Pour finir : Interdire à priori les avances au trésor par la crainte d’abus qui pourraient en découler, c’est comme interdire à priori les voitures, par craintes des accidents.
Mais c’est comme tout, il faut des gens qui sachent bien se conduire.
Et ça, ce n’est pas un problème de technique, ni de science, mais de morale.
Gaz, l’étalon-or est aboli en 1976, lors accords de Jamaïque.
Encore une fois, je ne veux pas entrer dans un discours de technicien, que je ne suis d’ailleurs pas. Mais, pour prendre une image, quand je joue aux échecs, je me laisse toujours le maximum de possibilités et de marges de manoeuvre, ce qui multiplie mes possibilités de mouvement pour faire face à une situation donnée.
Donc je ne peux m’empêcher de trouver étrange pour l’état de s’interdire à priori certaines possibilités, qui pourraient servir à faire face dans certains contextes.
Je ne dis pas d’utiliser cette possibilité à outrance (planche à billet), mais avec mesure et parcimonie, en fonction du contexte.
Hélas, ce débat est plombé par une sorte d’hystérie, comme si c’était aller nécessairement vers une situation à la Weimar que d’autoriser simplement la possibilité des avances au trésor. Avant 1973, cette possibilité existait pourtant et ce n’était l’apocalypse...
Simplement suggérer d’autoriser la possibilité des avances au trésor, fait opposer par certains que tout viendrait à passer par la Banque de France. Mais c’est faux et c’est donc une réaction outrancière. En attendant, tout continue de passer par les marchés.
Les avances au trésor par la banque de France sont un moyen parmi d’autres. Le gouvernement doit pouvoir composer sa politique économique à partir de tous les moyens disponibles, de manière à maximiser les avantages, tout en minimisant les inconvénients.
Evidemment, si on lui interdit des moyens par idéologie à priori, les possibilités sont réduites.
J’entends bien ton idée d’étalon d’or. Mais la France a-t-elle suffisamment d’or aujourd’hui ? Il s’agit de définir les priorités. Note aussi qu’autoriser l’avance au trésor n’empêche pas l’étalon-or et qu’ils ont d’ailleurs déjà fonctionné ensemble.
Note aussi que, pendant la première guerre mondiale et après la crise de 29, beaucoup de pays ont cessé la convertibilité. Donc tout ceci me semble très lié à la conjecture internationale.
Mais entend-moi bien, je ne dis pas que le pays doit se financer uniquement par la planche à billet.
L’Etat peut utiliser l’atout Banque de France, en parallèle d’emprunts. C’est en effet ce que font quotidiennement l’Angleterre ou le Japon, ce qui leur permet d’emprunter à taux réduits sur les marchés (à 1 ou 2%).
D’autre part, n’oublie pas que cet interdit , posé pour les siècles, a été signé par entre autre, Pompidou, conseillé par Balladur, et Giscard, personnalités dont la carrière s’est déroulé entre l’état et le secteur bancaire.
Je me demande donc si cet interdit correspond à une stratégie au service du Bien commun, ou à une stratégie au service d’intérêt particuliers.
Dans la conjoncture actuelle, où le marché presse, menace de hausser les taux, l’atout maître "Banque de France" serait bien utile...
Mais il y a unité entre ces gaspillages. Le coté démagogique du système, l’absence de capitaine à l’état, l’irresponsabilité généralisée à sa tête, ceci permet aux intérêts particuliers de se servir de l’Etat pour piller le Bien commun, pire, rogner les biens particuliers pour servir certaines clientèles.
Tant la loi 73-7 que les autres gaspillages sont des récompenses rendues aux clientèles électorales.
Moi aussi, mais c’est parce que le plus gros gaspillage de l’état, c’est de s’être obligé à payer des milliards et des milliards d’Euros d’intérêts aux rentiers des marchés financiers, quand il lui suffisait juste de créer l’argent dont il avait besoin pour se financer...
50 milliards de gaspillage par an, c’est de loin le premier gaspillage de tous, haut la main !