Merci à Éric Sadin de prendre ici la relève de Jacques Ellul (qui
nous prévenait, il y a plus de quarante ans, de ce qui allait nous arriver si
l’on abandonnait le pouvoir à la technique) et de François Brune (qui nous
invitait, en 2005, à ne pas avaler sans réfléchir la notion de
"retard" dans son livre "De l’idéologie aujourd’hui", entre
autres).
En fait le vrai problème, ici, est dans la posture des opposants à
Éric Sadin, qui tiennent absolument à nier le réel pour ne pas apparaître
réactionnaires et fatalistes.
Mais il est nécessaire d’aller plus loin : tous les problèmes graves de l’humanité, au stade où elle est
parvenue aujourd’hui, viennent de l’acceptation mondialisée de
"l’économisme" comme philosophie définissant le sens et l’objectif de
toute vie humaine : réussir
économiquement. Les affairistes américains ne sont pas les seuls responsables de ce désastre, et il n’est nullement fatal qu’on en reste là.
A propos de l’Algérie et des "vagues
sur lesquelles je suis censé naviguer".
Il faut lire absolument, dans le livre de Birnbaum
que j’ai déjà cité (*) les pages sur les déceptions des "pieds
rouges", ces militants de gauche qui se sont mis au service de l’Algérie
devenue indépendante. C’est bien là qu’il est question de ceux qui, comme vous
dites, "ne veulent rien
entendre".
Dans le cas de Mélenchon, le militant de
"la vraie Gauche qui ne se taira pas", c’est bien pire encore. Il est
le parfait représentant de ceux qui, sachant
le caractère incompatible de l’islam et des valeurs qu’ils sont censés
défendre, maintiendront leur attitude irresponsable de complicité avec ceux qui
islamisent la France, simplement par orgueil et vanité.
(*) au Seuil en janvier 2016 : Un silence
religieux. La Gauche face au djihadisme
Mais, hase, les religieux font de la politique (comme tout le monde) et les politiciens interviennent en manière religieuse (fut-ce par le mépris comme fait Mélenchon). Il n’y a pas "d’habitat séparé" pour les uns et pour les autres.