Le fond, la forme, didactique sans didactisme, c’est très bien.
Cette bataille remportée est peut-être ironiquement à l’origine d’une grande partie de nos malheurs puisqu’elle permit à l’aristocratie anglaise d’imposer peu à peu ses prérogatives à la royauté. Contrairement à la France, le sentiment national anglais se trouve davantage dans les rangs de cette aristocratie de seigneurs qui donnera d’ailleurs son identité politique à l’Angleterre, que dans la monarchie centrale, bien plus préoccupée en réalité de faire respecter ses droits sur le continent et de s’affirmer vis à vis de la couronne française (le roi anglais est vassal du roi de France).
Paradoxalement, Bouvines est donc une défaite "productive" pour l’Angleterre, comme il en existe peu dans l’histoire. Histoire qui se répétera en Amérique, quelques siècles plus tard...
Vous utilisez le même biais que les communistes et les libéraux quand on les met face aux conséquences de leur idéologie : "ce n’était pas vraiment du communisme", "ce n’est pas ça le vrai libéralisme", "il faut plus de libéralisme authentique pour corriger les excès du faux libéralisme", etc.
L’argument de l’authenticité (qui cache celui de la pureté) est évidemment un sophisme. Il n’y a pas de pays "authentiquement" chrétien, "parfaitement" libéral, "totalement" communiste, et je vais vous dire : c’est une bonne chose.
Avec de pareils arguments, évidemment, l’Islam ou ses avatars ne sauraient jamais être remis en question.
Strauss-Kahn évolue dans un milieu où la seule faute qui n’est pas pardonnée est d’être mis à jour. Tout le monde "savait", c’est son imprudence qui est punie. Ils se doivent de le lyncher jusqu’au bout pour faire passer le message aux autres (qui sont à peine plus vertueux).