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Accueil du site > Tribune Libre > Marcel Gauchet sur l’éducation

Marcel Gauchet sur l’éducation

Voici une intervention de Marcel Gauchet sur l'éducation.

 

On le connaît surtout pour son oeuvre intitulée Le désenchantement du monde ou pour ses livres de philosophie politique.

 

On le connaît moins pour ses oeuvres sur l'éducation. Or, les choses qu'il dit sur ce domaine sont loin d'être inintéressantes.

 

Il fait notamment remarquer que, ces derniers temps, l'homme semble fuir le savoir alors qu'auparavant, il était plutôt en quête de celui-ci.

 

Tags : Education Philosophie




Réagissez à l'article

70 réactions à cet article    


  • 8 votes
    Éric Guéguen Éric Guéguen 25 février 2014 12:32

    Un penseur intéressant sur un sujet passionnant et primordial.

    Merci pour cette vidéo.


    • 4 votes
      L'Andalou L’Andalou 25 février 2014 12:51

      Il n’y a pas de quoi.
      Une autre vidéo de Marcel Gauchet existe sur le sujet, mais je trouve qu’il s’écrase un peu face à Claude Thélot.
      http://www.youtube.com/watch?v=Tf_ZRYUG428


    • 3 votes
      childéric childéric 25 février 2014 13:34

      C’est l’hédonisme ambiant, le "jouir sans entrave", le fait qu’en plus on ait des inquisiteurs médiatiques comme les fourest et les caron qui nous insultent dès qu’on essaye d’élever le débat qui font que l’Homme d’aujourd’hui se fiche du savoir.


      • 4 votes
        Gollum Gollum 25 février 2014 14:35

        Lier désir de ne rien savoir avec l’hédonisme est un peu court et facile..


        Je crois que dans certaines confessions sectaires, islamisme rigoriste ou d’autres, le désir de savoir n’est pas plus mis en avant et la philosophie sous-jacente est plutôt d’empêcher de jouir précisément..

      • 2 votes
        un primate un primate 25 février 2014 14:30

        La méfiance vis-à-vis du savoir c’est la méfiance vis-à-vis du savoir académique, c’est donc la méfiance vis-à-vis de l’institution elle-même, donc méfiance vis-à-vis de l’état.


        Le savoir académique, scolaire, est un mythe, un faux savoir. Il n’existe que pour séparer le bon grain de l’ivraie, sélectionner les éléments susceptibles d’être utiles à l’état et laisser de coté les autres. L’état n’étant que le faux nez des lobbys industriels, véritables maîtres de la société. L’école républicaine est une école industrielle, un laminoir gigantesque.

        Le coeur de ce faux savoir ce sont les mathématiques. D’une logique froide, implacable, sans esprit de contradiction, sans créativité, sans particularisme. Je parle des mathématiques scolaires pas des mathématiques de très haut niveau. 

        Le vrai savoir est le savoir pratique. Mais dans une société industrielle, il ne sert pas les intérêts de l’état qui n’a pas besoin d’artisans, de paysans, de véritables travailleurs mais qui a besoin d’employés dociles exécutant des tâches morcelées.

        Dans notre société, une véritable école, dispensatrice de vrai savoir, n’est qu’une vue de l’esprit, une illusion parentale.

        • 7 votes
          Éric Guéguen Éric Guéguen 25 février 2014 15:03

          @ un primate :
           
          "Le vrai savoir est le savoir pratique".
           
          Voilà une phrase bien étrange. Voulez-vous dire par là que ce qui n’est pas résolument tourné vers l’utilité pratique immédiate est vain ? Parce que c’est précisément sur de telles idées que s’est opérée la déconstruction des savoirs au sein des établissements. On a fait perdre leur aura aux humanités au profit de "savoirs pratiques", mieux aptes à faire rentrer chaque élève dans une case dès la sortie de l’école. Ainsi celle-ci n’apprend-elle plus à devenir homme, elle apprend avant tout un "métier" utile à la division du travail. Elle apprend à vénérer ce qui a un coût et à écarter l’effort gratuit et la connaissance pour elle-même. Alors qu’elle devrait produire une société, l’école s’adapte à celle-ci.
          Voilà, il me semble, l’étendue de la catastrophe.


        • 3 votes
          un primate un primate 25 février 2014 17:47

          Par savoir pratique, j’entendais l’exercice du concret. L’apprentissage de savoir-faire.

