@Belenos "Et s’il faut distinguer deux grands soubassements psychologiques aux tendances politiques, la distinction entre les politiques maternelles et les politiques virilistes sera plus adéquate. Depuis quelques décennies, nous sommes en Europe dans une orientation politique largement dominée par le maternalisme"
@maQiavel "Pour ce qui est des fausses informations, il y’a par exemple le fait d’affirmer qu’il n’y a pas de logements sociaux pour les Français qui sont obligés d’attendre que les listes d’attentes se vident alors que ces logements sont disponibles pour les étrangers. Il y’a depuis longtemps la publication de statistiques qui ont contredit cette légende urbaine..."
Ce n’est pas de cette manière que les raisonnements se font dans la population. Albert Martin sait que sa fille ne trouve pas de logement social et constate qu’une famille de réfugiés s’installe dans son HLM. C’est suffisant pour lui. Pour beaucoup de Français, la logique est la suivante : mes grands-parents ont fait la guerre, mes parents ont travaillé toute leur vie en France, et mes enfants ne peuvent pas en profiter parce que des étrangers viennent prendre leur place, encouragés par le gouvernement et sous les applaudissements des célébrités médiatiques. Pour ces "bas du front", les Français doivent passer avant TOUS les étrangers, donc un 50/50 ou même un 90/10 serait scandaleux. Cette logique nationaliste est peut-être basique mais elle n’est pas absurde dans un monde partagé en nations. Et pourtant ces mêmes personnes peuvent être généreuses quand on leur demande. Mais là on leur prend, et c’est très différent.
Si l’on suit mon analyse, on comprend une chose assez évidente : le FN n’avait aucune chance aux dernières élections présidentielle, ne serait-ce que parce qu’il était représenté par... une femme... et un homme qui aime les hommes... ces deux têtes d’affiche ayant d’ailleurs fini par se séparer. Le casting était contraire au scénario sur le plan symbolique.
Et à propos de la droitardise et de la gauchiasserie, je dirai ceci.
Les concepts de droite et gauche ne sont pas pertinents. S’il faut distinguer deux grandes tendances idéologiques, la distinction entre souverainiste et mondialiste est plus pertinente. Et s’il faut distinguer deux grands soubassements psychologiques aux tendances politiques, la distinction entre les politiques maternelles et les politiques virilistes sera plus adéquate. Depuis quelques décennies, nous sommes en Europe dans une orientation politique largement dominée par le maternalisme (culpabilisation, leçons de morale perpétuelles, sécurisation à outrance... ) et les populations commencent à en avoir assez. On voit donc se reformer des approches plus virilistes (responsabilité individuelle, protection du territoire, solutions physiques radicales...). On peut appeler ça de la droitisation ou du fascisme si on veut mais ma terminologie se référant à la dualité parentale est plus éclairante quant aux ressorts fondamentaux du phénomène. On ne peut gouverner que par l’infantilisation (un adulte n’acceptant aucune autorité) donc en étant papa et/ou maman. Cela fait un moment qu’on a eu des mamans. Certains préféreraient avoir un papa. Un papa Poutine par exemple. Les Etasuniens se sont eux aussi trouvé un papa, un peu fou, mais quand même une figure paternelle.
@maQiavel "Pour ce qui est du fantasme, il y’a par exemple l’usage du terme « colon » pour caractériser les migrants. A mon grand désarroi , j’ai été obligé d’être d’accord avec la réponse de Yann Moix qui est pourtant un personnage qui m’insupporte."
D’abord, il ne faut pas oublier que dans un échange oral qui repose sur l’improvisation, surtout avec une bande de chiens enragés comme ici, l’ordre des propos est important. Or, NDA ne lance pas cette comparaison entre colons et migrants d’emblée. Il commence par dire que la France est aujourd’hui colonisée et il met en tête de la liste des responsables de cette colonisation... les Etats-Unis. Ensuite, même s’il est vrai que les migrants ne sont pas des colons au sens propre (évidemment), cela ne me dérange pas qu’il utilise ce terme d’une manière rhétorique, comme une métaphore, puisque c’est un candidat politique qui doit s’adresser à la foule avec des formules simples d’une manière pragmatique et non un sociologue ou un historien qui fait une conférence.
"Bref, à force de courir après cet électorat, il va finir par ressembler à un clone de Menard ou de Morano."
Peut-être. Mais les deux M que vous citez sont davantage plafonnés dans leur ascension politique par leur style "têtes à claques" (à cause de leur visage et leur voix par exemple) que par leur idéologie ou même que par leurs déclarations. NDA a un autre style, également différent de celui des Lepen. Dans le fond, NDA a compris un truc : c’est la culpabilisation qui empêche les langues de se délier. Il prend le parti de libérer la parole et compte sur le fait que la population française lui accordera pour cela son estime et ses faveurs. Vu la distribution actuelle des cartes, ce n’est pas si mal jouer. Vous savez très bien qu’il n’aurait aucune chance en misant sur l’intelligence et le sens de la nuance. On doit parler à la multitude avec des images... comme Jésus.