Alors mettons que je me sois mal exprimé (ça arrive, à l’heure de l’apéro :)
Gardons si vous y tenez l’économie comme signifiant, signifié, tout ce qu’il vous plaira et dont, certes, nous avons besoin. Mais chassons-le comme Sens.
D’ailleurs l’économie, c’est le calcul des besoins, comme vous le rappelez ; pas la mise en équation du désir ; laquelle est pourtant son orientation historique depuis le premier jour, comme le rappelle l’intervenant dans les autres volets de la vidéo ci-dessus.
L’économe du monastère est vieux comme le monde. Mais l’économie n’est qu’une invention (comme l’a magistralement montré Serge Latouche dans son pavé sur la genèse du concept) ; un greffon conceptuel pervers, devenu pathologie universelle.
@Qaspard Delanuit Je voulais dire que l’économie nous éloigne autant de la nature... que de la production. Que l’économie n’a rien à voir avec la satisfaction des besoins - et tout avec la création, par les faux monnayeurs... de fausse monnaie !
C’est le terme d’économie qui doit être répudié du social - après vigoureux châtiment conceptuel ! - Aristote lui-même, examinant l’activité productive de la Cité, qualifiait celle-ci de chrématistique (tentation de l’or pour l’or) : une approche naturaliste en somme, que reprendront les Pères de l’Eglise - et que les technocrates tarés inventeurs de l’économie/isme s’évertueront à évacuer du discours social.
Euh, cher Qaspard, il y a loin, ce me semble, de la biologie, fonctionnelle, à l’économie, discursive... La biologie est la "parole" muette (car esthétique... comme son Créateur) de la Nature ; tandis que l’économie est le discours, la prothèse, la cinquième patte artificielle de la Société par ses maitres amputée de ses ailes (il me semble que la finalité de l’économie est bel et bien la destruction de l’âme - ou son ombre - en nous ; l’extermination "rationnelle" de la transcendance par le bavardage consumériste).
L’économisme est une réalité, ça je le sais bien : c’est un discours infini parce que sensé (pour quelques uns), plaqué sur un discours fini, comme tout discours sensé... De sorte que l’économisme est pour ainsi dire un autisme devenu fanatique ; tâchant sans espoir - puisque sans conscience partageable - de s’arrimer au monde...
Opposer économie et démocratie, ce n’est pas manquer de clairvoyance, c’est témoigner du moins d’a priori possible : 1/ l’économie n’est qu’un discours, a contrario de la production (praxis) ; 2/ et le discours de quelques uns (idéologie ; psyché factice). La production étant par nature le fait égal de tous (bien qu’à des niveaux divers), la démocratie est le seul système social requérant la parole de chacun, dans la mesure exacte où elle s’oppose au discours économique - discours de quelques uns, en l’occurrence les professionnels de la spéculation (curetons hier, banquiers aujourd’hui).
Donc - et comme l’atteste son processus historique -, l’économie profitera toujours plus aux économistes et aux financiers, qu’aux travailleurs et à la conscience...
Moralité : la démocratie, c’est l’indétermination maximale appliquée à la satisfaction la plus équitable des besoins. C’est la participation maximale de la conscience individuelle à la matière collective - la contribution optimale du bien-être au bonheur.
La démocratie est la liberté vérifiée par sa propre postulation spirituelle. L’économie, l’esclavage vérifié par sa propre postulation matérialiste.