la démocratie bride les capacités les plus manifestes, donc toute verticalité
D’où tirez-vous donc ça ? Voilà ce que je crois, s’il y a des talents dans certains domaines, des gens très doués, et d’une, ils ne le sont que dans un nombre de domaines limités, et de deux, si la nature les a déjà gâtés par rapport aux gens médiocres, pourquoi la société devrait en rajouter une couche pour augmenter les inégalités naturelles ? Ne sont-ils pas plus épanouis d’avoir plus de facilités ?
Personnellement, je suis ingénieur, je serais capable de travailler bénévolement si la société s’orientait vers une gratuité progressive (gratuité du logement, de la nourriture, puis petit à petit, on engloberait de plus en plus de choses). Quel est l’intérêt de vouloir plus que les autres si on est réellement plus malin ? Justement, un bon gestionnaire devrait prouver qu’avec moins, il est capable de faire "mieux".
Donc pour moi, l’"égalité" serait bien plus motivante. Je suis sûrement une exception, mais je crois que les gens ne se rendent pas bien compte à quel point la gestion des inégalités est coûteuse (insécurité, crises récurrentes, soumission du plus grand nombre), sans parler du peu de mérite dès qu’on gratte un peu (d’ailleurs seul dieu, s’il existe, est capable de juger qui mériterait mieux). Quand j’entends dire que l’égalité, c’est le totalitarisme, alors je sais qu’on touche le fond : le totalitarisme, c’est plutôt l’obligation de "gagner" sa vie.
Car n’oublions pas, le système pyramidal (les inégalités), c’est un élu pour une masse importante de gens qui ne feront qu’espérer toute leur vie. Comment peut-on vouloir d’une société-loto ou mathématiquement, le plus grand nombre se fera avoir ? S’il faut ça pour motiver les gens, alors la société est parfaite, ne touchons à rien. Mais dans cette société, ma motivation est nulle : je ne travaille plus et l’argent ne m’achètera plus jamais.
Vous parlez du gâchis d’un système horizontal, mais vous sous-estimez complètement le gâchis monumental que l’on fait aujourd’hui. Les ingénieurs ne font plus de technique mais du chiffre, du commerce (obsolescence programmée, etc...). Un système égalitaire ne pourrait pas faire travailler les gens pour du profit, et là on gagne immédiatement sur tous les tableaux (recherche fondamentale, vraie technique durable, plus de distractions, d’arts, etc... : l’homme se libèrerait complètement du travail et de l’obligation de consommer toujours plus pour juste survivre et détruire la planète). Par exemple, si la voiture fait travailler énormément de monde, ce n’est pas un bien (PIB, croissance, et autres foutaises), mais c’est une perte de temps gigantesque : de l’énergie humaine broyée pour une inefficacité flagrante dont il ne restera rien pour les générations futures.
Il ne faut pas mélanger democratie et liberté. On est parfaitement d’accord que la démocratie est la dictature du plus grand nombre. Il faut l’utiliser le moins possible. Partout où l’on peut laisser la liberté s’exprimer, alors il ne faut pas l’entraver. La démocratie ne doit pas servir à prendre des décisions sur tout et n’importe quoi (ce que notre système élitiste fait pourtant).
Cependant, la vie en société créé fatalement des interactions entre les individus et entre groupes d’individus. Quand certaines actions sont nuisibles à d’autres, on ne fait pas mieux que la démocratie pour entraver le moins possible la liberté : si ceux qui nuisent sont peu nombreux par rapport à ceux qui subissent ces nuisances, alors la démocratie interdira une action à la minorité. Mais elle permettra à la majorité de rester libre de vivre sans ces nuisances.
Après, pour ce qui est de l’intérêt général, je me moque pas mal qu’un peuple prenne de lui-même de décisions qui s’avéreront plus que moyennes pour son avenir. Car dans tous les cas, le peuple assumera lui-même ses propres décisions : ce qui ne sera jamais le cas dans un système élitiste, ou les décideurs feront encore appel à la collectivité pour réparer leurs erreurs monumentales (par rapport à leur petitesse). Mais il est clair que la démocratie suppose un minimum d’éducation de la part des citoyens ainsi qu’une information accessible et non biaisée.
Mais vous vous trompez quand même sur la société actuelle : c’est l’aboutissement de l’élitisme le plus parfait. La tête de la pyramide devient toujours décadente avec le temps, mais comme la culture de l’élitisme est ancrée dans tous les esprits (école, travail, sports, arts, ...), on ne fait que changer la tête quand la décadence devient insupportable, ce qui ne change absolument rien sur le long terme.
Pour la définition de l’état, si l’on prend la démocratie au sérieux, comme il n’y aurait personne à sa tête, il ne représenterait qu’un ensemble des décisions collectives accumulées. Car fatalement, quand des décisions qui touchent la collectivité sont prises, elles nécéssitent des moyens (humains ou autres) pour les faire appliquer.
Quand même, Eric Guéguen fait, comme tous les aristocrates, une confusion très importante. La prise de décision touchant un collectif et la compétence qui amène à prendre des décisions dans son travail.
Clairement, les décisions qui touchent un collectif ne doivent jamais être prises par des représentants, aussi compétents qu’ils puissent être. Car après, il faudra contrôler ces représentants, puis contrôler les contrôleurs, etc...(et on obtiendra toujours de la corruption quelque part) : la concentration du pouvoir (la non-démocratie) ne pourra jamais servir l’intérêt général.
Une fois les décisions prises par la majorité, alors les personnes travaillent à la réalisation de ces décisions selon leurs compétences.
Exemple trivial : les centrales nucléaires. On ne va pas demander au peuple de contruire la centrale (c’est aux ingénieurs de faire les plans, etc...) mais c’est au peuple (qui peut en subir les nuisances), informé de façon impartiale (il y a des dechets ultimes, un risque de catastrophe non chiffrable statistiquement), de décider si on doit la contruire.
Très franchement, l’élitisme mène à la société que l’on a aujourd’hui. Il faut arrêter avec cette culture.
Avec l’austérité, tous les économistes un peu sérieux savent que le ratio dette sur PIB va exploser. La déflation diminuant le PIB, les efforts consentis se révèlent systématiquement insuffisants.
Je n’invente rien, c’est le scénario de la Grèce, et c’est celui qui est choisi par nos traitres depuis toujours, les politiques.
les idéologie qui veulent changer tous les hommes dans leur essences ca ne marche généralement pas.
Ca ne veut rien dire. Quand on laisse son gamin devant la pub dès le plus jeune, qu’on l’amène faire les courses, que la compétition est ancrée dans le système scolaire, ... Peut-on vraiment parler de l’essence de l’homme ? Non, le système est fabriqué.
L’homme, comme n’importe quel mammifère, est d’abord un animal doué d’une prodigieuse faculté d’adaptation. Après, chacun ses convictions. Je ne nourris aucun espoir dans un changement global. Je cherche juste à être en accord avec mes idées, à être cohérent le plus possible. C’est ma façon de me sentir parfaitement bien, sans remords, sans regrets dans un monde qui m’est, d’une certaine manière, parfaitement étranger.