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@Pierre Régnier
Il me semble au contraire que, pour les catholiques, la bible est inspirée par Dieu.
La parole divine vient ainsi toujours via un auteur humain, et ce faisant elle est donc toujours susceptible d’interprétation. C’est bien différent de la conception islamique du Coran, qui est était « déjà écrit en lettres d’or dans le ciel », donc non sujet à discussion.
La plupart de l’ancien testament relate l’histoire du peuple juif - donc d’un autre temps, ce qui n’a aucun rapport avec une quelconque loi, et il ne me gène pas de douter que certaines exactions qui s’y produisirent le furent réellement sous l’ordre divin. Cela m’éclaire plutôt pour ma part sur la condition humaine... Jésus ne dit-il pas à certains juifs que Satan est le père du mensonge, et qu’ils sont les fils du diable ?
Le quotidien d’un catholique, pour régler son action, est plutôt fondé sur un rapport direct avec Dieu, via la grâce, que sur la considération des écrits bibliques.
Par ailleurs, j’aurais aimé quelques références dans l’article que vous avez mis en lien, car, tel qu’il est écrit, il n’est qu’une succession d’affirmations sans fondement.
@pemile
Non. Ce sont deux termes, certes employés dans des contextes différents, mais qui recoupe la même réalité. Je cite.
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B. ? Cour. Supposition, conjecture par laquelle l’imagination anticipe sur la connaissance pour expliquer ou prévoir la réalisation éventuelle d’un fait, pour déduire des conséquences. Synon. éventualité, présomption.
Ex : Le colonel Picquart nous a dit que cette pièce était un faux. Moi, j’admets par hypothèse qu’elle soit vraie (Clemenceau, Iniquité,1899, p. 207).
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Quand l’imagination anticipe sur la connaissance, c’est bien que l’on ne se trouve pas dans le domaine du savoir. Dans l’exemple cité, Clemenceau aurait très bien pu dire « Moi, je crois qu’elle est vrai », que le sens n’aurait pas du tout été changé.
Par conséquent l’assertion « il n’y a pas de raison de croire, s’il n’y a pas de preuve » contrevient à la méthode hypothético-déductive, ce qui rend donc l’obtention de preuves impossible... Refuser de croire, c’est s’interdire d’obtenir des preuves.
De même, l’athée, qui refuse de croire en la vie éternelle, en niant l’existence de Dieu, ne pourra jamais en avoir la preuve, tandis que le croyant, lui, peut espérer l’avoir. C’est le pari de Pascal.
J’eusse préféré un autre titre, « la France divisée par elle-même », en référence à l’évangile, mais bon.
Adrien Abauzit a beaucoup de conviction, mais il lui manque hélas quelques éléments en histoire des sciences et techniques pour être pleinement convaincant. Par exemple :
- Lavoisier, l’inventeur de la chimie, fut décapité sous la révolution.
- Colomb détermina l’intensité de la Force électrostatique sous l’ancien régime.
- Ampère détermina l’intensité de la Force électrodynamique sous la restauration.
- Fresnel établit la nature ondulatoire de la lumière sous la restauration.
- Le premier gisement de pétrole exploité de manière industrielle le fut en France, en Alsace, à Pechelbronn, à partir de 1745, sous l’ancien régime.
- Le vol fut bel et bien inventé sous l’ancien-régime (cf mongolfière - 1783)
- Même la voiture fut inventée sous l’ancien-régime ! (fardier de Cugnot, ou charriot à feu -1769)
- Il y eut une autre encyclopédie, la « Descriptions des arts et métiers », publiée entre 1693 et 1783, encyclopédie beaucoup plus concrète que celle des loupiottes (laquelle abonde en généralités floues). Il y eut d’ailleurs un procès pour plagiat.
- Généralement, le progrès considérable des sciences, à partir du XVIIe, ne fut possible que par la mise au point préalable de quantités d’instruments de très haute qualité (horloges (1271), lentilles (1268), pressoirs, grues, presses, moulins, arbres à cames, automates mécaniques, thermomètres,...etc), ce qui ne fut possible que parce que l’artisanat avait atteint un niveau excellent. Et oui, pour produire une théorie, encore faut-il pouvoir quantifier correctement les faits...
- Toutes les institutions sociales de la société actuelle existaient déjà sous l’ancien-régime : Justice (procureurs, juges, avocats) ; Parlements, Communes ; Écoles, Collèges, Universités ; Hôpitaux, Hospices (Hôtels Dieu) ; Protection sociale (via les Corporations et l’Église) ; Usines (Manufactures).
@Pierre Régnier
Je ne vois ni ce que les chrétiens trahissent, ni ce en quoi volontairement ils s’asservissent, ni ce en quoi leur théologie est folle.