          L’école fabrique des semi-lettrés, des pseudo-intellos, résultats de ces fumeuses et prétentieuses "Humanités", totalement incapables de faire quelque chose de leurs mains (et de leurs vies). Toutes ces heures à faire semblant de s’intéresser à Corneille ou à l’Histoire officielle (donc sans intérêt) au lieu d’apprendre à faire un peu de cuisine, du tricot, du bricolage, du dessin ou de la mécanique, bref, à travailler réellement. Au fond, l’école nous coupe du travail dans le vrai sens du terme, c-a-d, à s’occuper utilement pour soi et les autres.

          L’école transforme tous les enfants de paysans ou de prolos en employés du tertiaire incapables de planter un clou (j’exagère un peu, je sais). C’est ce qu’on appelle abusivement l’ascenseur social.

          L’école métamorphose le peuple. Le paysan, l’ouvrier avaient un savoir-faire, une culture transmise de génération à génération. L’homme moderne, passé par l’école, a perdu toute cette culture. L’école nous désapprend ce que nos aïeux savaient. Elle nous transforme en petits bourgeois plus ou moins obéissants. Au fond, sa raison d’être est avant tout disciplinaire. C’est une sorte de bagne, de service civil d’où l’on ressort avili (par le système de notation et le conformisme).

          Bon, je suppose que ça se voit que j’ai une dent contre cette institution qui vole non seulement l’existence des gosses donc des gens (les meilleurs heures des meilleurs années de nos vies) mais aussi leur identité (l’école laïque dénie toute religion comme toute appartenance de classe).

        • 4 votes
          Éric Guéguen Éric Guéguen 25 février 2014 18:00

          L’école, c’est aussi l’apprentissage d’un idiome commun (la moindre des choses), la lecture et l’écriture avant que de se lancer dans un métier, tout un ensemble de rudiments dont je ne dresserai pas la liste ici.

           
          Le modèle que vous regrettez est pragmatique, seulement il ne forme pas des citoyens, il produit des producteurs-consommateurs, comme le modèle actuel.
          Les humanités, dont l’importance vous échappe, sont ce savoir qui invite chacun et chacune à sortir du train-train habituel, de la vie besogneuse, de l’individualisme ou de la conscience de classe pour s’interroger quelque peu sur la pertinence d’une vie consacrée uniquement au labeur dans le désintérêt de son prochain.

           
          Pour comprendre le monde, déconstruire un message politique ou publicitaire, apprendre à s’exprimer en public, les humanités sont bien plus précieuses que la couture ou le jardinage qui, eux, s’apprennent sur le tas.


        • 6 votes
          un primate un primate 25 février 2014 18:46

          M’ouais...


          Votre discours est le discours convenu, excusez-moi de vous le dire.

          Au fond, je parle d’autre chose. Je dis que l’école est une formidable machine d’état à broyer les identités, à détruire les cultures populaires. Au profit d’une culture de masse, une culture petite bourgeoise, créatrice de consommateurs, d’employés, d’individus utiles au système. Mais plus à eux-même.

          Une masse amorphe, dé-politisée, dé-spiritualisée, coupée de ses racines, sans autre but et choix que de se vendre.

          L’école est une énorme catastrophe anthropologique.

        • vote
           Qanelle Qanelle 25 février 2014 19:13

          Putain Eric , je suppose que tu pèse tes mots.

          Le savoir pour tous , depuis quand ?
          Le petit nombre nourrit par le grand nombre, il y a des coups de pieds dans le cul qui arrivent, fait gaffe a ton trou de balle. 
          ton discours est condescendant.

        • 1 vote
          Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 25 février 2014 19:32

          Eric et Primate, vous ne parlez pas de la même chose et vos discours se croisent sans se rencontrer !


          Le véritable problème est celui de la vitalité. L’éducation, l’enseignement sont-ils vivants ou morts, telle est la question. Ils ne s’agit pas d’opposer les "savoirs concrets" et les "savoirs abstraits", cela n’a pas de sens, c’est une fausse contradiction qui nous ramène à la querelle des arts mécaniques et libéraux de la fin de l’époque médiévale ! 

          Quand un jeune apprend à être un vrai menuisier, capable de faire une armoire de style en partant de simple planches, ce qui lui est transmis est à la fois abstrait et concret. De même, une véritable formation au métier de paysan, qui est très complexe, est aussi un enseignement culturel. 

