Sauf que ce que principe
du mythe est explicatif. Alors que les histoires de la bible sont détournées, justificatives
de l’existence d’un dieu omniscient à rejoindre après la mort. Ce n’est pas le
même usage. Les cosmogonies anciennes étaient des narratifs différents pour
expliquer toujours la même chose : l’Univers du Chaos au Cosmos, du
désordre, ou de l’inertie, vers l’ordre, ou l’organisation. Les matériaux
mythologiques mésopotamiens (+ sans doute l’âge d’or d’Hésiode) ont été
récupérés par les Hébreux à Babylone pour fabriquer un univers créé de toutes
pièces par un démiurge parfait, permanent, tout puissant, pur esprit. D’où l’univers
fixe et infini dans les civilisations abrahamiques. Il a fallu attendre la fin
des années 1920, pour décongeler cette pensée là, et "découvrir" qu’il
a eu un début et une histoire, avec Hubble
et Lemaître. Il a donc fallu attendre le siècle dernier pour renouer avec la pensée
libre des anciens avec un imaginaire fécond, non desséché par une
croyance fixe hors de l’Univers.
Elles montrent au fond que l’ordre est quasi spontané au sein de la nature...
Oui, c’est juste. Si nos sens et notre science savaient mieux écouter, lire et suivre la propension naturelle vers l’harmonie, les humains et tireraient bien meilleur profit.
Oui, sur des temps géologiques, c’est sûr, la planète peut éternuer un bon coup et se refaire. Du côté des humains, l’histoire montre que des moments fabuleux ont coexisté avec des âges sombres, autant pour des civilisations que des petits peuples. Mais l’universalisme, justement, amène celui des problèmes comme des solutions. Et là, ma lunette indique un peu trop de problèmes qui s’accumulent universellement, tant avec la matière terrestre sabotée qu’avec des idéologies invivables, mêmes avec des apparences trompeuses.
Ce n’est peut-être pas
fortuit que ce soient trois femmes, Jane Goodall, Diane Fossey, Biruté Galdikas, les "Trimates",
qui aient perforé la séparation entre les singes et les humains. Elles ont été aussi vivre chez eux, dans leur milieu naturel,
contrairement à Frans de Waal du documentaire, qui semble les avoir étudié essentiellement
dans notre espace, eux dans des zoos et des cages.
J’adhère évidemment à l’emboitement
du monde moral et rationnel avec le monde émotionnel. On paye encore aujourd’hui
de la pensée par catégorie qui fait de chacune d’elle une chose en soi.
L’antinomie coopération /agressivité nous vient de notre biologie. Si la
prédation et la coopération sont entremêlées, c’est parce que la disponibilité
en carbone a sa limite et que la biologie ne peut pas produire indéfiniment des
êtres vivants. A défaut, la biologie les renouvèle. Ce qui explique le
fonctionnement communautaire : ce n’est pas facile de construire une
société, animale comme humaine, de coopération, évitant les écueils de l’agressivité, ou en tout cas, sachant structurer celle-ci. On ne peut donc pas distribuer indifféremment
de l’empathie, du bien être à n’importe qui, il faut aussi savoir protéger ce
qui est acquis et gérer son énergie.
Quant-au masculin/féminin,
les deux sont nécessaires l’un à l’autre, justement, ne
serait-ce qu’interindividuellement. Le documentaire suggère que l’abondance
féminise, ce qui voudrait dire que la rareté masculinise. La fertilité, l’abondance,
c’est féminin. Pour aller chercher les provisions, il faut de la force et de l’agressivité.
La fin n’est pas très
optimiste, ça tombe bien, moi non plus je ne le suis pas.