Il me semble que nous aurions grand avantage à renoncer à l’idée que nous discutons pour élaborer un prétendu >>système parfait<<. Je m’explique. Je crois qu’un BON système est un système émergeant, c’est-à-dire un système qui soit en mesure de s’adapter aux évolutions des conditions de l’environnement, principalement de l’environnement physique. L’environnement socioculturel, si nous parvenons à impliquer un plus grand nombre de gens à la question de la "gestion de la cité", dépend de nous : ce n’est pas une fatalité. Pour sortir des schémas de croyance, qui forme 99,xx % de nos schémas réactifs, nous pourrions intégrer à notre modèle social et politique le principe de la méthode scientifique, qui ne repose pas sur des croyances, mais des expériences : observations >hypothèse > expérimentations > vérifications > théorie. Cela éviterait bien des débats stériles et permettrait de sortir du piège que je tentais de décrir plus haut (Comment pourrions-nous parvenir à composer à partir de la réalité tangible des chaînes de causalité artificielles et fausses (des croyances), qui se substituent à notre perception du réel et à partir desquelles nous opérons imprudemment notre adaptation ?). Au lieu de débattre sur des opinions (croyances), nous pourions débattre sur des solutions à apporter en formulant 1. des observations (constats) ; 2. des hypothèses ; 3. des expériences pour valider / invalider les hypothèses ; 4. vérifier en pratique (tester sur le terrain) ; 5. former une théorie validée par les expériences et les vérification. Si déjà nous parvenions à cela, je crois bien que nous ferions un saut quantique dans notre façon d’envisager un BON système (et pas un >>système parfait<<), parce que ces principes peuvent s’adapter aisément aux évolutions et intégrer les changements dans l’environnement physique. Cordialement, Morpheus
Pour répondre à Monique (cf. vidéo de machiavel ci-dessus), il faut rappeler les différentes définitions que les démocrates grecs donnaient de l’égalité : - isègoria (égal droit de parole) - isonomie (égalité devant la loi) - isocratie (égalité de pouvoir) - isogonie (égalité de naissance) auxquels termes je me dois d’ajouter l’indispensable isoikonomos (égalité économique). Dans la proposition de système à deux statuts politiques (le civil passif et le citoyen actif), on pourrait déterminer quelles égalités auraient les uns et les autres ; par exemple : CIVIL : isoéconomie (selon moi, indispensable dans ts les cas) + isonomie (égalité devant la loi) CITOYEN : isoéconomie + isonomie + isègoria + isokratie Reste l’isogonie, qu’il faudrait mieux définir (s’agit-il du droit du sol ou d’autre chose ?) Il faudrait une chambre populaire tirée au sort (parmi les civils) pour veiller à ce que les citoyens n’abusent pas de leurs prérogatives à l’encontre des civils. Enfin, il y a de la matière à discussion. Ceci n’est qu’un point de départ, une ébauche. Morpheus
machiavel1983 a écrit : que pensez vous
de l’ égalité des volontés et du fait de séparer les gens en deux catégories :
les citoyens qui s’ intéressent à la chose politique et les autres ( que l’ on
pourrait appeler civils ) qui ne s’ y intéresse pas et préfèrent consommer de
la téléréalité , faire les magaeins et se distraire plutôt que de
participer à des débats enneuyeux sur la chose publique , l’ intérêt général et
audelà , du bien commun ?
Que pensez vous du fait de
donner aux premiers des droits ( de voter par exemple ) et des devoirs ( par
exemple participer à un certains nombre d’ assemblée , de s’ informer , de
donner de son temps privé ) et pas au second sauf s’ ils ont la volonté de
devenir citoyens ( c’ est à dire de faire leurs « devoirs » ) ?
Je trouve que c’est une idée à creuser. Elle peut avoir du sens. Le principal "problème" est que cela s’apparente (au premier abord) à l’idée que "chacun peut se porter candidat aux élections". D’où la nécessité de bien définir cette formule à statuts différents (le "civil" passif et le "citoyen" actif), et les critère pour devenir "citoyen".Je ferai notamment très attention à ce que le statu de citoyen ne soit pas professionnalisé, afin de favoriser une rotation des charges qui me parait être une hygiène indispensable dans toute forme de gouvernance.
@ machiavel Je suis en train de revoir cette vidéo que je n’avais vue qu’une fois, il y a déjà un moment. S’il s’agit de dire que nous devrions nous fédérer sur l’idée centrale de Chouard, je suis en tout point d’accord. S’il s’agit de la proposition faite au début de cette partie de la conférence, je peux parfaitement l’entendre. Mais il y a une chose que peu semblent comprendre dans le processus de la démocratie intégrale par tirage au sort, c’est que si le peuple reste souverain par le biais de sa participation au vote des lois, les probabilité qu’il soit appelé à siéger comme mandataire dans l’un ou l’autre poste reste faible, si bien que "tout le monde ne va pas être amené à FAIRE de la politique", mais tout le monde aura un INTÉRÊT (personnel) à se pencher sur les questions politique, avec en corollaire, si le peuple se trompe, de pouvoir revenir sur de mauvais choix (via l’initiative populaire). Autrement-dit, la majeure partie des gens aurons intérêt à s’intéresser (et je pense que, rendu responsable par leur voix ACTIVE, beaucoup s’y réinteresseront) aux affaires publiques, mais ils ne devront pas y consacrer TOUT leur temps. Plutôt que se passionner pour des luttes de pouvoir stériles et passionnelles (qui d’ailleurs dégoûte de plus en plus de gens des affaires publiques), ils pourront s’intéresser à des débat d’idées. Voilà, sans encore avoir tout revu de cette vidéo, ce que je peux déjà en dire. Cordialement, Morpheus
C’est juste, Eric, qu’étant exclu du système, je n’ai rien d’autre à faire. J’ai une empathie qui dépasse ma volonté qui fait que je n’arrive pas à ne pas me soucier de ce qui est injuste. j’ai une vision - toujours "contre ma volonté" (je ne sais d’où me viens cela) - de ce qui devrait être, de ce qui peut être, et je suis frappé par tout ce qui ne va pas. Je n’ai pas toujours été comme ça. Le facteur déterminant qui a affaiblit mon aliénation est sans doute le rejet (après prise de conscience) de celle-ci et l’exclusion sociale (au niveau institutionnel) qui en a résulté. Quand on a du temps, on peut le consacrer à essayer de comprendre pourquoi le système est ce qu’il est. On a le recul, une vision d’ensemble, d’autant plus qu’on se remet soi-même en question, ainsi que les croyances sur lesquelle notre vie reposait. Mon avantage : n’ayant pas de contrainte qui m’enchaîne à une situation aliénante (pas de femme, pas d’enfant, pas de dettes, pas de biens). Je sais que ce n’est pas le cas de la plupart. Si je peux consacrer mon temps à faire ce que ceux et celles qui n’en ont pas l’opportunité, alors je considère que c’est ce que j’ai de mieux à faire. Cordialement, Morpheus