Attali a dit n’importe quoi à plusieurs reprises en particulier sur la BCE, dont l’objectif est bien la lutte contre l’inflation. Il n’y a rien dans les textes sur la croissance, contrairement à ce qu’il a affirmé de manière péremptoire.
Bon, Chouard n’est pas un bretteur rompu à la dialectique des débats télé, mais est-ce vraiment un mauvais point pour lui ? Je préfère cent fois la candeur besogneuse de Chouard au cynisme bon marché et à la stérilité des commentateurs... Au final, c’est l’exposé puissant de Chouard que tout le monde retient, Attali était en réalité sur la défensive tout le reste de l’émission, mais pour s’en rendre compte il faut sortir d’une lecture purement rhétorique de cet échange.
"Chouard n’est pas une flèche".
Et on voit où la France en est avec son armée de "flèches" passées par les grandes écoles ! Notre époque, comme le XVIIIème siècle, a le culte de la virtuosité un peu vaine et des parleurs de salon. Le bourru autodidacte et malhabile Rousseau a lui aussi fait beaucoup rire les aristocrates français, à la conversation aisée et cinglante... sauf que trois décennies plus tard les idées de Rousseau avaient pulvérisé le socle idéologique sur lequel cette classe sociale avait assis sa domination depuis des siècles.
Dans l’orgueil d’Attali, on sentait cet effroi d’aristocrate sentant sa légitimité "naturelle" remise en cause, d’où la violence de sa réaction. Mais tout ça est implicite évidemment, et échappe partiellement à la compréhension.
Les Français, en bons cartésiens, adorent les ergoteurs et les intellectuels capables de prouver que la Terre tourne autour du soleil par la seule puissance de leur raisonnement. Attali, de ce point de vue, est un grand penseur. Mais pour moi c’est Chouard qui a marqué les esprits avec son intervention. Je constate d’ailleurs qu’il aborde les questions relatives à la constitution avec une rigueur croissante et une approche plus réaliste de ce qui serait "possible" entre le souhaitable et l’idéalisme pur qui est à la fois sa qualité et (parfois) son point faible. Le gros bémol, c’était l’histoire du revenu universel, qui sonnait comme une marotte de gauche à côté des propos inspirés sur la constitution.
Dupont-Pioneer ... je trouvais le nom curieux alors j’ai fait une petite recherche, il se trouve que le fondateur de l’entreprise est un aristocrate protestant, économiste et chimiste français réfugié aux USA sous la Révolution ! C’est également lui qui a négocié pour les USA le rachat de la Louisianne à Napoléon Bonaparte, au moment où les réfugiés français de Saint Domingue voulaient redonner les moyens à Napoléon d’affronter l’Angleterre sur les mers... En 1814, il devient secrétaire du gouvernement de la première restauration avant d’émigrer définitivement aux USA au retour de Napoléon.
La famille "Du Pont de Nemours" est aujourd’hui une des plus puissantes dynasties industrielles aux Etats-Unis.
C’est ce que je retiens aussi. Une intervention un peu branlante de Chouard, mais qui a atteint la jugulaire à une ou deux reprises. Attali ne se serait pas raidi de cette manière si Chouard avait seulement brassé quelques idées iconoclastes sur la constitution.
Je n’ai pas eu cette impression. Pour un premier passage télé, j’ai trouvé qu’il s’en était sorti honorablement (moins bien sur l’histoire du revenu universel, c’est vrai) d’autant plus qu’Attali a indirectement validé ses idées en le prenant pour cible durant tout le débat. Les autres ont fait comme si Chouard n’était pas là, un bel ostracisme collectif, à la rigueur si Attali avait fait la même chose l’effet aurait été bien plus dévastateur pour Chouard qui serait devenu complètement transparent : là, il accaparait l’attention avec son concept de tirage au sort.
Quant à Soral, je suis désolé, mais il n’a jamais vraiment brillé dans les débats contradictoires.