Je m’excuse pour mon style qui doit être assez pénible à lire, mais je trouve vos arguments tout aussi inconsistants que les miens.
Oui, c’est bien la justice qui peut nous prémunir de la barbarie. Mais pendant que le pourcentage de divorces devraient relativiser l’intérêt du mariage, d’autres voient dans cet acquis, une modernité. Cet exemple du mariage est riche d’enseignement. Par exemple, les femmes qui ont un emploi sont celles qui divorcent le plus facilement. Ce que je veux vous dire, c’est que vous avez l’air d’ignorer, en cherchant à rendre les choses plus complexes qu’elles ne le sont, que notre société toute entière, jusqu’aux rapports conjugaux, est basée sur la soumission.
Mon but est bien plus simple que le votre. Je veux casser la soumission par 2 droits universels réellement appliqués : le droit à un logement décent et le droit à une nourriture décente (gratuité). Vous verrez qu’en donnant ces 2 droits à tout le monde (inactifs compris), la société n’aurait strictement rien à voir. Même si on garde les inégalités pour toutes les autres activités. Et si chacun a le droit de mettre la main à la pâte, pour aider à cultiver ou bricoler à droite à gauche (travail bénévole accessible à tous et largement accepté), il n’y a pas vraiment d’inquiétude à se faire pour la faisabilité d’un tel projet.
Vous pouvez juger que les "consommateurs" que nous sommes ne seraient pas intéressés (pas d’achats intempestifs possibles). Je vous répondrai que c’est peut-être une solution radicale pour supprimer totalement des hordes de consommateurs. Dans sa vie de tous les jours, vide d’espoir ou pleine d’inquiétudes, le consommateur trouve refuge dans le matérialisme. Acheter un objet inutile, toujours plus accessible qu’un logement ou que la certitude que ses gamins pourront s’en sortir dans une société aussi dure, sa récompense, son Noël, lui permettra un peu d’oublier sa misère ou sa peur du lendemain (drogue).
En gros, il serait temps de supprimer l’esclavage une fois pour toute. Après, on verra.
Vous raisonnez comme s’il y avait égalité des chances.
Je prends un exemple qui n’est pas le mien mais que j’ai vu dans mon entourage : quand à 18 ans, on se fait foutre à la porte par ses propres parents (plus d’alloc), vous la créez comment votre entreprise alors que vous n’avez ni logement, ni revenu ?
Vous allez me dire que je prends des cas sociaux, seulement, c’est cette société de l’élitisme forcené qui les crée : s’il y a des élus, cela veut dire d’une façon évidente qu’il y a des perdants (et en beaucoup plus grand nombre si l’on estime que les élus doivent être grassement récompensés par leur "mérite"). Vous êtes comme le joueur de loto qui ne voit que la possibilité de gagner. Essayez d’enlever vos oeillères.
Je ne suis ni chômeur ni fonctionnaire, mais il est absolument évident pour tout le monde qu’Erwanet est soit un parasite, soit un gros larbin.
Je propose à Erwanet de faire un boulot de merde pour moins que le SMIC (avec un loyer à payer et 2h de transports en commun par jour) afin de montrer l’exemple aux smicards bien trop payés. Et une fois qu’il aura vécu ça pendant 30 ans, il reviendra nous faire la morale.
Je persiste et signe, seul dieu (s’il existe, je suis athée) peut déterminer qui a plus de mérites qu’un autre. Car avant de juger les autres, il faut avoir porter ses pantoufles. La justice ne juge qu’une situation donnée, elle ne peut pas intégrer tous les antécédents.
Disons qu’un enfant sous-alimenté dans sa jeunesse et qui fait un bon boulanger, ou dont on a abusé sexuellement et qui ne commet aucun acte immoral une fois adulte, ces 2 enfants-là ont a mes yeux plus de mérite qu’un chercheur au CNRS qui n’a jamais connu de difficultés sérieuses.
Voilà pourquoi l’égalité ne peut pas être négociée. Car le monde n’est pas parfait, et les enfants ne vivent malheureusement pas ce qu’on pourrait leur souhaiter.
Après on peut réfléchir de façon utopique (monde parfait), et la société (élitiste) que l’on obtiendrait ressemblerait étrangement à la notre.
Et je crois que c’est vous qui êtes entêté de croire que les talents ne pourraient pas s’exprimer dans un système égalitaire. J’assume les différences naturelles, mais ce n’est pas être individualiste. Exploitons ces différences, mais pour moi, un individu est toujours insignifiant dans une société (la mort de n’importe quel génie de façon prématurée n’aurait jamais changé la face du monde : il y aurait simplement un autre nom (ou plusieurs) à sa place dans le dictionnaire, avec un petit décalage temporel qui n’a aucune espèce d’importance avec le recul). Le temps est un critère largement surestimé dans notre société court-termiste.
Je pense aussi qu’il est plus motivant d’aller travailler sachant que chacun a en retour l’essentiel pour vivre décemment. Cet objectif doit être prioritaire dans une société qui se veut civilisée (ce que la notre n’est pas). Ma réflexion est donc une première approche pour passer à une société civilisée. C’est seulement une fois ce cap atteint et stabilisé que d’autres réflexions pourraient avoir un intérêt. Réfléchir à une justice dans une société barbare, c’est se mentir à soi-même.
La plupart des gens assez bien placés jugent souvent la plèbe avec mépris, considérant qu’elle n’a aucun talent. Seulement quand on doit chercher à joindre les 2 bouts pour payer sa nourriture et son loyer, on n’a pas ni le temps, ni la place, ni l’argent pour l’art ou la philosophie... Il n’y a jamais d’élite, il n’y a que des injustices.