          A un autre niveau, celui qui fait des études d’histoire ou de linguistique avec un bon maître n’est pas condamné à devenir un intello coupé des réalités (à qui on ferait mieux d’apprendre à planter un clou). 

          L’enseignement peut être mort ou être vivant (et ce n’est pas une métaphore creuse) dans toutes les disciplines, qu’elles soient techniques ou intellectuelles. C’est cela et pas autre chose qui est important en éducation : arriver à distinguer ce qui tend vers la vie et ce qui tend vers la mort. 

        • 2 votes
          Éric Guéguen Éric Guéguen 25 février 2014 22:02

          @ Qanelle :
           
          Tu vas me renifler le derrière encore longtemps ? Jamais de débats de fond, toujours des petites piques sans saveur. Tu es une anguille. Lis ce que je réponds plus bas au primate, puis argumente, sans me renvoyer encore à un sketch à deux balles. Merci.


        • 2 votes
          Éric Guéguen Éric Guéguen 25 février 2014 22:14

          @ primate (& Gaspard) :
           
          Vous me parlez d’élèves déracinés, dépolitisés... et vous escomptez remédier à cela par l’entretien d’activités laborieuses ? Primate, c’est précisément parce que l’école s’échine à n’enseigner aux élèves qu’un futur métier qu’ils sont dépolitisés.
           
          Les humanités, elles, préparent au métier de citoyen, fonction qui ne requiert ni les maths, ni la physique, mais la maitrise de la langue, la rhétorique, l’histoire nationale et internationale, la dialectique, ainsi que des éléments de droit et d’économie. Quant à la littérature, elle aide à rendre tout ceci vivant. Le fait même que l’on vienne nous dire que tout ceci ne sert à rien atteste du fait que l’on a perdu de vue ce que le mot "politique" veut dire.
          Une éducation libérale (entendre "préparant chacun à être autonome grâce aux humanités") amène au métier de citoyen, au ménagement d’une partie de notre temps d’adulte à la réflexion et à l’action politiques, à l’entretien d’un temps politique entre le temps technique (ou professionnel) et le temps domestique.
           
          Voyez, ce dont je parle n’a rien de conformiste il me semble. Si l’école républicaine fabrique du crétin, c’est parce qu’elle n’a souci que de trouver du boulot à chacun, qu’elle ne s’intéresse qu’à des individus déliés, égoïstes et besogneux, qu’à des producteurs-consommateurs, pas à des citoyens responsables et libéraux (i.e. généreux de leur temps, pas proches de leurs sous...). Rien de politique là-dedans, aucune identité collective non plus, ni dans ce que vous déplorez, ni dans ce que vous louez.


        • 1 vote
          Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 25 février 2014 22:43
          @Eric Guéguen, 

          Je suis d’accord avec la nécessité des humanités et je ne vois même pas comment on pourrait renoncer à cette transmission fondamentale sans abandonner du même coup tout projet de civilisation ou même simplement tout projet "humain". Les "humanités", ça dit bien ce que ça veut dire. 

          Mais...

          Quand j’étais scolarisé, j’ai senti à partir du collège que l’institution scolaire était une émanation de l’Etat. Et je me suis clairement senti en prison, avec des profs gardiens, pas méchants, mais gardiens quand même, fonctionnaires, soumis, impuissants, souvent habillés sans art, sexuellement frustrés (ça se voyait), pas entièrement bêtes mais stériles, de bonne volonté pour la plupart mais eux-mêmes prisonniers. Pourtant j’ai toujours été gourmand de connaissances et sans difficultés de compréhension, mais il y avait cette domination de l’Etat très perceptible qui m’inspirait de la méfiance et une envie de révolte. 

          C’est peut-être ça que veut décrire Primate ?
          Primate, connaissez-vous cet ouvrage (une référence !) :

          http://www.amazon.fr/soci%C3%A9t%C3%A9-sans-%C3%A9cole-Ivan-Illich/dp/2020055511

        • vote
          Éric Guéguen Éric Guéguen 25 février 2014 23:29

          Je comprends ce que vous dites Gaspard, bien que n’ayant quant à moi pas été un élève brillant et m’étant réveillé sur le tard, dans la bêtise quotidienne de mon emploi du moment.
           
