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Antoine

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    philouie 8 novembre 2015 09:46

    @philouie
    que lit-on dans ce passage ?

    Il y a la culpabilité : Haman est accusé par la reine Esther.

    Il y a la peur de la mort : Haman sait qu’il est foutu.

    Il y a la perte de conscience : le roi est sorti dans le jardin.

    et il y a le viol, ou le pseudo viol : Haman cherche à sauver sa peau en se rapprochant de la reine Esther.

    Le rôle de la sexualité est de maintenir la vie, de la prolonger dans la progéniture. Ici nous aurions l’image d’une perte de contrôle de sa propre sexualité face à l’angoisse de la mort.

    On trouve ce genre de comportement chez les plantes bisannuelles. Les plantes bisannuelles sont des plantes qui fleurissent et se reproduisent la seconde année de leur existence. C’est le cas par exemple de la laitue, de la blette ou la betterave. Or pour ces plantes là, il suffit de les mettre en condition de stress (froid, pluies abondantes, sécheresse) pour qu’elles déploient leur activité reproductive dès la première année.

    Ainsi si le rôle de la sexualité est de maintenir la vie, l’angoisse de la mort perturbe l’activité sexuelle. C’est ce qui se passe chez Haman : il a peur d’être pendu, il a donc envie de baiser.

    Ne dit-on pas du pendu qu’il bande au moment de mourir ?

    (...)



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    philouie 8 novembre 2015 09:25

    @gaijin
    en attendant la suite, je constate que vos deux dimensions, ascendantes et descentes, peuvent très bien s’appliquer à mes deux sexes, le sexe d’en haut, celui de l’esprit, et le sexe d’en bas, celui de la matière....



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    philouie 8 novembre 2015 09:22

    @tous,
    Esther, donc.
    Je voulais en venir à Esther, même si là, on entre dans le pur monologue. N’ayant pas connaissance de ce qui est préalable, il est probable que d’aucuns d’entre vous ne suivent.
    Le récit de la Passion du Christ et celui du livre d’Esther sont reliés. C’est ce que montre Frazer qui en donne les correspondances, mais c’est aussi l’histoire de Salomé qui en ait le trait d’union. La mort de baptiste préfigure la mort du christ, tandis qu’Hérode fait à Salomé la promesse qu’Assuérus fit à Esther.

    La lecture que je fais d’Esther est une lecture psychologique dans laquelle les personnage sont les archétypes au sens Jungien d’une même personnalité, une sorte de prototype humain. J’ai émis l’hypothèse que la reine vasthi qu’on présente habituellement comme la femme du Roi est en réalité sa mère et que toute l’histoire tourne autour de la question de la dépendance à la Mère.
    Dans Esther, il est tout le temps question de nourriture : fêtes, banquets et repas, mais aussi jeûne et pillage. Mais il est question aussi de sexualité : on assiste à la répudiation de Vasthi et au mariage d’Esther. Je voulais parler ici de la scène du viol.

    Haman, dont il va être question ici, est le pervers, c’est à dire la perversité en nous. Il est narcissique, se prend pour le centre du monde, il est l’égo. C’est un idéaliste, ayant de hautes Idées à la Hauteur de Lui-Même. Il refuse l’altérité. La vue de l’autre le met en rage et souhaite sa disparition. S’il fallait lui donner les trait d’un personnage moderne , ce serait Bernard Henri Lévy.
     
    la scène du viol, donc :
     

    5 Prenant la parole, le roi Assuérus demanda à la reine Esther : « Qui est-il et où est-il, celui qui a projeté d’agir de cette manière ? »

    6 Esther répondit : « L’homme qui est notre adversaire, notre ennemi, c’est Haman, le misérable que voici ! » Haman trembla de terreur devant le roi et la reine.

    7 Dans sa colère, le roi se leva et quitta le banquet pour aller dans le jardin du palais. Quant à Haman, il resta là pour demander la vie sauve à la reine Esther, car il voyait bien que sa perte était décidée dans l’esprit du roi.

    8 A son retour du jardin du palais, en pénétrant dans la salle de banquet le roi le trouva affalé contre le siège occupé par Esther, et il dit : « Ira-t-il jusqu’à violer la reine en ma présence, dans le palais ? » Dès que cette parole fut sortie de la bouche du roi, on recouvrit le visage d’Haman.
    (...)
     



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    philouie 8 novembre 2015 07:11

    @tous,

    Toutes les cultures humaines ont glorifié l’abstinence sexuelle comme un moyen d’atteindre des états spirituels élevés. Mais ce qui caractérise la chrétienté, c’est la diabolisation de la sexualité en elle-même. C’est un peu comme si, parce qu’on trouve des vertus au jeûne, on en vienne à diaboliser le fait de manger. Çà n’a pas de sens. Au contraire, ce que nous montre Pourim, le Ramadan ou Pâques, c’est que le jeûne sanctifie le repas partagé : comme si le sacrifice de soi, réalisé dans la pratique du jeûne, ouvrait la voie au vrai partage.

    On pourrait dire de même que l’abstinence sexuelle sanctifie la sexualité, c’est en tout cas ce que croient ceux qui prônent les fiançailles avant le mariage. C’est à dire un temps de rencontre des cœurs avant la rencontre des corps. On retrouve l’importance du sexe du haut : la bouche qui a travers la parole permet d’accorder les cœurs et ouvre la voie à la rencontre des sexes d’en bas.



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    philouie 8 novembre 2015 06:44

    @gaijin
    Je suis un adepte du couple monogame fidèle et je crois que la question de l’échange des fluides dépasse le cadre de la sexualité : le fait de partager le même lit, c’est à dire d’échanger sa respiration, ses transpirations, ses odeurs et mêmes ses flatulences, fait qu’un final on se déteigne l’un sur l’autre au point qu’on dise d’un vieux couple qu’ils se ressemblent. mais je crois que cet échange ne prend sa pleine valeur que dans la durée.

    De même, je ne crois pas que la sexualité puisse avoir une valeur en elle même sans tenir compte de l’esprit dans laquelle elle est pratiquée. Elle sera sanctifiante, si elle elle est pratiqué dans un esprit de partage et de respect et dégradante quand elle s’inscrit dans un rapport de domination. Je ne crois pas qu’il y ait de vieille pute épanouie.

    Si l’on conserve les catégories d’Ibn ’Arabi, celle de l’amour spirituel dans lequel on aime l’autre pour lui-même et celle de l’amour naturel dans lequel on aime l’autre pour soi-même, on comprend qu’il ne faut pas espérer grand chose de cette dernière. L’acte sexuel sera plutôt une masturbation que l’on fera à deux plutôt qu’un réel moment d’échange et de partage. Si l’amour ne va pas à l’autre avant de revenir à soi, il sera un poison plutôt qu’un remède. D’où l’importance d’accorder les esprits avant que d’accorder les corps.

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