Moi qui suis de la même région que vous, je ne peux que me joindre à votre désarroi : notre région baigne toujours et encore dans cet esprit droitier soumis au bâton du maître, vassal qu’il est toujours.
Juvin est effectivement bien décevant... Comme tant d’autres.
Aucun nom n’est jamais cité, aucun groupe ou parti n’est jamais visé clairement. Comme si le système tout entier dans lequel nous vivons (économique, politique, médiatique) existait par lui-même, hors de toute activité humaine.
Son livre Le Renversement Du Monde est à ce titre éclairant : lorsque l’on retire les quelques lignes de ci de là qui sonnent comme des envolées philosophiques, humanistes bien jolies, on se retrouve avec une lourde déconstruction du système financier qui a mené à la crise, et ce sur des pages et des pages. Sans jamais pointer, désigner, attaquer... Comme si Juvin cherchait -intelligent homme qu’il est- à se présenter comme un penseur décalé, en rupture, en combat même, mais sans pour autant en prendre la tenue, la position et frapper directement, clairement.
Quant à Anna Vassilissa visible dans les vidéos de Realpolitik où on retrouve Juvin : je trouve bien malheureux qu’elle n’ait que quelques lignes bien apprises à débiter et ne soit donc là que pour son joli minois. Le maître a-t-il besoin de sa potiche pour briller plus encore ?
Le père ne nous a-t-il pas démontré là que l’idée de l’existence d’un lobby juif profondément intégré dans les milieux médiatiques et politiques n’est pas du tout une lubie de ceux qui, lorsqu’ils en parlent, sont automatiquement qualifiés d’antisémites ?
Quant au fils... Mais qu’est-il à dire sur celui-ci si ce n’est que son attitude est totalement abjecte, comme le dit véritéoblige, tout-à-fait à l’image de celle d’un sale gosse à qui on a toujours dit qu’il est le plus beau, le plus grand, le plus intelligent et que tout autre être humain -à part ceux qui partagent ses divines et supérieures origines juives, bien sûr- lui est nécessairement inférieur :
"Notre race est la race des maitres. Nous sommes des dieux divins sur
cette planete. Nous sommes aussi différents des races inférieures comme
ils le sont des insectes. En fait, comparé a notre race, les autres
races sont des bêtes et des animaux, un bétail au mieux. Les autres
races sont comme l’excrément humain. Notre destin doit être de régner
sur ces races inférieures. Notre royaume terrestre sera gouverné par
notre chef avec une baguette de fer. Les masses lécheront nos pieds et
nous serviront comme des esclaves." Par le prix Nobel de la paix, Menahem Begin.
En ce qui concerne l’avortement, je reste tout de même bien étonné que Mascré n’en vienne pas une seule fois à parler de l’importance du système économique dans lequel nous vivons : avoir autant de femmes que possible au travail, n’est-ce pas aussi avoir autant d’employées, à compétence égale, au salaire moins élevé que celui des hommes ? Non plus, plus brutalement, autant de soldates tout à la cause de la production, la fabrication à l’infini dont ont bien besoin nos chefs de guerre économique ?
Prétendre comme il le fait que tout se réduit au droit de l’avortement est peut-être révélateur de son incapacité à traiter du cadre économique dans lequel nous vivons... ou peut-être son manque d’envie de le faire.
Mascré est un personnage qui sait faire bel usage de la langue française, soit. Il est de grande culture, soit. Mais après cela, qu’a-t-il à nous dire ? Pas grand’chose, ai-je bien l’impression.
Au bout de quasiment 40 minutes, personne n’a rien appris d’intéressant. Ou plutôt si : que Mélenchon est un être extrêmement rusé et grand maître de la rhétorique. Qu’il fait usage dans les grands médias du verbe bien crasseux du peuple plus que sciemment, lui qui, pourtant, nous donne ici de l’Aristote et du Platon, de la phénoménologie et du réel, et tout cela dans un phrasé de haute volée... Aussi, qu’il est d’une retenue et d’une courtoisie surprenante à l’endroit de Julliard, lui qui tance parfois si violemment certains journalistes...
Retrouve-t-on chez Mélenchon ce plaisir de l’accointance avec une certaine élite -à tout le moins culturelle et intellectuelle, pour le coup- alors qu’il n’a de cesse prétendre la combattre ?