@maQiavel "interdire des pratiques déplaisantes pour certains ( qu’ils soient majoritaires ou non , peu importe ) peut aller dans le sens de la restriction des libertés individuelles."
Ca, c’est évident. On peut même raccourcir encore la formule : interdire de faire certaines choses, c’est restreindre la liberté de faire des choses. Ben oui, c’est le principe de la loi. Et alors ?
Vos deux options sont excessives et absurdes concernant le cas ici traité : la tenue de bain. La population française a le droit de décider de la manière dont on doit se vêtir pour se baigner dans une piscine publique, même selon des critères subjectifs relevant de notions aussi vagues que la décence, les coutumes et la couleur locale. Il n’y a aucune nécessité de se justifier auprès de juridictions internationales en invoquant des raisons objectives et universelles. Il suffit de dire que cela se passe comme ça chez nous parce que c’est notre bon plaisir commun. La seule précaution à prendre est de toujours trouver une formulation claire des règlements et des lois, applicable à tous de manière égale. La France n’est pas un hôtel où l’on apporte ses coutumes dans ses bagages. Dès qu’on pose le pied sur le territoire français, on adopte le comportement en public qui correspond au style français, qui est d’ailleurs assez souple, comme dans la plupart des pays qui n’ont pas été vérolés par des dictatures religieuses.
@maQiavel "D’abord , je vous répondrai que des pratiques soient déplaisantes aux uns ou aux autres ne sera jamais un argument suffisant pour les interdire dans notre régime"
Pas "aux uns ou aux autres" mais à la majorité de la population, oui, c’est un motif suffisant d’interdiction. Ce n’est pas une opinion, mais un fait. C’est ainsi que des dizaines de pratiques sont réglementées an fonction de la subjectivité commune de chaque population : horaires pour tondre sa pelouse, manière de déposer esthétiquement ses ordures ménagères, comportement amoureux dans la rue plus ou moins discret, etc. Je donne plus haut des exemples concernant les tenues vestimentaires proscrites selon les espaces et situations. Et je redis à nouveau que les pratiques jugées communément détestables n’ont pas à être formellement interdites au sein d’une population tant que les cas ne se présentent pas, mais que si les cas se présentent il faut s’attendre à ce que la population en réclame l’interdiction formelle. Par exemple si des individus se mettaient à se présenter publiquement le visage couvert d’excréments, il faudrait peut-être faire une loi pour leur interdire cette pratique. Mais personne n’y songe pour le moment.
"La subjectivité commune est un bon concept théorie mais qu’en est-il dans la réalité : ce qui constitue une pollution visuelle pour les uns ne l’est pas nécessairement pour les autres, les unanimités sont extrêmement rares. Et dans ce cas précis , il n’existe pas en France d’unanimité pour le maillot intégral."
Je ne sais pas pourquoi vous parlez d’unanimité (qui est évidemment impossible pour une population de plusieurs dizaines de millions d’habitants). Il n’y a pas besoin d’unanimité absolue pour qu’existe une sensibilité commune sur de nombreux aspects. Sur le fond, il me semble que vous niez qu’il existe une identité française. Elle existe pourtant, comme il en existe dans chaque nation. J’en sais quelque chose puisque pour ma part, je suis en désaccord avec une bonne partie de cette identité. Par exemple je déteste le football, je suis végétarien, je suis naturiste et j’aime tondre la pelouse le dimanche. Mais comme je vis en France, je m’adapte et je ne demande pas à la France de s’adapter à moi. Je n’agresse pas les bouchers, je ne me baigne pas nu dans les piscines publiques, je ne lance pas de boules puantes dans les stades, je ne tonds pas ma pelouse le dimanche.