@shouitte à propos de démocraties et dictatures : Nos gouvernants déterminent-ils leurs actions extérieures sur la base du choix des citoyens, ou sur l’intérêt d’un bloc géopolitique ? Franchement, avez-vous l’impression que l’information qui nous est donnée est vraiment impartiale et transparente, ou plutôt qu’elle nous pousse à soutenir les choix des gouvernants ? ...comme dans le bloc d’en face.
Dans ce conflit, nos dirigeants ont-ils vraiment eu davantage de clairvoyance que Poutine ? Ils voulaient l’affaiblir et l’isoler sur la scène internationale, il s’est rapproché de la Chine (le rival le plus craint de l’occident) et c’est nous qui nous trouvons plus isolés qu’avant le conflit. Poutine s’était gouré sur la faculté de résistance de l’Ukraine, mais l’occident s’est gouré sur la détermination russe, sinon il n’aurait pas attiré l’Ukraine dans son giron, puis clamé il y a un an que les forces russes se déliteraient.
Je ne pense pas que ce conflit se mesure sur ce prisme de démocraties versus dictatures, mais géopolitique et nationaliste.
Vous écrivez ’’J’ose croire que du chaos engendré émerge une fraternité plus puissante’’, je suis beaucoup plus pessimiste. La politique de ’’coexistance pacifique’’ sur le continent tel qu’on la connaissait au tout début des années 2000 était préférable, mais les conflits engendrent des haines qui risquent d’être durables. D’où mon discours -assez isolé sur ce site— pour une recherche de compromis avant un clash destructeur.
@nono le simplet On se targue en effet de constituer le camp de la démocratie contre celui de la dictature. Eux considèrent qu’ils sont le camp de l’intérêt de leurs pays contre le suprémacisme occidental (ils ne prétendent pas constituer un bloc idéologique homogène, entre matérialistes post-communistes, islamistes politiques, pays décolonisés, souverainistes, etc.).
Nos actions hors de nos frontières sont elles vraiment la pure défense des droits de l’homme, le contrôle de l’accès aux ressources n’est elle pas en réalité l’objectif prédominant ? Rappelons-nous lorsque nous avions entrepris de coloniser sur d’autres continents, nous nous targuions d’apporter les bienfaits de la civilisation à des peuples qu’on disait arriérés, la lumière face à l’obscurité.
Par ailleurs, je parlais de réalités des forces en présence sur le terrain et de leur potentiel, c’est cela qui détermine l’issue d’un conflit. Le renard face à l’ours....
@shouitte Je ne pense pas qu’au stade actuel l’un ou l’autre des protagonistes soit en mesure d’une attaque décisive. Les ukrainiens visaient à couper le territoire occupé au sud en deux par une offensive vers la mer d’Azov, mais c’était tellement évident (tous les experts le mentionnaient il y a un an) que les Russes ont blindé les lignes de défense ; quelques kilomètres ont été pris, puis ça s’est enlisé. Sur le Dniepr quelques postes avancés (si tant est qu’ils soient pérennes) ne constituent pas une tête de pont pour établir un point de passage sur un fleuve aussi large. Adviika sera pour les Russes une victoire symbolique, mais dans une guerre de position c’est tout ce qui peut être visé.
L’enjeu est de savoir qui se retrouvera le premier en manque de combattants (ce n’est pas une guerre où les armes magiques intercontinentales sont prépondérantes), cela dépend du potentiel de réservistes, et les chiffres sont têtus, et les Russes sont en train de former plusieurs centaines de milliers de nouvelles recrues.
Le résultat d’un conflit n’est pas forcément une victoire totale ou une défaite totale. De toute façon dans ce conflit, chacun des deux blocs est en mesure d’éviter sa défaite totale en escaladant au delà du terrain actuel- mais ont pour l’instant convenu tacitement de ne pas le faire car cela se terminerait par de gros champignons-. Donc pas d’autre issue qu’un moins mauvais compromis possible, non ?
@pemile La Russie a certes un apport de fournitures de l’Iran et la la Corée du Nord, mais cela représente une part minoritaire de ses munitions et moindre encore en terme d’équipements. Par contre, on peut remarquer que la Chine se rapproche de plus en plus de la Russie, il est très possible qu’elle accentue son soutien au travers de pays tiers.
On pensait en février/mars 2022 que la Russie serait isolée dans le monde, au vu des premiers votes à l’ONU (je l’avais écrit à l’époque, je m’étais trompé). Rien de tel ne s’est produit, au contraire c’est l’occident qui est de plus en plus rejeté par le reste du monde. On n’avait pas vu venir ça, et cela s’aggrave avec le réveil du conflit israélo-palestinien. Poutine était un pote de Netanyahou, mais il joue ici la carte pro-arabe.
Chacun exprime ses convictions, les miennes sont basées non pas sur l’idéologie mais sur l’observation des réalités. La méthode Coué stimule peut être le moral des combattants, mais ne fait pas gagner une guerre, voire risque de rater l’occasion d’un compromis acceptable. Regardez le conflit israélo-palestinien, si les deux camps s’étaient entendus sur le partage, on n’en serait pas là, mais quand l’un veut, l’autre refuse, et parfois les deux refusent en même temps. Et un conflit enkysté fait des métastases sur le reste du monde.
@nono le simplet Vous affichez des postures de tribune (comme sur LCI, mais ils bémolisent désormais), je parle de réalités.
Croyez-vous que nous soyons dans le monde des anges face à des démons ? les faits sont plus complexes, et le rapport de forces entre en ligne de compte. Plus le conflit dure, plus le camp occidental se trouve isolé, et plus le risque d’escalade augmente. Par ailleurs le temps joue contre l’Ukraine qui a moins de profondeur stratégique territoriale, de production d’armes, et de potentiel de réservistes, et ce n’est pas vous qui irez vous enrôler pour combattre sur le terrain.
On a aidé l’Ukraine a ne pas s’effondrer, c’est bien ; mais laisser croire qu’il y ait une possibilité de reconquête totale des territoires occupés -majoritairement pro-russes- c’est pousser au désastre de victimes et de ruines, en perdant ici ce qui est gagné là. Un jour, il faut savoir prendre la mesure du possible.