@rebelkabdjames Sur la question du bouc émissaire, qui est évidemment une question centrale, je vais essayer de résumer mon opinion de façon rapide bien que cela n’a rien de simple.
Dumouchel nous parle d’un ennemi extérieur nécessaire qui peut se transmuer en ennemi intérieur.
De mon point de vue, il vaut mieux multiplier les petits sacrifices que recourir à un grand sacrifice. Cela signifie que l’ennemi doit être plus qu’un ennemi intérieur : il doit être un ennemi intériorisé : ça veut dire que le combat contre le mal, ne doit pas avoir lieu à la frontière du nous et du eux, mais bel et bien à l’intérieur de soi. Ainsi, le sacrifice cesse d’être le sacrifice de l’autre pour être le sacrifice de soi.
@popov Belhadj, à sa mort, trouvera son Juge. Et nous n’avons pas préjuger de ce que le Juge jugera.
Par contre, nous pouvons nous inquiéter de savoir si ce personnage commet des actes criminels et le cas échéant le trainer devant la justice pour le faire condamner par une justice, bien humaine celle-là.
Mais nous devons également nous inquiéter des complicités qu’un tel personnage entretiens avec nos dirigeant politique.
Cela nous permet de comprendre le mensonge que nos dirigeants tentent de nous faire avaler lorsqu’il dise combattre le terrorisme alors qu’on voit bien qu’ils l’entretiennent et l’utilisent.
Nous sommes également inquiets de voir les relations qu’entretient Abdelhakim Belhadj et l’Otan, mais également les relations qu’il entretient avec un proche des frères Kouachi.
@popov je ne peux pas vous répondre à la place de Girard.
Il y a qu’une métanoïa de l’esprit humain est possible, c’est en tout cas ce qu’atteste la tradition bouddhiste ou soufi. Mais cette métanoïa est jusque là individuelle.
La pensée apocalyptique l’envisage sur un plan collectif, mais jusque là, il faut bien reconnaître que nous n’ayons rien vu.
Quand à penser que l’on puisse renoncer à la violence par choix volontaire ou par imitation, j’avoue ne pas y croire et craindre plutôt, à l’instar de Pascal que qui veut faire l’ange fait la bête.
Je connais R Girard, mais je l’avoue, seulement par bribes piochées sur internet. ça ne me ferait pas de mal de le lire en entier, en particulier "la violence et le sacré".
là où je diverge avec lui, c’est essentiellement sur ses conclusions : il pense que le christianisme permet à l’homme de dépasser l’exploitation de la violence par le religieux. Le christianisme nous demanderait de renoncer à la violence par la prise de conscience de l’innocence de la victime expiatoire représenté par le Christ mort en croix.
Je pense pour ma part , ou du moins je le constate, que ce dépassement est un échec. Echec d’autant plus manifeste dans les sociétés sécularisés déchristianisés, où plutôt que d’intégrer notre propre violence à travers le rituel, nous préférons l’occulter.
Mais l’occultation de la violence, n’est qu’une fiction dans la mesure où nous en sommes de friand consommateur à travers les journaux télévisés mais aussi parce que cette violence occultée se transforme en une violence réelle inconsciente.
C’est le cas par exemple de la violence faite aux animaux, que d’un coté on pense faire mourir sans souffrance à travers l’étourdissement, mais que nous faisons vivre dans des conditions abominables, mais aussi la façon dont nous pensons la guerre : guerre pour la démocratie et la liberté, utilisation de drônes impersonnels, emploie de vocabulaire édulcorant : dommage collatéraux, guerre préventive etc...
Le point que je défend avec constance est qu’il faut penser la violence et non la refouler à la manière chrétienne.