l’électroménager, permettait de vendre sur le marché automobile. Mais l’idéologie absurde de la croissance, par définition, incite à la conquête perpétuelle de nouveaux marchés. Lorsqu’on arrive à la culture, on a à faire à la culture de masse (Kulturindustrie) - Hollywood comme vecteur de normes américaines. L’art = l’art contemporain (c’est-à-dire cet art subventionné où une oeuvre s’enrichit par la spéculation, et permet pour la première fois de l’histoire de soumettre le monde de l’art aux lois de l’offre et de la demande, art boursier, et ses admirateurs libéralisés). L’intimité corporelle = fitness, produit nutrition etc. L’intimité morale = psychologue, big pharma, divorce pour atomiser les gens etc. Jusqu’à arriver à l’adoption des enfants par gestation par autrui, ouvrant un marché juteux de mères porteuses salariées.

    D’une manière générale, le libéralisme dans un mouvement capitaliste (à part les considérations de Machiavel sur l’antilibéralisme de ce capitalisme, qui serait à approfondir ailleurs, car cela fait partie des contradictions inhérentes au système), parce que la population doit répondre aux impératifs impersonnels de l’offre et de la demande, elle doit dépersonnaliser toute son identité (et donc écraser les traditions, comme vu plus haut). Car, si le Marché le demande, je dois être prêt - moi salarié d’une entreprise, au nom de la productivité - à être délocalisé si je veux continuer à avoir du travail. Ceci n’est pas seulement valable pour un déplacement de la France à la Roumanie, mais d’une région agricole à une région industrielle par exemple. Ce qui fait que tout d’abord on détruit toute tradition locale, mais ça passe encore parce que finalement la France entière parle une sorte de français (alors qu’avant il y avait plusieurs langues), mais quand on parle tous un mauvais français et un anglais mondialisé, on se rend compte de toute la perte culturelle subie. Sauf que celui qui se retranche dans le conservatisme, ne voit pas que c’était un mouvement inéluctable du système économique (voir philosophique, pour les plus pointus) qu’il prône.


  • 3 votes
    O Scugnizzo O Scugnizzo 5 juillet 2013 13:38

    Oui, sauf qu’être libéral et conservateur conduit à la schizophrénie, les deux mots mis ensemble représentant philosophiquement un oxymoron exemplaire. D’où l’incapacité chronique de comprendre la situation actuelle, tant de la part du libéral conservateur que de sa complémentarité, le socialiste libertaire. Le libéral conservateur déteste le système culturel produit par le système économique chéri. Le libéralisme culturel est le résultat inévitable (ou la préparation nécessaire) à l’installation d’un libéralisme économique. L’économie étant un fait social total tant elle a pris de l’importance depuis l’avènement du capitalisme, elle transforme inexorablement toutes les sphères de l’humanité, dont bien sûr le versant culturel. Le libéralisme est le monde de la concurrence et du libre marché, ainsi l’homme est en concurrence avec son voisin et le reconnait en tant qu’homme social que par le calcul de l’intérêt bien compris. Les liens sociaux traditionnels sont dissouts par le système économique. Et en sachant qu’on est dans un système d’accumulation infinie, alors c’est une perpétuelle fuite en avant qui se dessine. Cette perpétuelle fuite en avant demande une rupture complète avec toute l’histoire passée, d’où la complémentarité nécessaire qu’elle trouve dans le libéralisme culturel, anti-thèse culturelle du moyen bourgeois conservateur (mais compagnon de route économique).



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    O Scugnizzo O Scugnizzo 5 juillet 2013 12:28

    Faudrait-il encore considérer que les "leaders" français puissent avoir quelque reste de souveraineté politique, c’est-à-dire le pouvoir de faire appliquer, en toute liberté, des directives politiques contraires à celles supra-nationales - européennes et américaines.

    Ceci dit, il est vrai que la France a une tradition foncièrement anti-capitaliste développée. C’est ce qui rend le discours libéral très indigeste pour le peuple, d’où la différence entre théorie (marketing électoral, grandes proclamations) et application concrète. Le fait que cet économiste base son constat à prétention scientifique sur du marketing électoral en dit long sur ses capacités cognitives.

    Ensuite, il est vrai que le libéralisme est de moins en moins possible pour le peuple (c’est-à-dire qu’un mec voulant devenir commerçant indépendant aura toujours plus d’obstacle), seulement ne pas comprendre que c’est le résultat inévitable de décennies libérales me surprend (pas tant que ça, en fait). Le droit à la propriété privée induit le droit à l’expropriation des autres. Et dans un monde où y a toujours plus de disparité, c’est toujours plus de libéralisme pour les plus riches, et inversement pour les plus pauvres.

    Enfin, comment expliquer l’anti-capitalisme actuel à partir de l’obsession tous azimuts pour l’impératif de la croissance, tant au PS, NPA ou FdG ? Qu’est-ce que le capitalisme si ce n’est pas cette obsession de l’accumulation (ou autrement dit, la croissance) ?



  • 1 vote
    O Scugnizzo O Scugnizzo 30 juin 2013 22:11

    "C’est un rap très engagé"... "nous on s’inspire beaucoup du modèle américain musical, économique... socialement on est encore un peu à la traîne"


    Ah ouais quand même.
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