Quels points de passage contrôlaient les Britanniques ? Le canal de Suez, certainement (pétrole arabe, indonésien et iranien). Concernant les autres sources d’approvisionnement, j’imagine mal les Britanniques bloquer le pétrole russe à Gibraltar ou le pétrole d’Am. du Nord dans l’Atlantique. (je me trompe peut-être)
Les Allemands avaient les mêmes soucis d’approvisionnement dans les années 30. Ce qui ne les a pas empêchés de mécaniser leur armée. Et ce qui les a incités dès 39 à passer à l’offensive, par des attaques courtes et fulgurantes, pour se fournir en pétrole.
Bref, je voulais dire que la mécanisation a certainement joué un grand rôle dans la défaite de 40, mais que le déficit français en la matière n’est peut-être pas dû principalement à l’approvisionnement en pétrole. La doctrine militaire a joué un grand rôle dans ce domaine : quel intérêt y a t-il à mécaniser si on envisage contre toute évidence une guerre de position défensive ?
"L’armée française accuse du retard dans la mécanisation car elle est tributaire des importations de pétrole presque intégralement contrôlées par l’Empire Britannique."
C’est ptêt à nuancer : je lis que de 1930 à 1938, le pétrole importé en Europe occidentale (60 % étaient destinés à la G-B et à la France) provenait de :
-25 % : USA (compagnies US) -25 %: Amérique latine, principalement le Mexique (idem) -15 % : URSS -15 % : Roumanie (apparemment,Compagnie françaises des Pétroles, futur Total ; à vérifier) -15% : Asie : principalement Iran (BP) et Indonésie (Shell, Pays-Bas)
(Source Histoire, économie et société, 1992, 11ᵉ année, n°3. Stratégies industrielles sous l’occupation)
Le retard dans la mécanisation s’explique aussi en partie par la stratégie défensive établie dès les années 20 par Pétain, Gamelin, Daladier, Weygand, etc,... On a ptêt plus investi dans le béton armé et les tourelles à canon que dans la mécanisation ?
Le peuple a plusieurs fois joué un rôle central ..à moins de considérer que seuls les paysans constituaient le peuple en 1789 (ce qui est totalement faux). Le peuple, paysan ou non, a rédigé les cahiers de doléances en vue des Etats-généraux et y a élu ses représentants. Le peuple des villes et des champs a été plusieurs fois décisif, pour le pire ou le meilleur : les 4000 Parisiennes affamées qui ramènent le roi de Versailles à Paris ; les paysans qui attaquent et massacrent les nobles locaux à la suite de la Grande Peur, la journée des Tuiles à Grenoble, les Journées de Septembre, une constante pression populaire à Paris, etc, etc,..Après, que les fruits de la Révolution ait été récoltés par une certaine oligarchie, personne ne le nie aujourd’hui.. Jaurès ou Trotski l’écrivaient déjà il y a plus ou moins un siècle..
Votre vision des classes sociales de l’époque — et de la Révolution — est un poil caricaturale ..La bourgeoisie dans le vocabulaire de l’époque, c est autant le commerçant dans sa boutique que le rentier, le magistrat que le professeur. Quant aux villes, elles sont largement peuplées d’artisans, d’apprentis, d’ouvriers, de chômeurs et d’indigents. Bref, le peuple, c’est autant le paysan qu’une grosse partie des citadins. (ce ne sont pas les paysans qui construisent les maisons urbaines et les bateaux ou les chariots, fabriquent les ustensiles de la vie de tous les jours ou les armes, hein)
Quant au fait que Robespierre et Saint-Just étaient d’extraction bourgeoise (sacré scoop), on a du mal à voir en quoi c’est un problème . Ils étaient même à la marge de la petite noblesse.. mais certainement pas issus de la "bourgeoisie d’affaires." Au passage, que pensez-vous qu’une bonne partie de la noblesse faisait à l’époque ? Des tournois en armures, au son des ménestrels et des troubadours, avant d’aller guerroyer contre les Anglois en mangent des poulardes ?
PS : il y de très bons ouvrages avec des points de vue différents qui analysent la Révolution. Faut pas hésiter à les lire. C’est passionnant et ça permet de dépasser les poncifs pêchés à droite et à gauche sur le net
Si l’Allemagne avait gagné la guerre, la question de savoir d’où provenait son"mystérieux" carburant aurait été légitime. Or, ils l’on perdue, et ce dès 43.en partie par manque de carburant
-Les réserves roumaines n’étaient pas vraiment limitées (ok, c’est relatif, si on compare aux pays du Golfe après-guerre, par exemple). La Roumanie était le sixième producteur mondial en 1940.
-L’essence synthétique couvrait environ un tiers de la consommation allemande.
-Ajoutons les énormes réserves françaises saisies en 1940, ainsi que celles plus réduites de la Belgique, des Pays-Bas, de Pologne etc,..ainsi que le pétrole livré par l’URSS avant juin 41. Et par les autres pays, en toute légalité, avant le blocus anglais.
Y avait de quoi tenir, disons, deux-trois ans, ce qu’ils ont fait. Et encore, en la jouant économique : entraînement minimum des pilotes de la Luftwaffe, énorme utilisation de la force hippomobile, loin de l’image traditionnelle de l’armée motorisée.
Bref,on a du mal à voir où réside le mystère du carburant allemand, sachant qu’ils en sont tombés à court assez vite.
"Oui, les livres d’histoire baratinent depuis toujours "
Encore une fois : lesquels ? J’ai une chiée d’ouvrages historiques sur la seconde guerre mondiale, aucun ne prétend que les USA ont "libéré" l’Europe tout seuls, avec leurs petits bras musclés. Ca a peut être été le cas à l’époque de la Guerre froide, à des fins de propagande, mais de l’eau a coulé sous les ponts de la recherche et du récit historiques depuis.