Le libéralisme a surtout été une mode à l’époque où les puissances financières (enrichie par le commerce transatlantique des esclaves), lorgnant sur le pouvoir politique, voulaient faire lâcher prise aux pouvoirs politiques en Europe.
Maintenant que la puissance financière est maître des décisions politiques, le libéralisme n’a plus tellement d’intérêt pour elle. Le libéralisme paraît donc pour ce qu’il est vraiment, une théorie pas trop cohérente, à visée essentiellement subversive.
Il y a essentiellement deux manières de faire de l’abstraction : Soit on tire nos considérations abstraites à partir de phénomènes réels (réalisme). Soit on tire nos considérations abstraites à partit de principes idéels (idéalisme).
L’abstraction est une bonne chose quand elle consiste à opérer avec son intelligence sur des perceptions (comme quand le scientifique déduit de son expérimentation), mais elle est une mauvaise quand elle pousse à fausser ses perceptions pour complaire à son intelligence (comme quand le scientifique interprète ses résultats expérimentaux de manière à sauver sa théorie).
Tu prétends ne jamais faire d’abstraction ? Mais tout idée que tu as, toute parole que tu dis, est quelque chose tirée hors du réel, c’est-à-dire une abstraction... Donc tu mens (en fait tu imites surtout la rhétorique de Machiavel, ce qui prouve une absence de réflexion chez toi)
Maintenant, ce n’est pas parce que tu tires apparemment tes abstractions du réel que celles-ci sont nécessairement vraies. En effet, il est toujours possible de soigneusement sélectionner parmi les faits ceux qui arrangent tes idées préconçues, ce qui est particulièrement aisé en matière historique étant donné la quantité des faits à considérer : cela revient alors à manipuler ses perceptions afin de confirmer ses préjugés.
Cette soigneuse sélection des faits se retrouve dans les théories machiavéliques et marxistes, qui sont donc des théories manipulatoires, de fausses abstractions.
L’art politique, c’est l’art de régler la coexistence des populations. Pour cela il faut connaître les hommes et leurs sociétés non seulement d’un point de vue général, mais encore d’un point de vue particulier. En ce sens, il ne peut y avoir de théorie politique universelle, il y a toujours des considérations pratiques à prendre en compte : on ne peut pas se dire « j’ai la théorie parfaite, et maintenant je peux agir en fermant les yeux » ...
Ce qui complique encore un peu plus la chose, c’est que l’homme ne peut prendre conscience de son fonctionnement que par l’idée, et sur ce point, dans sa connaissance intérieure, l’homme ne peut plus se reposer précisément sur des phénomènes réels. Par conséquent, les abstractions concernant l’âme humaine ne peuvent dériver que d’idées, et il s’ensuit que la philosophie n’est qu’une abstraction idéelle de l’homme sur lui-même. Dans ce cas, l’on jugera de la pertinence d’une abstraction philosophique sur l’honnêteté, la sincérité du philosophe.
La raison du plus fort est toujours la meilleure :
Nous l’allons montrer tout à l’heure (1).
Un Agneau se désaltérait
Dans le courant d’une onde pure.
Un Loup survient à jeun, qui cherchait aventure,
Et que la faim en ces lieux attirait.
Qui te rend si hardi (2) de troubler mon breuvage ?
Dit cet animal plein de rage :
Tu seras châtié de ta témérité.
Sire, répond l’Agneau, que Votre Majesté
Ne se mette pas en colère ;
Mais plutôt qu’elle considère
Que je me vas (3) désaltérant
Dans le courant,
Plus de vingt pas au-dessous d’Elle ;
Et que par conséquent, en aucune façon,
Je ne puis troubler sa boisson.
Tu la troubles, reprit cette bête cruelle,
Et je sais que de moi tu médis l’an passé.
Comment l’aurais-je fait si (4) je n’étais pas né ?
Reprit l’Agneau ; je tette encor ma mère
Si ce n’est toi, c’est donc ton frère.
Je n’en ai point. C’est donc quelqu’un des tiens :
Car vous ne m’épargnez guère,
Vous, vos Bergers et vos Chiens.
On me l’a dit : il faut que je me venge."
Là-dessus, au fond des forêts
Le loup l’emporte et puis le mange,
Sans autre forme de procès.
Disons qu’une idéologie ne peut jamais être au pouvoir, ce sont toujours des hommes qui sont au pouvoir. Ces hommes au pouvoir s’appuient tantôt sur le libéralisme (démagogie pour bourgeois), tantôt sur le socialisme (démagogie pour prolos), au gré des circonstances, pour accroître leur pouvoir.
Pensez à la fable le loup et l’agneau : il ne sert à rien de philosopher sur les justifications des hommes au pouvoir actuellement. En effet, avec des justifications inverses en apparence, la direction prise reste constamment la même : la fusion de tous les Etats européens dans un vaste empire supranational, empire conçu comme un terrain de guerre économique entre les multinationales.
Cela montre bien que le pouvoir est détenu en réalité par les propriétaires des multinationales, et que les diverses idéologies ne sont pour eux que divers moyens d’arriver à une même fin.
On retrouve en effet le binôme libéralisme / socialisme dès la période révolutionnaire. Ce binôme dure déjà depuis plus de deux siècles, ce qui est extraordinaire pour deux idéologies qui chacune ont tour à tour échouée. S’agirait-il d’utiliser l’agitation populaire pour fédérer les petits détenteurs de capitaux au gros ?
C’est que ce binôme libéralisme/socialisme est la DIALECTIQUE politique du système (Les échos = Bernard Arnault, Libéraltion = Rotschild), dont le fruit est la soumission de toutes les nations aux puissances d’argent, qui détiennent le pouvoir politique réel depuis la révolution.