"D’ailleurs le corps fait obstacle et gêne l’éros. Les amants cherchant à aller dans un au-delà du corps."
Je trouve cette remarque assez étrange et même un peu cathare. Ce n’est pas parce que nous cherchons à aller au-delà d’un pont que le pont fait obstacle. Si le pont faisait obstacle, il faudrait bien entendu le contourner. Etes-vous en train de nous dire (on le croirait) que l’érotisme devrait contourner le corps ? Il me semble qu’il doit le traverser (et qu’on doit donc emprunter ce pont) ; Sinon, que faites-vous dans ce corps ? Vous êtes tombé dedans par hasard, vous vous êtes fait piégé ? C’est bien triste pour vous si c’est le cas et je compatis. En ce qui me concerne, le corps est un temple, surtout celui de mon amante.
"Voir le corps comme le fondement même de l’éros est une vision occidentale et matérialiste de l’éros. Il y a donc fourvoiement de l’approche de l’éros aujourd’hui."
Pourriez-vous nous dire à quelle époque et dans quelle culture il n’y avait pas fourvoiement de l’éros (et accessoirement comment vous pouvez le savoir ), afin que nous puissions comparer et regretter cette belle époque dans une communion nostalgique ?
Gollum, qu’est-ce que la réduction au corps vient spécialement faire dans cette histoire ? La tournure d’esprit ou le profil émotionnel d’une personne peut aussi bien être l’objet de mon désir que son accent exotique ou sa façon de s’habiller. Il est d’ailleurs bien connu qu’une relation épistolaire peut faire naître une tension érotique entre deux êtres... et dans ce cas, où est le corps ?? Il n’en demeure pas moins qu’il n’existe aucune tension érotique sans objet du désir. Quelle que soit la relation d’amour infiniment spirituelle que vous pouvez avoir avec une personne, cela ne sera pas érotique si cette personne (pas seulement le corps de cette personne) n’est pas AUSSI un objet de désir pour vous. N’avez-vous jamais été l’objet du désir d’un autre être ? N’avez-vous jamais accueilli la proposition d’une personne vous disant : "Je m’offre à toi, prends-moi comme objet de ton désir, et que mon désir d’être à toi soit lui-même l’objet de ton désir, dans un infini miroitement" ? Ce qui ne change d’ailleurs rien à la qualité de relation philosophique, spirituelle, etc. que vous pouvez atteindre, simultanément mais sur un autre plan, avec cette personne,
Il y a une autre manière de le dire : l’érotisme, c’est quand on est excité par la personne que l’on excite et que nous nous en réjouissons ensemble.
@gaijin Il n’y a pas d’érotisme si l’autre n’est pas l’objet de mon désir et si je ne suis pas l’objet de son désir. Il faut donc une objectivation désirante à un certain niveau. Ou bien on parle d’affection, de tendresse... mais pas d’érotisme. On ne fait pas d’érotisme avec des "sujets". Si je vous veux érotiquement, je vous veux comme un objet de désir ou bien je veux être votre objet de désir. Bref, érotiquement, vous êtes ma chose ou l’inverse ou encore les deux à la fois. On garde bien sûr la conscience d’être des sujets en toile de fond mais le temps de la rencontre érotique n’est pas celui de la rencontre philosophique ou amicale de deux sujets en dialogue. Si l’on nie cela, on nie le principe même de la sexualité humaine.