| Rédaction | Depuis | Articles publiés | Commentaires postés | Commentaires reçus |
|---|---|---|---|---|
| L'inscription | 0 | 972 | 0 | |
| 1 mois | 0 | 0 | 0 | |
| 5 jours | 0 | 0 | 0 |
"Vous pensez donc que l’économie détermine le lien social ? Soit …si c’est le cas...",
Ce n’est pas le cas.
"...pourquoi pensez vous que le friottisme amènerait à une société plus confetti qu’elle ne l’est actuellement ?"
Parce que tout ce point de la discussion repose sur une observation que j’ai émise il y a quelque jour, à propos du "vrai communisme" de la Goldman et que j’ai étendue au friottisme. Je me cite puisque vous m’y obligez :
"...il apparaît admirablement conçu pour un moyen âge post-industriel où vivront, côte à côte, une mosaïque de communautés pratiquement autarciques, où ceux qui auront trop de patates, les échangeront avec ceux qui auront trop de blé, ceux qui auront trop de friteuses, les échangeront avec ceux qui auront trop de mixeurs plongeants, etc., etc., etc."
"Cher monsieur vous sous estimez la bêtise de vos contemporains. Les gens croient vraiment que nos sociétés sont égalitaires ou alors qu’elles sont en voie de le devenir …""
Nos contemporains ne sont pas stupides. Ils sont simplement râleurs et fanfarons - comme beaucoup de contributeurs d’AgoraVox, vous l’aurez remarqué -, tout en n’ayant nulle intention de mettre leurs actes, même électoraux, en adéquation avec leurs « râleries ».
Les croire bêtes, c’est prendre leurs vitupérations au sérieux, alors qu’elles ne sont que socialement indispensables : il ne doit pas y avoir pas de compagnon plus chiant que celui qui n’a rien à reprocher à personne ni à quoi que ce soit.
En outre, la conséquence est une notion qui leur est étrangère, mais tous les peuples sont ainsi, je crois. Il est, au passage, amusant de constater lors d’une présidentielle comme celle de 2012, qu’ils votent à 56,25 % à droite au premier tour, et à 51,64 % à gauche au deuxième tour.¨
"Ça c’est la vie. C’est ainsi depuis des millénaires les hommes recherchent en permanence des systèmes moins mauvais..."
Ca, je ne le crois pas du tout. C’est une des particularités détestables de notre temps déphasé, et de notre civilisation déboussolée, que de sans cesse prétendre à du changement, de surcroît instantané. C’est d’ailleurs un des éléments qui rend actuellement la gouvernabilité intenable.
"Ici les unités de productions seront autonomes donc pas de planification à l’échelle globale. La concurrence ne sera pas abolie en tous cas c’est ainsi que je comprends le projet …"
Moi, je le comprends comme la mise en oeuvre du "vrai communisme" tel que le voyait Emma Goldman, et que je résumais ainsi, il y a peu : « … il apparaît admirablement conçu pour un moyen âge post-industriel où vivront, côte à côte, une mosaïque de communautés pratiquement autarciques, où ceux qui auront trop de patates, les échangeront avec ceux qui auront trop de blé, ceux qui auront trop de friteuses, les échangeront avec ceux qui auront trop de mixeurs plongeants, et ceux qui auront trop de scanners médicaux, les échangeront avec ceux qui auront trop de balayeuses industrielles… » J’ajouterai maintenant, pour être de plain-pied avec l’actualité que ceux qui auront trop d’Airbus 350 les échangeront avec ceux qui auront trop de TGV...
" Ils n’auront qu’à travailler pour toucher quatre. C’est liberticide ?"
Ce n’était pas mon idée, j’avais cru comprendre que pour gagner quatre, il fallait faire preuve de qualités, de talents, de compétences et d’aptitudes hors du commun, pas simplement marner quatre fois plus.
"Alors en quoi le système de Friot poserait plus de problèmes que le système actuel ?"
En cela que, dans le système actuel, les gens vivent sinon dans la résignation, à tout le moins dans un certain fatalisme, tandis qu’avec le système Friot, ils entreront dans l’espoir d’un monde réellement meilleur, dont ils découvriront très vite, qu’il ne diffère pas foncièrement de celui qu’ils ont quitté. Après tout, pendant des décennies, les fonctionnaires ont bénéficié de la garantie de l’emploi et ils ne donnaient pas, ni aux guichets ni ailleurs, l’impression de baigner dans l’allégresse.
Je voudrais ajouter pour conclure que les syndicats helvétiques ont d’ores et déjà pris position contre l’initiative préconisant l’instauration d’un salaire universel qui a été lancée par un collectif d’hurluberlus, et que les Suisses, qui l’an dernier, avec un grand sens des responsabilités, ont refusé de porter la durée des vacances obligatoires de quatre à six semaines, enterreront ce projet-là par plus de 80 % des votants, et non 70, comme je l’avais hâtivement écrit sous un article, largement erroné, de l’inénarrable Cabanul.
J’ai bien compris que vous êtes un cynique. Je vous dis déjà que dans ce domaine vous ne me battrez pas.
Je ne pense pas être cynique, je pense être réaliste, en reconnaissant qu’à l’occasion, j’affiche mon réalisme avec une certaine brutalité, née de la répulsion que j’éprouve à l’égard de la pensée "convenable".