          Je répondrais simplement que, plus encore qu’un savoir, c’est un mode de vie que les professeurs doivent transmettre, et un mode de vie résolument tourné vers la liberté de penser, ce qui, précisément, met à mal l’idée d’un État-carcan. Un élève ne devrait pas quitter l’école sans un bagage liminaire, fondamental. Quel est-il ? Le besoin de savoir. Je crois qu’une fois qu’un individu a choppé le virus de la curiosité, c’est gagné. Vous avez ce virus Gaspard, je l’ai également, et il ne faudra jamais que nous en guérissions.

           

          Cela dit, les humanités ne peuvent avoir de poids que dans un pays qui leur (re-)donne un sens : le métier de citoyen doit être bien plus conséquent que la fonction d’électeur qui nous est ouverte, selon nos caprices, à intervalle régulier. J’insiste sur la nécessité du "temps politique." À ce moment-là, les gens seraient en mesure de comprendre en quoi les humanités ont des vertus auxquelles les sciences dures et chiffrées ne peuvent prétendre. Dans le monde marchand qui est le nôtre, elles doivent s’entendre dire qu’elles "ne servent à rien".


        • 2 votes
          un primate un primate 25 février 2014 23:34

          @Gaspard, 


          oui, vous avez pigé ce que j’essaie de dire. Non, je ne connais pas ce livre mais il est parfaitement approprié à mon propos.

          Ce que je conteste c’est l’existence même de l’école qui n’est qu’une prison pour enfants.

          Alors on m’objectera que l’on y apprend à lire-gna-gna et que c’est super de pouvoir profiter de la grande littérature-gna-gna. Et que la Culture c’est trop génial pasqu’après on est hyper intelligent gna-gna-gna.

          Je rêve d’un monde où l’école prendrait le moins de temps et de place possible (le strict nécessaire). Où elle serait au coeur de la vie et où elle ne priverait pas les garçons et les filles de leurs aventures. 

          Je donne les œuvres complètes de Nietzsche contre les merveilleux après-midis de l’enfance à travers bois et champs ! J’échange tout Céline contre une expédition nocturne à vélo vers le village en fête du canton voisin.

          Je préfère la vie à la connaissance. Dans un monde carcéral, la connaissance est certes une consolation, la culture, un baume. Mais ne perdons pas de vue l’essentiel. Et c’est ça justement que nous vole l’école.



        • 2 votes
          Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 26 février 2014 00:00

          La chasse à l’enfant

          Jacques Prévert (1934)

           

          Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

           

          Au-dessus de l’île, on voit des oiseaux

          Tout autour de l’île il y a de l’eau

           

          Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

           

          Qu’est-ce que c’est que ces hurlements

           

          Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

           

          C’est la meute des honnêtes gens

          Qui fait la chasse à l’enfant

           

          Il avait dit « J’en ai assez de la maison de redressement »

          Et les gardiens à coup de clefs lui avaient brisé les dents

          Et puis ils l’avaient laissé étendu sur le ciment


          Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

          Maintenant il s’est sauvé
          Et comme une bête traquée
          Il galope dans la nuit
          Et tous galopent après lui
          Les gendarmes, les touristes, les rentiers, les artistes

           

          Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

           

          C’est la meute des honnêtes gens

          Qui fait la chasse à l’enfant

           

          Pour chasser l’enfant, pas besoin de permis

          Tous le braves gens s’y sont mis

          Qu’est ce qui nage dans la nuit

          Quels sont ces éclairs ces bruits

          C’est un enfant qui s’enfuit

          On tire sur lui à coups de fusil

           

          Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

           

          Tous ces messieurs sur le rivage

          Sont bredouilles et verts de rage

           

          Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

           

          Rejoindras-tu le continent rejoindras-tu le continent !

           

          Au-dessus de l’île on voit des oiseaux

          Tout autour de l’île il y a de l’eau.


        • 2 votes
          Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 26 février 2014 00:09

          "Je donne les œuvres complètes de Nietzsche contre les merveilleux après-midis de l’enfance à travers bois et champs ! J’échange tout Céline contre une expédition nocturne à vélo vers le village en fête du canton voisin."


          Mais Primate, pourquoi ne pas prendre les deux. Les premières discussions philosophiques avec un ami, après avoir passé une nuit à dévorer un livre, et avoir découvert que l’univers était encore plus vaste et plus ouvert que ce qu’on avait vu à vélo, c’est bien aussi, non ? Et puis, il faut penser aussi à ceux qui sont en ville, prisonniers du béton, du périphérique et du centre commercial ; et qui un jour ont la chance de rencontrer un vrai professeur qui leur donne le goût de la liberté intérieure. Ce n’est pas rien. 

