A vrai dire, s’il y avait une définition précise du jazz et des divers styles qui y sont rattachés, je pourrais être plus précis dans ce qui me déplaît dans le "jazz". A définition imprécise, critique imprécise.
Personnellement, mais je ne sais pas trop comment définir, si c’est du bebop ou pas, mais il y a souvent des jazz des harmonies qui m’horripilent. Donc il est vrai que cela m’a toujours repoussé du jazz (sauf sur l’étude des orchestres à ses origines à la Nouvelle-Orléans, dont la musique ne ressemble d’ailleurs pas à ce qu’on nomme "Jazz" actuellement)
Pour la musique tempérée : cela fait des siècles que la musique est tempérée (tempérament mésotonique,...etc). Le tempérament égal n’est pas si récent, et il a longuement coexisté avec les divers tempéraments mésotonique (250 ans). Mais il lui fut en général préféré les tempéraments inégaux, pour des raison de justesse, car le tempérament égal a des inconvénients en terme de justesse pour certains enchaînements.
La justesse est un problème physique, lié aux phénomènes acoustiques.Quand deux notes se superposent mal, cela fait un battement désagréable (et l’on "perd" le son).
Certes on peut compenser l’injustesse chronique du tempérament égal en masquant ces battements désagréables par le recours à un bon attirail percussif, où en multipliant les notes brèves, mais, personnellement, je n’appelle cela de la musique, mais de la purée, comme je n’appelle pas cela du bel ouvrage, mais de l’imposture... Du genre, on barbouille le tableau pour en masquer les imperfections... C’est si semblable à la peinture contemporaine.
Je vous avoue que les harmonies contemporaines commencent à me lasser, ça a été retourné dans tous les sens jusqu’au n’importe quoi dans une vaine recherche d’originalité. Je me penche aujourd’hui sur les harmonies passées : écoutez ceci 3 ou 4 fois, vous sentirez une expression totalement différente de ce qui existe (gamme pythagoricienne à priori).
"Un peu comme les débiles de jazzmen des années 60 qui disais que les brésiliens jouaient faux"
No comment
"Et la musique brésilienne vous trouvez ça bizarre aussi peut-être.... ça
doit être dur pour vous d’entendre des mélodies dont les notes de la
mélodie sont parfois des quartes augmentées ou des treizième."
En effet, depuis la Révolution française et le tempérament égal, la musique a perdu ses couleurs et est devenue fausse (Voir justesse des tierces, tempéraments inégaux). C’est incroyable qu’aux temps de l’informatique, où nous sommes enfin libérés des contraintes mécaniques, on en reste au tempérament égal (le clavier mal tempéré). Enfin, disons que c’est ça quand on base la musique sur des instruments à frettes...
Le morceau de weather report, pas du tout mon goût : manque de respiration et de couleurs, de variation. C’est de l’art abstrait, ça ne doit rien représenter de concret et ça y parvient...
Mais je comprends qu’à force de manger de la merde, on finisse par l’aimer.
@enkidou : En l’occurrence, ce morceau de baden powel n’est pas du Jazz... C’est pure guitare classique.
Mais, bon, c’est vrai que le Jazz, c’est un peu l’auberge espagnol. Si on excluait le bebop du Jazz et tout ses dérivés, je n’en n’aurais pas parlé en ces termes. J’apprécie relativement les styles New-orleans (Armstrong) ou Swing (Glenn Miller). Mais le bebop a "mangé" le vrai jazz, au point que la plupart des musiques dites Jazz aujourd’hui emprunte principalement au bebop.
Une citation (trouvée sur wikipedia) de Louis Armstong sur le bebop qui correspond bien à mon goût. Louis Armstrong
disait de cette musique : « Ce sont des accords bizarres qui ne veulent
rien dire. On ne retient pas les mélodies et on ne peut pas danser
dessus. ».(le vrai Jazz à l’origine est mélodieux et dansant. Exemple ici)...
Cette définition d’Armstrong est la définition-même de l’antithèse de la musique : pas de mélodie, des rythmes non dansants, bref un délire sans queue ni tête, abrutissant. C’est le jazz version bebop que je comparais à une pharmacie pour se mettre en état de confusion mentale. Armstrong n’aimait pas le Jazz version bebop.
Disons qu’en tant que compositeur de gastronomie musicale, j’aime bien laisser divaguer mes pensées à la perception des polyrythmie et polyphonies dans la musique, comme j’aime longuement gouter les infinies nuances d’un bon vin : la légère sensation d’une œuvre de qualité me suffit, je n’ai pas besoin d’avaler avec gloutonnerie du mac-do-coca à longueur de journée, car je sais que ce genre de met n’étant pas équilibré, il ne saurait me satisfaire, et me plongerait donc dans un délire addictif.
Entre sniffer de l’essence et humer le parfum subtil d’une fleur, je préfère le second. Indéniablement, la mauvaise musique abrutit les sens, la bonne les éveille.
Mais je vois que vous semblez un peu nerveux, un peu brute sur le coup. Manqueriez-vous d’entendre de la bonne musique parfois ?
Il paraît ici en effet pour un ex-conformiste qui fut déstabilisé par l’aspect révolutionnaire du capitalisme, y compris en musique et en devint nostalgique : il aurait souhaité que le temps s’arrêta.
Personnellement, je n’ai jamais été conformiste en la matière, je n’ai jamais compris la mode du hard-core car j’ai toujours aimé ce qui est beau. En fait, je goute peu le sentiment d’excitation, le seul sentiment que peut donner le rock. C’est pour cela que je présume que Soral est souvent si excité. Une bonne musique doit pouvoir exprimer toute la palette des sentiments.
Tout ce que cite Soral est pour moi de la mauvaise musique. Je suis plutôt musique classique / traditionnelle (Baroque - la danse baroque est d’une élégance folle) / certains reggae-rock steady / les beaux standards cubains et du cap vert (morna), le tango, c’est-à-dire que j’aime les compositions multi-instrumentales faites de bons rythmes, de belles mélodies, de beau sons, lesquels s’imbriquent à la perfection, où, écoute après écoute, on peut y retrouver à l’infini de nouvelles nuances.
Or le rock n’a souvent des rythmes stéréotypés et des mélodies très pauvres, en général à l’unisson. On écoute un morceau trois fois, et on le connaît déjà par cœur... C’est donc de la musique que l’on écoute plutôt par un phénomène d’habitude, similaire à la toxicomanie (on se reprend sa dose).
Donc on peut dire que Soral n’a pas de connaissance musicale. Son amour de la musique est plutôt le reflet de ses interactions sociales passées qu’il entretient par nostalgie (son coté conformiste de la culture post deuxième guerre mondiale frustré par 68, sans comprendre que 68 était le but des modes pré-68ardes). Il est un conformiste frustré.
D’ailleurs il ne donne pas une définition de ce qu’est la bonne musique.
Si je me permettais une analogie œnologique, je dirais que le rock, c’est de la piquette qui arrache la gueule, bon pour se le mettre à l’envers, que le jazz, c’est un mélange pharmacologique, bon pour se mettre en confusion intellectuelle, mais que la bonne musique, c’est un petit vin avec un bouquet très raffiné, qui exprime milles nuances, qu’il faut boire en accompagnement du met adéquat. Bref, le rock ou le jazz, c’est pour abrutir les sens. La bonne musique, c’est pour les éveiller.