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@Gollum
Les élites ont toujours cherché à s’exonérer de la morale commune pour jouir sans entraves de leurs biens et de leur argent, mais à l’abri des regards. De nombreux contes et histoires populaires expriment les angoisses et les fantasmes suscités par les mœurs des puissants : cannibalisme, rapt d’enfants, viol... il y a évidemment des faits réels derrière tout ça, que l’on songe par exemple au goût immodéré de Louis XV pour de jeunes femmes à peine pubères vendues par leurs parents.
Ca existait déjà sous l’Ancien Régime, et l’Eglise fermait plus ou moins les yeux. La morale, comme l’explique très bien Voltaire, s’applique surtout au petit peuple, pour lui enseigner la vertu et le consentement (au travail, aux taxes, au devoir militaire, etc.). C’est d’ailleurs l’unique raison pour laquelle Bonaparte a réinstauré le culte catholique officiel.
Donc nos conspirationnistes remplissent aujourd’hui un peu la même fonction que les conteurs populaires d’autrefois. Ils réenchantent le monde, ramènent le Diable dans la vie quotidienne, traduisent la crainte fascinée du peuple envers ces élites qui s’arrogent tous les droits (y-compris celui de tuer leur propre population dans la vision complotiste des attentats).
https://revolution-francaise.net/2006/05/13/38-critique-revolution-bourgeoise-droits-homme-citoyen
Par Florence Gauthier, Université Paris VII Denis Diderot.
La tradition marxiste voit dans les révolutions de la liberté et de l’égalité, qui précédèrent ce que l’on a appelé “la révolution prolétarienne” inaugurée par la Révolution russe, des “révolutions bourgeoises”. On sait que Marx a laissé des éléments d’analyse, qui présentent des moments différents et même contradictoires de sa réflexion, correspondant à l’évolution de ses connaissances et de sa compréhension de la Révolution française. Le schéma interprétatif, dont il sera question ici, a été produit par la tradition marxiste et est, lui-même, une interprétation des analyses laissées par Marx. Toutefois, mon propos n’est pas de reconstituer comment un tel schéma interprétatif a été produit, bien que ce travail reste à faire, il est même urgent, mais, plus précisément de chercher à savoir si ce schéma interprétatif correspond à la réalité historique. Pour situer le problème, je me limiterai à l’exemple de ce que l’on appelle “la Révolution française”. Et je voudrais commencer en rappelant rapidement les souffrances que quelques grands historiens marxistes se sont infligés pour faire cadrer les résultats de leur recherche avec le schéma interprétatif de la “révolution bourgeoise”.
Au début du XXe siècle, on entendait la Révolution française comme “révolution bourgeoise” dans le sens où la direction politique de la révolution serait restée bourgeoise, passant d’une fraction de la bourgeoisie à une autre. Les tâches de cette révolution auraient été accomplies par les coups de bélier portés par le mouvement populaire, considéré comme non-pensant, et se trouvant donc dans l’incapacité d’avoir un quelconque rôle dirigeant.
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Donc vous voyez que cette thèse de la révolution bourgeoise n’est pas neuve dans la bouche de Guillemin. Seulement, quand on n’a pas le "bagage historique" ou une mauvaise connaissance de l’historiographie ou de l’histoire des idées, il est tentant de trouver dans les analyses de Guillemin une voie totalement originale.
Sur le fond, il ne s’agit pas de nier la dimension "bourgeoise" de la révolution, mais le fait de la réduire à cette seule dimension à travers une grille de lecture marxisante - donc messianique - de l’histoire, est une erreur.
@herve_hum
Non, ce n’est pas une histoire d’accent, j’ai du mal à suivre et à vous comprendre.
On ne va pas tomber dans un dialogue de sourd qui serait parfaitement inutile. Je n’ai pas parlé de "ma" méthode du reste, mais de la méthode historique qui répond à des critères épistémologiques précis, que cela vous plaise ou non. Voilà, c’est une idée simple qu’il n’y a pas besoin de mettre au débat à la rigueur.
Sinon, revendiquer sa subjectivite en devoilant ses propres convictions est un preuve d honnetete intellectuelle, puisque cela consiste a prevenir la personne qui vous ecoute sur vos propres intentions et non la tromper en lui affirmant que votre analyse est la plus objective qui soit, independamment de ses propres convictions. C est comme si un vrp venant vous vendre quelque chose commencait par vous dire qu il vient pour vous soutirer de l argent et non pour vous vendre le meilleur produit du monde. Meme si vous vous en doutez, il vous jurera le coeur sur la main qu il n en est rien, que son produit est le meilleur du monde.
Sauf qu’un historien n’est pas un VRP qui fait du porte à porte ou un juriste assermenté. L’histoire est une science humaine, on n’a donc pas besoin d’une déclaration d’intention pour prendre en compte la subjectivité de l’historien, c’est un faux-problème. Il est évident qu’un historien de sensibilité libérale et un historien conservateur ne vont pas déboucher sur la même interprétation des faits. Ce qui va qualifier leurs travaux, c’est la méthodologie utilisée :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Méthodologie_historique  ;  ;
Quant au cliché sur la "révolution bourgeoise" de 1789, vous plaisantez, Guillemin n’est pas le premier homme de gauche ni le premier "historien" à l’avoir dit, hein... cette idée était dominante dans l’historiographie marxiste des années 60-70 et a été reprise aujourd’hui par les cathos intégristes et les réacs qui y ont rajouté une dimension complotiste, ce qui nous conduit à la récupération problématique des conférences de Guillemin, comme le rappelle judicieusement l’auteur de cette vidéo.
Voilà, j’ai fait le tour du sujet pour ma part et mon but n’était certainement pas de rejeter Guillemin en bloc.
@herve_hum
Je n’ai pas compris grand-chose, mais ça ne marche pas comme ça :
Alors, oui, le risque est de se laisser aller a sa propre subjectivite de ses propres convictions et la difference entre l honnete homme et le malhonnete reside dans le fait de le preciser, l annoncer ou non. Or, Guillemin commence toujours ses conferences par cette mise au point, qui fait de lui un honnete homme.
Un honnete homme ne se definit pas par la perfection de ses actes, mais par la reconnaissance de ses propres limites et faiblesses. Cette honnetete la, dites intellectuelle, est rare et la plus difficile a tenir
Le problème, ce n’est pas la subjectivité, tous les historiens sont subjectifs et ont des convictions personnelles qui peuvent marquer leur travail ou pas. Ce qui importe, c’est la méthode. Les interprétations en histoire évoluent d’ailleurs avec le temps, en relation avec le temps de l’historien : on n’interprète plus aujourd’hui la révolution française comme on le faisait il y a 30 ou 40 ans.
Revendiquer sa subjectivité n’est en rien une preuve de l’honnêteté de l’historien (ce serait un peu facile, non ?) qui permettrait une prise de recul par rapport à cette dernière : au contraire, et on le voit très bien avec Guillemin, le fait d’assumer sa subjectivité lui sert à exonérer son travail de la méthodologie historique. Comme l’a rappelé gerfaud, Guillemin fait une analyse à charge afin de démontrer une thèse, ce n’est pas un travail d’historien.
Vous confondez la sincérité et l’honnêteté. Guillemin est un homme sincère, mais il n’est pas un historien honnête.
Par définition, les gens qui se font entuber par ces charlatans sont des victimes, parfois prêtes à dépenser des sommes importantes pour "guérir". Donc les sommes avancées n’ont rien de surprenantes et ne permettent pas de déduire que les clients des guérisseurs sont des gens "de haut niveau"... c’est évidemment une affirmation péremptoire du "guérisseur".
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