@Gollum "Ben si. Ça veut dire que n’importe quoi peut-être support d’initiation, vu que le fait que ce soit initiatique vient de nous et pas de l’extérieur."
Si tout est initiatique (ou pas), c’est comme si rien n’est initiatique (ou peut-être que si). Donc, ça ne sert à rien de dire qu’une chose est initiatique puisqu’elle ne l’est pas plus qu’une autre. Et si ça dépend seulement du sujet, il vaut mieux le dire d’une manière qui ne laisse pas supposer qu’on décrit une propriété objective de la chose. On dira alors par exemple "J’ai vécu ce viol comme une expérience initiatique" et non pas "Ce que je trouve intéressant dans le viol c’est son côté initiatique". Vous voyez ce que je veux dire ?
@Gollum "Enfin on pourrait aussi dire que nombre de tragédies humaines viennent de ce que beaucoup se contentent d’être seulement de bons pères de famille, etc."
Eh bien, justement, je ne pense pas. Lorsque chacun fait, le mieux possible, ce qu’il doit faire dans chacun des domaines de son existence, il n’y a pas de problème ou bien il se résolvent assez vite. Je ne fais pas l’éloge de la médiocrité mais celle de l’excellence qualitative. Par exemple le simple fait de faire du vrai bon pain (ce qui a des implications économiques, écologiques et politiques) peut transformer la vie d’un village et davantage. En revanche, la catastrophe et l’ambiance de merde arrivent toujours avec un "Monsieur Plus". D’ailleurs on voit bien que ce mec est dingo ! http://www.ina.fr/video/PUB3213295019
@Gollum "Vous voulez faire quoi ? Interdire l’alpinisme ?"
Non, je ne veux pas interdire l’alpinisme et je ne sais pas pourquoi vous me posez cette question insolite. Aurais-je à un moment parlé ici d’interdire quoi que ce soit ?
Qu’appelez-vous "se dépasser" ? Quand quelqu’un essaie de "se dépasser", qui ou quoi essaie de dépasser qui ou quoi ? C’est vraiment une question digne d’intérêt. Ce n’est pas de la rhétorique : posez-vous cette question réellement pendant quelque jours.
Il y a une pratique saine et équilibrée de la montagne, affranchie de toute obsession de performance quantitative (donc sans se préoccuper d’aller plus haut, plus vite, avec moins de matériel, etc.) Dans cette pratique saine de la montagne (longues randonnées, escalade, découverte de plantes rares, etc.) on peut s’améliorer de manière qualitative de bien des manières. C’est le toujours plus qui est profondément stupide et mortifère, pas le fait de faire les choses de mieux en mieux. Atteindre le plus vite possible un sommet et en être fier est par exemple complètement con. Il suffit de comparer l’escalade à une relation érotique pour se rendre compte de la débilité de la chose (atteindre l’orgasme le plus vite possible ??) ou à la musique (jouer une sonate le plus rapidement possible ou bien le plus fort possible ??) Ce n’est pas ce que nous faisons qui est important, c’est la manière de le faire. C’est pourquoi il ne faut pas chercher à "faire le bien", mais être bon immédiatement ; ni vouloir atteindre le plus haut sommet mais simplement être ici. Il est inutile de courir après quelque chose car on ne court qu’après sa propre agitation.