Dans un monde libre, il n’y a ni haut ni bas. Chacun a les mêmes droits. Une certaine égalité est absolument nécessaire à l’exercice de la liberté du plus grand nombre.
Si il y a un haut (une "élite") et un bas, c’est qu’on est dans un système pyramidal où la base est soumise à la tête. Et comme la base est toujours plus grosse que la tête, ce système est une soumission pour le plus grand nombre.
Le libéralisme libertaire est largement entretenue par la tête (cela rejoint les idées de Michel Clouscard) : en gros, pour mieux plumer la base, on l’incite à se débaucher complètement pour accepter sa condition et sa position. Cela n’a rien à voir avec la liberté. La liberté c’est avant tout un mélange d’autonomie (la société cherche justement, par nos spécialisations toujours plus pointues, à nous rendre totalement dépendant, là où la nature nous a conçu parfaitement autonome) et de responsabilité (le système pyramidal déresponsabilise aussi bien la tête, incapable d’assumer ses prises de décision qui la dépassent complètement, que la base qui ne se sent pas concernée par ses propres actes imposés par la tête).
Le libéralisme s’assure d’abord de mettre un très grand nombre de personne en situation précaire. Une fois la précarité établie (et la peur installée), alors on décrète que les gens sont libres. Libres de disposer de leur corps, etc ... Ce libéralisme se nourrit de la soumission du plus grand nombre.
Franchement, avec les gains de productivité d’aujourd’hui, nous devrions faire rentrer la nourriture de base et le logement décent dans la sphère de la gratuité. Une fois cette gratuité établie, alors oui, on autorise la prostitution : que chacun soit libre de faire ce qu’il veut (même avec son corps) mais seulement dans la mesure où ses besoins vitaux sont assurés. Quant aux monétaristes qui trouvent cela impossible, il y a déjà assez de logements pour ça en France, je ne parle même pas de la nourriture. Mais il est clair que si la soumission par des contraintes fortes disparaissait, alors ça en serait fini pour la quasi-totalité des emplois minables que la société propose.
Personnellement, même mon métier d’ingénieur me paraissait totalement immoral (par exemple installer des nouveaux produits informatiques, changement de version imposé par le soit-disant progrès, en fait, pour faire du chiffre uniquement). Alors quand je n’ai plus eu besoin de travailler pour manger et me loger, j’ai arrêté. Mais dans la vision libérale, si ça génère du pognon, c’est que c’est utile...
Il y a donc bien une alternative à l’austérité : l’annexion pure et simple des paradis fiscaux !
A non, je suis bête, l’exemple de la Suisse intouchable me revient : ceux qui décident des guerres ne la font jamais là où ils déposent leur argent. Sinon la guerre pourrait ne pas être profitable pour eux, quel scandale !
Nos hommes politiques sont tous prêts à ça, même si leur discours pour se faire élire dit le contraire. Ils attendent juste que la crise soit plus profonde pour que le peuple accepte enfin cette extrémité-là. D’ailleurs, plus la dette gonfle, plus le privé aura à acheter : et même, ce qui serait intéressant pour eux, c’est qu’il reste de la dette après avoir tout vendu.
Entre nous, comment peut-on justifier les déficits de l’état avec l’emprunt franc or de VGE (juste après la loi Rothschild-Pompidou de 1973), à une époque où le chômage était nul et les caisses de retraite excédentaire ? Simplement parce qu’ils avaient déjà planifié la mort de l’état.
Le système électif n’est pas démocratique. Soit nos représentants doivent être tirés au sort (démocratie représentative) soit on se passe de réprésentants (démocratie directe par internet). Dans le cas de l’élection, ceux qui se présentent à nous (aucun choix réel) gagnent bien plus à vendre la France qu’à travailler pour l’intérêt général. L’intérêt général, on ne l’obtient jamais avec un système pyramidal.
Oui, il faut avoir l’honnêteté de le dire, le peuple, en majorité, n’est pas du tout mûr pour la démocratie. Si on parle de tirage au sort, beaucoup ont peur de leur propre incompétence. La majorité veut des chefs et ne comprend pas qu’un chef dirige avant tout la masse pour son propre profit.
Les oligarques en tout genre, banquiers ou marchands de canon, ceux qui décident réellement quand nous allons nous entretuer, ils sont simplement très humains. Oui, de leurs décisions, des millions de gens vont mourir de faim, mais ils font cela pour leur situation personnelle, pour assurer une place au soleil à leur descendance. Ils font partie du peuple, qu’on le veuille ou non.
Donc pour mettre en place un système réellement civilisé, il faut des gens doués d’empathie, de compassion, des gens qui ont conscience qu’il n’y a pas que leurs proches dans ce monde, et que voler les autres pour mieux protéger les siens n’est pas une attitude très courageuse (culture même du système pyramidal). Mais on parle dans le vide, on ne change pas une masse d’humains qui ne rêvent que de consommer. Tous ceux qui sont exploités ne rêvent que du mode de vie américain (tel qu’on le voit au cinéma, évidemment), et il faut avoir vu autour de soi des consommateurs compulsifs pour savoir que ça ne rend ni heureux, ni intelligent. Mais la drogue est trop dure et il est bien plus facile d’y céder que de se voir marginaliser.