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    Schweizer.ch 14 juin 2013 11:19

    « Le problème, c’est que vous ne voyez que l’aspect compétitif et dominateur de la nature humaine quand vous parlez de ne pas en tenir compte. »

    Ce dont je tiens compte, c’est du naturel qui a cette particularité de revenir au galop.

     

    « Vous oubliez que l’on peut être aussi généreux et partageur…. »

     

    Pour quelques-uns, c’est tout le temps – ceux-là finissent béatifiés s’ils ont la chance d’être catholiques avant de défunter -, mais pour la plupart, c’est pendant un certain temps seulement, au demeurant fort variable selon les individus. Par ailleurs, l’histoire démontre que ce n’est pas héréditaire.
     

    « Regardez ce qui se passe à Marinela le village d’Espagne, ils arrivent à faire marcher un système équivalent depuis presque 30 ans, et ils s’en sortent mieux que les autres pendant la crise. »

     

    Marinaleda – et non Marinela - ne fonctionne que parce que l’expérience se déroule dans un environnement « conventionnel ». La communauté n’a donc à se préoccuper ni de son système de santé, ni de son approvisionnement énergétique, ni des transports publics, ni du réseau routier hors de son territoire, ni de l’adduction d’eau, ni de l’épuration des eaux usées, ni de l’enseignement supérieur, etc., etc., etc.

     

    Bref, si Marinaleda n’avait pas autour d’elle, un Etat qui met à sa disposition tout ce qu’elle serait incapable de se doter par elle-même, elle n’existerait tout simplement pas.

     

    Pour les autres exemples que vous citez, je ne les connais pas assez bien pour entrer en matière. Toutefois, pour ce qui est « du monde du logiciel libre », avec son homogénéité de convaincus communautarisés sur un thème unique, je le vois mal servir de modèle pour l’organisation d’une communauté aléatoire.


     « Les ressources étant limités, si on ne limite pas l’apétit des humains et qu’on continue strictement dans la même voie de la compétition et de gains à tout prix, il y aura un génocide par paupérisation au mieux, la fin de l’espèce humaine au pire. »

     

    Vous pouvez envisager de limiter tout ce que vous voulez, on a appris hier que l’année 2012 a battu tous les records d’émissions de C02 et que la Chine a plus que largement neutralisé les diminutions enregistrées ailleurs. Et des centaines de millions de Chinois aspirent désormais à la bagnole, imités en cela par des centaines de millions d’Indiens.


    « …aucune empathie, aucune compassion et surtout garder la société telle qu’elle est pour ne pas se remettre en question à titre personnel sur la futilité de ces vanités. »

     

    Qui vous dit que je veux garder la société telle qu’elle est ? Nous sommes victimes d’une oligarchie qui a juré notre extinction et qui prône une politique migratoire allant dans ce sens. Il faut bien sûr se battre contre tout ce qui menace notre survie et celle de notre civilisation. Mais je doute que cela figure au rang des préoccupations du marxiste Friot.
     
    « Les "grands entrepreneurs", ça veut dire que la famille ou les amis lui prétent de l’argent,… »

     

    Ah bon ? On en apprend tous les jours... J’ai parfois l’impression que vous référez, mentalement, à un ou quelques cas que vous connaissez et que vous les généralisez à l’ensemble de la réalité…
     
    « Ce genre de système n’empêchera pas des gens motivés de lancer un projet et innover… »


    Mais il faudra alors qu’ils soient vraiment motivés… Surtout s’il n’est pas prévu de les récompenser par de solennelles remises de médailles avec diplôme, fanfare, discours du ministre et accolade fraternelle.

     

    « C’est un conte de fée "l’élite", dans la vie de tous les jours je croise pleins de gens qui ont plus de bon sens, d’imagination et de capacités intellectuelle,physique,morale que "nos élites". »

     

    Vous avez de la chance. Moi, je ne rencontre pour ainsi dire jamais que des gens qui disent n’importe quoi, qui ont des solutions « y’a qu’à » et « faut qu’on » pour tous les problèmes de la race humaine, comme on doit dire maintenant, et qui vitupère contre des décisions dont ils ne connaissent pas plus les tenants que les aboutissants.