@jack Mandon
Cette rivalité, qui s’articule dans les commentaires, comme vous dites, est plutôt une construction politique des siècles derniers : celle-ci produisit ce clivage politique en distinguant entre des gens « attardés » et religieux, qui n’utiliseraient pas leur raison, donc seraient subjectifs en tout, et des gens « avancés » et scientifiques, qui utiliseraient leur raison et donc seraient objectifs en tout.
Ceux qui s’opposent à la religion sur ce forum se placent volontiers dans le camp des « avancés », car c’est beaucoup plus avantageux, comme cela permet aussi d’ignorer les arguments de ceux qu’ils placent dans le camp d’en face, donc d’avoir toujours raison.
En tout cas, cela n’a rien à voir avec une confrontation intérieure, comme celle diagnostiquée par Jung ou Freud. Ces deux penseurs étaient d’ailleurs franchement déraisonnables : ils n’ont pas voulu présenter les faits de la psyché simplement. Par orgueil, ils voulurent bâtir leur grand système qui explique tout. Finalement, ces systèmes ne servirent qu’à s’aveugler sur les faits.
Classiquement, l’intellect se compose de deux instances. La raison, faculté délibérative et consciente, la volonté, faculté affective et inconsciente. Une raison pure sans volonté est impuissante. Une volonté pure sans raison est folle. La volonté a ses maladies, dont les pôles pathologiques sont l’apathie (annihilation) et l’hystérie (frénésie).
La raison ne peut se déployer concrètement lorsque l’étage affectif de l’intellect est malsain. Dans l’état d’apathie, il n’y a pas assez qui pousse à agir selon le fruit de ses délibérations rationnelles. Dans l’état d’hystérie, il y a trop qui pousse à agir, et la délibération rationnelle n’est même plus possible.
Une bonne religion, en général, ou la lecture de l’évangile, en particulier - selon moi, permet d’assainir l’étage affectif, source de la volonté, et donc de rendre possible une vie raisonnable.
De fait, le XXe siècle, siècle qui adora la raison, fut pour beaucoup un siècle de frénésie politique. Maintenant, la remise en cause justifiée de ces dérives historiques prend le tours malsain inverse : l’apathie politique, ce qui aura aussi ses conséquences funestes à mon avis... Autre fait, Nietzsche luttait contre l’apathie, d’où sa frénésie dans ses livres, mais sa prostration dans l’existence. Nietzsche le bipolaire... Rien ne vaut l’humeur égale...
Or, garder une volonté libre, c’est-à-dire disponible pour mettre en œuvre ses propres délibérations rationnelles, implique une sanctification de soi. Jésus ne nous dit-il pas : « En vérité, en vérité, je vous le dis, leur répliqua Jésus, quiconque se livre au péché est esclave du péché. » ?
Cela dit, la raison elle-même recoupe plusieurs instances. La faculté de délibérer consciemment et intérieurement ; 1° à partir de certains principes pour en déduire des particularités (analyse) ; 2° à partir de certains faits pour en induire des généralités (synthèse). La raison a, elle aussi, ses deux pôles.
Mais les principes sont des généralités tirées d’un nombre restreint de faits, car aucune synthèse n’est parfaitement exhaustive, donc ils sont toujours un peu trop schématiques,. Il s’ensuit que toute analyse repose, in fine, sur des principes approximatifs, et, donc, que les déductions qu’on en tire sont, elles-aussi, fatalement approximatives. La raison a sa faille, et l’on appelle celle-ci : l’erreur.
Il faut en être conscient. Cette possibilité d’erreur existe non seulement dans l’analyse, ce qui peut être corrigé assez simplement à la relecture, mais aussi à l’étape préliminaire, dans la synthèse, donc dans les principes même qui ont sous-tendu l’analyse : Or corriger une erreur de synthèse implique de reconsidérer tous les faits, ce qui est un effort très considérable.
Ainsi, les deux instances de la raison sont les sources de deux espèces d’erreur très distinctes. La seconde, l’erreur glissée dans les principes, est la plus traitre des deux. À considérer des principes faux, on peut totalement s’aveugler sur les faits, en venir à les dénier, car ils contredisent des déductions qui sont pourtant logiquement correctes. Ce sont les fameux : « le communisme ne marche pas, il faut plus de communisme », « le libéralisme ne marche pas, il faut plus de libéralisme », « l’Europe ne marche pas, il faut plus d’Europe »...
C’est manifestement fort difficile de prendre conscience d’une erreur dans des principes qu’on se tient pour vrai. Pourtant, ces erreurs de raisonnement se traduisent elles aussi par des péchés, ce qui finit par rejaillir sur la volonté, qui prend alors un de ses deux tours pathologiques (apathie / frénésie), et fait ainsi perdre libre-arbitre, donc la capacité d’agir rationnellement dans le monde. La prise de conscience des erreurs de principe est donc absolument essentielle.
Sur ce dernier point, Jésus nous dit : « On reconnaît l’arbre à son fruit. Un bon arbre produit des bons fruits. Un mauvais arbre produit des mauvais fruits »
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