"Ce qui est intéressant, c’est que votre cynisme vous conduit à avoir une répulsion pour ce projet"
Je n’éprouve pas de répulsion, mais un sentiment profond de non-faisabilité. Et ce ne sont pas les réponses que vous apporterez ci-dessous qui me feront changer d’avis.
"...mais pour ne pas que ca devienne infernal, et ce sera le cas si les choses continuent ainsi !"
Mais il deviendra aussi infernal si les choses prennent le tour que veut leur imposer Friot.
"Mais n’est ce pas du simplisme de croire que les détenteurs du capital eux en sont capable ?"
Les détenteurs du capital ne gèrent pas les producteurs et leur production comme ils géreraient des fonctionnaires ou des rentiers - qui, les uns et les autres, ne créent pas de richesse -, mais comme des producteurs, et comme leur production. Et les détenteurs du capital sont bien obligés de veiller à maintenir une clientèle d’acheteurs potentiels, sinon, il n’y a plus de production.
Pour la suite, tout ce que vous dites au sujet de la mise en oeuvre de la théorie de Friot correspond aux impressions et aux sentiments que vous inspire votre adhésion à ce projet. Moi, en revanche, je vois venir une société dans laquelle le droit au revenu sera assorti de devoirs draconiens qui étoufferont toute velléité d’indépendance, d’autonomie ou d’automarginalisation.
En outre, la lutte contre toutes les formes de gaspillage, de surproduction et de pertes, conduira à une planification de type soviétique, incluant une part de pénurie volontaire, on parlera peut-être de « mini-pénurie contrôlée », qui débouchera forcément sur une authentique pénurie, par peur de dépasser les quotas de déchet.
"Moi je crois au contraire qu’il y’ a des mystiques qui veulent croire coute que coute que la nature humaine existe. Pourtant moi je constate qu’on se comporte suivant la manière dont on a été déterminé socialement."
Pour moi, la nature humaine, c’est, fondamentalement, l’insurmontable prédominance des envies, des impressions, des émotions, des sentiments, des passions et des instincts sur la raison. Tout, dans les choses humaines, la trahit en permanence, aussi bien dans les comportements individuels que collectifs, civils que militaires, parlementaires que gouvernementaux.
"Ceci dit je crois au libre arbitre..."
Ceci dit, je ne crois pas une seule seconde au libre arbitre. Nous faisons ce que nous sommes prédisposés à faire, et nous ne faisons pas ce que nous sommes prédisposés à ne pas faire.
"Le darwinisme des individus des libéraux est infondé, le darwinisme des groupes est lui une réalité observable."
Quels libéraux ? Il y en a autant de variétés que de "fascistes" et de "racistes", au point que je ne me soucie même plus de savoir, si je suis libéral ou non.
Pour en revenir à votre propos, il est indubitable qu’il existe quantité de réalités humaines qui ne peuvent être appréhendées qu’au niveau des groupes, des communautés, des peuples.
D’autant plus, de mon point de vue, que je considère qu’un pays n’est rien d’autre que l’expression des gens qui l’habitent, partant de leur capacité, ou de leur incapacité, à prendre sa construction en main.
Dans la guerre, il ne faut pas perdre de vue que l’homogénéité du groupe se fait d’abord "contre" - ce qui est le meilleur des ciments, on voit ce qu’il advient de l’U.E. maintenant qu’elle n’est plus soudée par la menace soviétique - lors des préliminaires, et s’interprète ensuite "pour" dans l’affrontement.
"En quoi le système de Friot devient irréalisable si cet instinct existe ?"
Dans ma conception de la nature humaine, cet instinct n’est qu’un élément parmi d’autres, et pas le plus influent, dans le cas qui nous occupe.
"Est-ce que vous vous rendez compte que tout le monde ne peut pas investir parce que tout le monde ne possède pas le capital ?"
Je me rends surtout compte que tout un chacun n’est pas apte à démarrer avec une "idée" et sans argent autre que ses propres ressources (qui peuvent être très limitées). Or, on trouve des self made man même parmi les « issus de l’immigration » extracommunautaire, avec les obstacles supplémentaires qui résultent de leurs origines.
"Il ne parle à aucun moment d’égalité salariale mais de limiter le tranche supérieure des salaires à 6000 euros."
Ce n’est pas avec ça qu’il va contribuer au maintien du "luxe français" dont il parle au début de son intervention. Et quand la fourchette des salaires est comprise entre un et trois ou quatre, je ne vois pas bien où est l’inégalité, même si ceux qui toucheront "un" en éprouveront de la frustration et s’en plaindront amèrement.
Parce que le système de Friot est une machine à créer des frustrations plus violentes que celles d’aujourd’hui, dès lors qu’elles se développeront entre gens réputés égaux.
Lorsque les individus ne seront plus frustrés d’avoir moins que d’autres, ils seront frustrés de n’avoir pas plus que d’autres - abstraction faite, bien entendu, des membres de l’inévitable nomenklatura, qui se réserveront le château d’Yquem, la Romanée-Conti, le Beluga, les truffes du Périgord et assimilées, et le safran en pistils – pour cette raison toute simple qu’ils auront le sentiment profond que leurs vrais mérites ne sont pas reconnus.
« Je reprendrai les catégories d’Eric Gueguen … »
Je n’ai pas réussi à entrer dans son raisonnement et à le plaquer sur des réalités concrètes, tant historiques qu’actuels.
Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Ubuntu, PHP, MySQL, CKEditor.
Site hébergé par la Fondation Agoravox
Contact / Mentions légales / Cookies et données personnelles / Charte de modération


