Sinon, Saint thomas d’ Aquin est un théologien italien, il peut dire ce qu’ il veut mais en France, cela n’ a aucun effet sur les décisions d’ un tribunal civil Français.
Vous ne savez donc pas lire ! Alors on va devoir le faire pour vous et vous expliquer !
Comme il n’est pas question que l’église donne la mort, en vertu du principe Ecclesia abhorret sanguinem, c’est au bras séculier (la justice seigneuriale ou royale) que sont remis les condamnés voués au bûcher.
Ceci signifie que la personne passe devant un tribunal civil et pas devant un tribunal ecclesiastique. Ce sont des juges civils qui vont juger si la personne est coupable ou non. Un tribunal ecclésiastique ne peut pas condamner à mort.
Donc l’ Eglise n’ est pas responsable des condamnations au bûcher, elle est incompétente en ce domaine et renvoie vers un tribunal civil !
Autre exemple, le procès de Gilles de Rais en 1440. A noter que nous ne sommes pas en France, même s’ il y fut arrêté, la Bretagne ne fut rattachée définitivement qu’ en 1532 et les pourparlers ne commencèrent que dans les années 1480
Accusé de nombreux crimes dont une arrestation d’ un prêtre en armes dans une église, il a enlevé deux fois l’ évêque de Nantes, de sodomie, des crimes atroces que l’ on connait, etc...
Il est jugé d’ abord devant une cour ecclésiastique pour hérésie qui prononce son excommunication, voilà ce que dit le jugement
Prononçons la sentence d’excommunication et te disons, comme tel, devoir être puni par les peines du droit séculier, salutairement corrigé, comme le veulent les canons.
ensuite il passe devant une cour civile qui le condamne à mort. Son excommunication est levée, il s’ est repenti.
Accessoirement, on peut voir que les juges ne sont pas des abrutis sanguinaires, ni les gens de l’ époque. Le juge que l’ on suit a laissé un livre, donc on le connait bien.
Si cela pouvait faire découvrir les paysans et faire changer les mentalités de ceux qui se croient supérieurs à ces gens car vivants maintenant, ce serait pas mal.
Le Retour de Martin Guerre est un très beau film, il raconte une histoire vraie peu commune qui est très bien connue car elle eut un très grand retentissement à l’ époque, et de nombreuses procédures donc des archives. L’ historienne Natalie Zemon Davies a veillé à l’ exactitude des faits présentés et des aspects matériels. La lumière et les scènes d’ intérieur à la lumière de la chandelle font penser à l’ oeuvre de La Tour
Le film et sa conclusion montre comment fonctionne une justice à l’ époque, et le faux Martin fini sur le bûcher. Une justice civile donc avec des aspects religieux parfois, mais sans jamais d’ intervention de la justice ecclésiastique.