           

        • 3 votes
          Gollum Gollum 26 février 2014 09:06

          Je serai assez dans la synthèse entre primate et la chouette.


          Je ferai remarquer ici qu’autrefois il y avait une saison d’hiver favorable aux vues de la chouette, où l’on pouvait étudier, puisque dehors c’était fermeture des rideaux.. et une saison d’été favorable aux primates et à leurs envies d’expériences naturelles..

          La modernité a tué cela en uniformisant les journées et en exaltant les loisirs (toute l’année) au détriment des deux autres..

          Moi aussi j’ai très mal vécu l’école et je serai définitivement perdu si ma curiosité naturelle n’avait pas pris le dessus très tôt. La classe de philosophie de terminale fut un désastre : Marx, Freud, que des auteurs sans intérêt et que j’ai d’ailleurs rejeté par la suite…

          Faut avoir les tripes bien accrochées aujourd’hui pour croire que le savoir puisse être utile.

          Tous les jeunes que je connais haïssent le savoir. Sauf le savoir technique, notamment informatique. Bidouiller, éventuellement pirater, voilà leurs univers..

          Très triste.

        • vote
          Éric Guéguen Éric Guéguen 26 février 2014 09:29

          @ primate :
           
          Ok, je comprends mieux ce que vous voulez dire, mais comme le disent Gaspard et Gollum, on peut très bien s’accorder du temps pour les deux styles de vie.
          L’hédonisme, c’est très bien, surtout quand on est rentier, ce qui n’est pas le cas de tout le monde malheureusement...
          Et je vous rassure, en voiture, ce n’est pas Nietzsche ou Descartes que j’écoute, j’ai une préférence pour les musiques de dessins animés de mon enfance. Quoi de plus insouciant ?
           
          @ Gollum :
           
          Idem pour moi, la philo en Terminale m’a vacciné contre elle et a fait de moi un petit cancre. Ce n’est guère qu’à 30 ans que je l’ai véritablement découverte et appréciée, noyé que j’étais dans un boulot absurde où m’avaient mené des études scientifiques. D’ailleurs, une fois rendu à la vie professionnelle, je ne me suis pas servi de 10% de ce que l’on m’avait appris durant ces études. Comme tout le monde je pense...


        • vote
          L'Andalou L’Andalou 26 février 2014 09:53

          @ gollum et Éric Guéguen
          Vous avez tous les deux de mauvais souvenirs de vos cours de philosophie. Pour ma part, j’ai bien aimé ces cours en terminale. Peut-être parce que la prof que j’ai eue avait un certain talent pour intéresser ses élèves.
          Aujourd’hui, vous portez un grand intérêt pour la philosophie. Quelles seraient, selon vous, les solutions pour que les cours de philosophie captivent ?


        • vote
          Éric Guéguen Éric Guéguen 26 février 2014 10:45

          @ L’Andalou :
           
          Très difficile de répondre à votre question. Vous avez raison de dire que le potentiel pédagogique du professeur y fait beaucoup, mais en même temps, on ne peut pas compter là-dessus car il y a des profs vraiment mauvais. Je ne critiquerais pas celle que j’ai eu en Terminale, j’étais avant tout un petit con, point final.

           
          Ce que je pense, en revanche, c’est que faire de la philo en Terminale est une absurdité. Soit il faut en faire dès la classe de Seconde, soit ne pas en faire du tout. Mais en tentant d’en donner un avant-goût aux élèves (qui se transforme bien souvent en arrière-goût), on prend le risque de les en dégoûter (à jamais ?). En outre, les profs auraient davantage de poids dans cette matière si tous les acteurs de la vie sociale, et les médias en particulier, mettaient l’accent sur la puissance de la philosophie pour comprendre le monde et s’y insérer. Personnellement, je m’apprête à obtenir un diplôme supérieur en philo (Master) et déjà j’entends dire qu’il ne faut surtout pas le mentionner sur un CV !! Un philosophe donne l’impression de quelqu’un d’indécis, ne sachant ce qu’il veut faire concrètement de sa vie et se réfugiant dans une discipline de songe-creux... c’est pas délirant ça ???