     

    « Mais rien n’impose que les 50 premiers fabricants et cultivateurs soient des entreprises hiérarchique, ça pourrait être des SCOP… »

     

    Ca pourrait être, mais qu’est-ce qui, théoriquement, pourrait n’être pas ? Je ne vous suivrai pas sur ce terrain. Vous connaissez des SCOP qui marchent, d’autres en connaissent qui font faillite. Cela permet-il d’envisager d’étendre le système à la production d’avions, de fusées ou à la conception des voitures et des locomotives du futur ? Très sincèrement, j’en doute.

     

    Je pense que votre projet s’inscrit, lui aussi, dans un cadre que je définissais, ainsi, à propos du « communisme selon Emma Goldman » sur un autre fil : « … il apparaît admirablement conçu pour un moyen âge post-industriel où vivront, côte à côte, une mosaïque de communautés pratiquement autarciques, où ceux qui auront trop de patates, les échangeront avec ceux qui auront trop de blé, ceux qui auront trop de friteuses, les échangeront avec ceux qui auront trop de mixeurs plongeants, et ceux qui auront trop de scanners médicaux, les échangeront avec ceux qui auront trop de balayeuses industrielles… »

     

    Tout cela est naturellement illusoire. Vous-même balayez les objections en peignant en rose un avenir dont vous ne savez rien – Exemple : Ce genre de système n’empêchera pas des gens motivés de lancer un projet et innover, il n’y a pas d’incompatiblité majeure, au contraire, les inventeurs n’auraient plus qu’une seule chose à penser "inventer"  – parce que cela va dans le sens de ce que vous avez envie, ou besoin, de croire.

     

    Comme, de mon côté, je m’efforce d’être réaliste, je m’en tiens à ce que les hommes ont montré, montrent encore, et montreront dans l’avenir, parce que je tiens pour vrai, et éternel, ce qu’Oswald Spengler en a dit : « Du peu que nous pouvons connaître des événements à venir, une chose est certaine : les forces du mouvement du futur ne seront rien d’autre que celles du passé : la volonté du plus fort, les instincts vitaux, la race, la volonté de posséder, et le pouvoir.  »

    Le reste n’est qu’utopie, allant contre la nature humaine. Resterait donc à trouver le moyen de l’enserrer dans une camisole de force chimique. Certains en rêvent certainement… Moi, je suis contre.



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    Schweizer.ch 13 juin 2013 10:47

    « Le seul intérêt d’un dirigeant, c’est son réseau de relation dans les salons privés, leur valeur ajouté s’arrête strictement là, et ils sont beaucoup trop payés pour une compétence restaurant/golf (je caricature un peu). » (Dubitatif)


     Friot est contagieux, je vois, et c’est logique de la part d’un gourou. Mais, personnellement, je préfère le portrait du patron que Jaurès publiait dans la "Dépêche de Toulouse" du 28 mai 1890, sous le titre "DIRIGER" :


    « Il n’y a de classe dirigeante que courageuse.

    « A toute époque, les classes dirigeantes se sont constituées par le courage, par l’acceptation consciente du risque.

    « Dirige celui qui risque ce que les dirigés ne veulent pas risquer.

    « Est respecté celui qui, volontairement, accomplit pour les autres les actes difficiles ou dangereux.

    « Est un chef celui qui procure aux autres la sécurité, en prenant sur soi les dangers.

    « Le courage, pour l’entrepreneur, c’est l’esprit de l’entreprise et le refus de recourir à l’Etat  ; pour le technicien, c’est le refus de transiger sur la qualité ; pour le directeur du personnel ou le directeur d’usine, c’est la défense de la maison, c’est dans la maison, la défense de l’autorité et, avec elle, celle de la discipline et de l’ordre.

    « Dans la moyenne industrie, il y a beaucoup de patrons qui sont à eux mêmes, au moins dans une large mesure, leur caissier, leur comptable, leur dessinateur, leur contremaître ; et ils ont avec la fatigue du corps, le souci de l’esprit que les ouvriers n’ont que par intervalles.

    « Ils vivent dans un monde de lutte où la solidarité est inconnue.

    « Jusqu’ici, dans aucun pays, les patrons n’ont pu se concerter pour se mettre à l’abri, au moins dans une large mesure, contre les faillites qui peuvent détruire en un jour la fortune et le crédit d’un industriel.

    « Entre tous les producteurs, c’est la lutte sans merci ; pour se disputer la clientèle, ils abaissent jusqu’à la dernière limite, dans les années de crise, le prix de vente des marchandises, ils descendent même au dessous des prix de revient.

