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L’Allemagne n’est pas l’ennemi. L’Allemagne joue ultra-perso en Europe et comme elle a la même monnaie que nous, on est un peu concerné.
Les références à l’Allemagne nazie ne sont pas forcément absurdes. Il ne s’agit pas de dire que Merkel est une nazie mais de souligner les similitudes réelles entre la situation actuelle et la situation des années trente. Or un des intérêts de l’histoire c’est que ce qui s’est déjà produit a plus de chances de se reproduire que ce qui ne s’est jamais produit. En l’occurrence que l’Allemagne devienne mégalo et autoritaire quand elle se trouve en position de force. C’était le cas lors des deux guerres mondiales quand même...
C’est surtout une sorte de vanne sur le caractère de Hollande. En fait, il fait le pari que le PS au pouvoir va être contraint par la force des choses d’adopter une politique plus agressive vis-à-vis du monde de l’argent. Il n’a jamais été question qu’Hollande devienne révolutionnaire par un coup de baguette magique au lendemain des élections, il résonne sur un temps plus long. Il faut s’appeler Soral pour dire dés septembre "regardez Todd dit que de la merde, c’est moi qui avait raison comme d’hab".
Dans son scénario la pression populaire dans les années à venir sera telle qu’elle inversera le rapport de force et les politiques soufflent généralement dans le sens du vent.
Il y a peut-être une part de méthode Couet dans ce pari. Personnellement j’aimerais qu’il ait raison mais je reste bien sceptique. Ceci dit il s’est rarement beaucoup planté par le passé donc avant de se foutre de sa gueule, laissons les faits en juger et faisons notre part. Avant la fin du mandat d’Hollande nous aurons notre réponse.
@ ceux qui vivent à Soweto
La cohérence entre Rabhi et San Giorgio, c’est que tous les deux parlent d’autonomie. Sauf que dans un cas tu as une cave bien remplie, un fusil d’assaut et tu te méfies de tout le monde tandis que dans l’autre tu vis au sein d’une communauté auto suffisante solidaire et amicale. Et des deux n’est pas le plus crédible celui que l’on croit, les projets de Rabhi et consorts sont plus avancés concrètement que ceux de San Giorgio qui n’a toujours pas réalisé sa BAD perso alors qu’il ne manque pas d’argent. Comme quoi au passage, on est moins efficace tout seul.
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J’ai l’impression qu’on ne vit pas le même monde. A en lire certains j’ai l’impression qu’ils se font mettre un flingue sous la tempe tous les 3 jours et qu’ils zigzaguent entre les balles perdues quand ils sortent de chez eux !
Le Mexique c’est vraiment le dawa et l’idée c’est d’essayer de faire en sorte que ça ne soit pas pareil ici. On en est encore très loin et à moins d’être vraiment collectivement débiles on doit pouvoir y arriver. L’exemple de Cheran est instructif mais nous sommes à des années lumières de cette situation. Quelque part, ce que ces villageois ont fait et qui est tout à leur honneur, nous n’avons pas à le faire grâce au travail de nos pères et des pères de nos pères qui ont fait de la France un État de droit malgré ses immenses imperfections.
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On est d’accord sur l’idée que le système actuel ne mène nulle part et on est conscient que ça doit bouger, que ça va bouger, dans les années à venir. Ok, qu’est-ce qu’on veut ? Dans la phrase que je citais il y a deux parties : il ne faut pas se laisser aveugler par son idéal et il ne faut pas non plus le perdre de vue.
Première étape donc essayer de voir et de comprendre la réalité. Pour faire vite la réalité c’est qu’il y a toute une série de problèmes économiques, écologiques, géopolitiques, culturels, spirituels, savamment corrélés auxquels le monde occidental ne peut trouver de solution qu’à travers un changement de paradigme. A l’intérieur de ce tableau il y a, y compris en France bien sûr, les hommes avec leur part de vice et de violence.