           

          Moi, j’y suis venu parce que ma condition de salarié devenait absurde : j’étais payé à ne rien foutre. Honnêtement, on s’en contente quelque temps, puis un jour, on se dit : "mais, c’est quoi ma vie au juste ?" J’étais suffisamment équipé intellectuellement pour me poser cette question cruciale, pas assez culturellement pour y répondre. Je me suis peu à peu enfermé aux toilettes pour lire de l’histoire, de la littérature, puis de la philo et, de fil en aiguille, je me suis mis à écrire. J’insiste sur le "puis de la philo" : pour moi, c’est la discipline qui couronne le reste, qui se sert de l’histoire, notamment, comme d’un outil. L’historien, lui, peut se passer de philo. Le philosophe ne peut pas se passer d’histoire. En conséquence de quoi - et ce n’est que mon humble sentiment - la philosophie est réellement la discipline-mère.


        • 1 vote
          Gollum Gollum 26 février 2014 11:15

          À mon sens il faut que la philosophie redevienne ce qu’elle était, la discipline mère comme dit Guéguen. Alors que pour un moderne il s’agit juste d’un discours creux, subjectif, où tout le monde donne sa petite opinion.. Bref, un vrai relativisme, sans intérêt, démotivant dès le départ, parce qu’un pur exercice littéraire.


          Alors que pour un Ancien cela touchait à la métaphysique. Moi j’ai connu la philosophie très tôt dès mes 17/18 ans parce que je lisais Pauwels qui était un fan des Upanishads. J’ai donc connu la métaphysique indienne très tôt. Ce fut un coup de foudre et en même temps je sondais le gouffre abyssal entre les modernes et ces anciens de surcroît non occidentaux. Je m’aperçus que le bouddhisme que l’on me présentait dans les milieux catholiques traditionalistes dont je sortais (et où j’étouffais littéralement) comme un obscurantisme avait de vrais philosophes comme Nagarjuna notamment.

          À partir de là je compris très tôt que la philosophie occidentale était nihiliste et que celle qu’on enseignait dans les écoles avait vraiment pour but plus ou moins conscient de dégoûter à jamais les élèves de toute réflexion profonde. Le fait qu’il n’y en ait qu’en terminal étant le susucre destiné à calmer les quelques nostalgiques d’une vraie culture.. Mais en y mettant des auteurs pourris comme je l’ai dit. Faut pas trop en demander quand même.. smiley

          D’accord avec Guéguen qu’il en faudrait bien plus tôt, mais surtout virer tous les modernes sauf quelques exceptions et revenir aux Anciens qui ne s’intéressaient qu’à une chose, l’univers des dieux, le domaine métaphysique.

          Donc pour moi ce sera Platon, Aristote, Plotin, St Bernard, Nagarjuna, etc..
          Pour les modernes qui valent le coup : Heidegger, Husserl, Jung, Eliade..

          Après pour les motivés on peut se taper Freud si ça leur chante.. Sartre, etc.. mais à la lumière d’une pensée métaphysique saine et traditionnelle, le nihilisme de ces gens là apparaît alors clairement.

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          Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 26 février 2014 15:42

          "Et je vous rassure, en voiture, ce n’est pas Nietzsche ou Descartes que j’écoute, j’ai une préférence pour les musiques de dessins animés de mon enfance. Quoi de plus insouciant ?"


          Je ne vous raconte pas le cauchemar d’un parcours Strasbourg-Nice dans la Supercinq tuning à jantes aluminium d’Eric Guéguen, avec ce tube en boucle ! 


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          Éric Guéguen Éric Guéguen 26 février 2014 15:58

           smiley  smiley  smiley
          Non, moi c’est plutôt ça, en chantant à tue-tête, toutes vitres ouvertes :
          http://www.youtube.com/watch?v=RcsEm0YClpY


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          Latigeur Latigeur 25 février 2014 18:17
          Marcel Gaucher donne également une explication de ce reflux de l’envie de savoir et du goût du travail nécessaire pour l’acquérir :
          Au delà de sa mise en cause du spectacle offert par les médias qui ne rendraient pas compte de la valeur du travail, il insiste beaucoup sur ce qui oppose les familles et l’institution chargée de l’enseignement dans nos sociétés.

          Si je ne souscrit pas à l’assertion de Primate sur le savoir qui ne saurait être vrai que s’il est pratique, elle est néanmoins représentative de ce que pensent beaucoup de parents : assurez à nos enfants un minimum de savoirs de base : lire et comprendre ce qu’ils lisent, écrire et pouvoir se faire comprendre par écrit, compter et maîtriser les règles de calcul élémentaires.

          C’est ce que l’école ne fait plus ou fait mal, le consensus avec les familles pourrait commencer à se reconstituer autour de ces objectifs simples.

          Par ailleurs leur apprentissage restaurerait l’autorité du maître et revaloriserait la notion d’effort pour les élèves.

           Enfin, ces savoirs basiques sont nécessaires pour permettre l’évolution des élèves vers des savoirs plus complexes et moins directement perçus comme utilisables au quotidien.

          Je me refuse à suivre M Gauchet quand il rend les familles et la société en général responsables des difficultés de l’école, l’école par ses maîtres et ses théoriciens et leurs programmes a largement participé du reflux du goût du savoir et ce dans un processus dialectique où il est bien difficile de savoir qui est à l’origine de l’évolution.

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             Qanelle Qanelle 25 février 2014 19:03

            l’Andalou j’aimerai voir le reste. merci.

            Lepage Franck a une approche plus poétique du rôle de l’éducation, du moins pour ceux qui n’ont pas trouvé raisonnable de fabriquer des camps d’éducation ou de rééducation pour nos petite tête.
            L’école se base sur des présupposés dont la légitimité est a redéfinir.
            La condition fondatrice de ces camps est avant toute chose , l’obéissance et la soumission a cet ordre totalitaire.
            Les premières victimes sont les profs a qui on ordonne une loyauté sans partage.
            Et par la force des choses les gosses pour qui je ne sais quoi dire tellement c’en est navrant. Notre chère Albert Jacquart avait proposé bien des choses qui avaient le mérite de ne pas pouvoir être récupéré par le grand capital.
            Mes propos vont probablement irriter grand nombre de têtes bien pleines qui ont apprécié user leur fond de culotte dans ces sanctuaires.
            1950 un fils d’ouvrier sur 100 termine l’unif
            2005 un fils d’ouvrier sur 100 termine l’unif.
            j’adresse toute mon affection au Profs qui aiment encore leur gosse. 
            salut.  

            • 1 vote
              L'Andalou L’Andalou 25 février 2014 19:30

              Il est évident que l’école mérite un grand débat de fond.
              Je réponds à votre interrogation tout en rebondissant sur la remarque d’Eric Guéguen plus haut.
              L’enseignement du Français, du latin, du grec a considérablement reculé ces dernières années en France.
              Il y a un moyen efficace d’intéresser les jeunes à ces matières qui "ne servent à rien" : la littérature !!!
              Je n’ai malheureusement pas le temps d’entrer dans les détails. Mais je dirai que Mc Do ne pourra jamais remplacé un restau 3 étoiles. De même, ce qui se fait de nos jours en littérature ne pourra jamais remplacer ce qui se faisait avant 1950. Et les jeunes le sentent, même si les lacunes se sont accumulées durant des années. La principale difficulté qu’ils ont à entrer dans un texte littéraire tient à leur manque de culture historique.

              Si tous ces problèmes sont réglés, je pense que le plaisir d’apprendre pourra reprendre sa place. 

              http://www.youtube.com/watch?v=Qs4ryKvLzMA

              http://www.youtube.com/watch?v=E9OytzJCe88


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              Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 25 février 2014 19:39

              La culture, c’est ce qui ne sert à rien, mais sans quoi rien de ce que l’on fait ne pourrait être humain. 


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              Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 25 février 2014 19:14

              C’est intéressant, mais qu’est-ce que c’est lent ! Il n’y a pas moyen de mettre la vidéo en accéléré ? On a l’impression qu’il parle à des handicapés dont le cerveau fonctionne au ralenti. Sinon, le fond est bien, mais que c’est dilué !! Si j’avais un tel prof, je lui demanderais de me résumer son cours de l’année sur une dizaine de feuilles, pour gagner du temps. C’est épuisant de suivre une pensée lente, ça donne l’impression que le cerveau est en train de se regarder vieillir. 


              Vite, une vidéo de Soral pour retrouver une vitesse de fonctionnement adaptée à mon processeur cérébral !

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                 Qanelle Qanelle 25 février 2014 19:18

                Eric,petit cadeau pour toi, pour sortir de mes invectives et de tes niaiseries.



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