En revanche, dans notre pays, la guerre civile ethnique, confessionnelle ou même la guerre civile tout court, ça n’est pas la réalité. Les fantasmes et les peurs peuvent voiler la réalité tout autant que la quête utopiste ! Le chaos social et les pillards sans foi ni loi n’existent jusqu’à preuve du contraire que dans des récits prophétiques ou bien gardés à l’intérieur de cerveaux psychotiques.
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Deuxième étape, ne pas perdre son idéal. Parce que c’est lui qui doit nous indiquer la direction. Sinon nous sommes condamnés à errer. Hugo a écrit "l’utopie d’aujourd’hui c’est la réalité de demain". Je crois que c’est vrai. Les hommes occidentaux ont rêvé de se noyer dans le confort et de crouler sous les biens matériels dans des métropoles verticales parcourues de véhicules motorisés, c’est chose faite ou presque, maintenant où souhaitons nous aller ?
Bien sûr un individu seul n’a qu’une influence infinitésimale sur la direction générale qui sera prise mais quand il a le choix, l’exercice de ce libre arbitre c’est sa grandeur et sa responsabilité. Opter pour les armes c’est se préparer à l’homicide, choisir la non violence c’est une autre option, les deux sont antagonistes. Les actions qui découlent de ces choix transforment le monde à notre échelle et nous pouvons difficilement faire plus. Par la suite si contagion il y a, elle passera plus par l’exemple que par l’argumentation, qu’il s’agisse de se préparer à la guerre sociale ou de s’investir dans des projets solidaires.
machiavel
Les deux visions sont fondamentalement différentes. La BAD n’est pas un projet pour l’ensemble de la société et si on posait la question des armes à Pierre Rabhi nous savons tous quelle serait sa réponse. T’es à la limite de la mauvaise foi non ?
Ta citation du prince (tu l’aimes bien celle là) m’en rappelle une autre de De Gaulle. Ça doit être dans les mémoires de guerre, il parle d’un mec qui le rejoint à Londres, qui s’imagine que les anglais sont à 100% avec eux et qui réalise que ces derniers essayent de profiter de l’occasion pour rafler le Levant à la France qui est à terre. Il dit alors un truc du genre "il est aussi difficile de voir la réalité quand on a une utopie que de garder un idéal quand on connait la réalité".
On en est un peu là. Il faut essayer de voir les choses en face mais il ne faut pas perdre de vue son utopie. Je pense qu’on peut dévier suffisamment pour éviter un chaos irrémédiable et ce qui doit guider notre action c’est cette utopie qui est comme un phare dans la tempête. Commencer à s’armer et se projeter dans la guerre civile c’est accepter les ténèbres. Non seulement je n’en ai pas envie mais en plus je crois que ça ne mène à rien. Il y a mieux à faire.
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Cassia,
Content de voir qu’on est d’accord et si on est d’accord là dessus on est d’accord sur l’essentiel.
Tout son truc repose sur l’hypothèse qu’à un moment "ça va péter". Or sur ce point je crois que c’est Jancovici qui a raison lorsqu’il dit "le mur n’existe pas, on ne va pas se prendre un mur mais s’enfoncer petit à petit dans une zone de plus en plus marécageuse".
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Je crois qu’une de ses principales hypothèses de départ est fausse mais sa conclusion est partiellement juste. Aller vers l’auto-suffisance est effectivement un objectif, d’ailleurs partagé par beaucoup de gens censés. Le problème c’est l’échelle à laquelle on envisage cette auto-suffisance.
Personnellement je l’envisage plus à la manière d’un Pierre Rabhi que d’un Piero San Giorgio. Le premier fédère et s’appuie sur des valeurs positives (audace, espoir, croyance en nos capacités de changement et d’entrainement) tandis que l’autre s’appuie essentiellement sur la peur du chaos et du manque. Pierre Rabhi propose un projet qui n’a de sens que s’il est collectif, Piero San Giorgio propose un projet individualiste. Pour moi il n’y a pas photo.
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Il y a moyen de sortir de la situation historique dans laquelle se trouve l’occident par le haut. Relocaliser la production (particulièrement la production vivrière) est une priorité mais acheter des flingues et construire des bunkers, c’est envisager et par conséquent construire un avenir pire que le monde actuel.
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