    « Ils sont obligés d’accepter des délais de paiement qui sont pour leurs acheteurs une marge ouverte à la faillite et, s’il survient le moindre revers, le banquier aux aguets veut être payé dans les vingt-quatre heures.

    « Lorsque les ouvriers accusent les patrons d’être des jouisseurs qui veulent gagner beaucoup d’argent pour s’amuser, ils ne comprennent pas bien l’âme patronale.

    « Sans doute, il y a des patrons qui s’amusent, mais ce qu’ils veulent avant tout, quand ils sont vraiment des patrons, c’est gagner la bataille.

    « Il y en a beaucoup qui, en grossissant leur fortune, ne se donnent pas une jouissance de plus ; en tout cas, ce n’est point surtout à cela qu’ils songent. Ils sont heureux, quand ils font un bel inventaire, de se dire que leur peine ardente n’est pas perdue, qu’il y a un résultat positif, palpable, que de tous les hasards il est sorti quelque chose et que leur puissance d’action est accrue.

    « Non, en vérité, le patronat, tel que la société actuelle le fait, n’est pas une condition enviable.

    « Et ce n’est pas avec les sentiments de colère et de convoitise que les hommes devraient se regarder les uns les autres, mais avec une sorte de pitié réciproque qui serait peut être le prélude de la justice ! »


    « Vous préférez qu’on aille tous dans le mur… » (Dubitatif)


     Parce que vous croyez que Friot nous évitera le mur, le cas échéant ? Pourquoi pas Beppe Grillo, pendant que vous y êtes ?


     « …pour votre petit confort mental alors qu’on a de moins en moins de travail et de ressources à partager. » (Dubitatif)


     Ce n’est pas tellement mon petit confort mental qui est en cause que les délires mystiques de certains utopistes, qui non seulement ne tiennent aucun compte de la nature humaine, mais encore nient son existence, parce qu’ils y sont contraints pour faire tenir leurs aberrantes théories debout.


    « Friot propose que chacun soit le propriétaire de son espace et de ses outils de travail. Le boulanger possède sa boulangerie, les ouvriers possèdent leur usine. » (Gaspard Delanuit).


    Ce qui me rappelle ce petit morceau d’humour soviétique, qui figure dans un certain nombre de recueils : un ouvrier est planté devant un établissement industriel qu’il contemple, et il dit "Que j’en sois propriétaire, ça, je le comprends, mais ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi je viens de me foutre à la porte..."


    « Mais beaucoup de profiteurs (faisant du profit avec le talent et le travail des autres) se nomment frauduleusement entrepreneurs sous prétexte qu’ils possèdent l’entreprise... » (Gaspard Delanuit).


     Beaucoup ? Carton garanti au "Café du Commerce" avec un adverbe de ce genre... Alors quelle proportion de dirigeants et quelle proportion d’emplois touchés par ce phénomène dans l’ensemble du pays ?


     « Quand Friot parle de parasitisme, il parle surtout de gens qui gagnent 200 à 400 fois un salaire minimal de travailleur... » (Gaspard Delanuit).


     Et bien, il doit le préciser parce que le "Café du Commerce" le prend au premier degré, et ne va pas plus loin. Mais, après tout, c’est peut-être ce qu’il escompte, Friot...


     A cela, Jean-Marie Rouart a très opportunément rappelé, à ce frénétique de l’égalitarisme, le rôle décisif des élites d’un pays : "La France est constituée par quoi ? Elle est constituée par qui ? Elle est constituée par tous les grands entrepreneurs, tout ce qui a constitué la richesse et même la civilisation... de Louis Renault, de l’automobile, de l’aviation, ce sont de grands inventeurs, de grands industriels."


     Rouart complète Jaurès et, dans le même temps, il rejoint le comte de Saint-Simon, qui écrivait à la fin du XVIIIe siècle, ou au début du XIXe : « Si la France perdait subitement ses cinquante premiers savants, ses cinquante premiers artistes, ses cinquante premiers fabricants, ses cinquante premiers cultivateurs, la nation deviendrait un corps sans âme, elle serait décapitée. Si elle venait au contraire à perdre tout son personnel officiel, cet événement affligerait les Français parce qu’ils sont bons, mais il n’en résulterait pour le pays qu’un faible dommage. »



  • 2 votes
    Schweizer.ch 13 juin 2013 00:09

    "Si vous avez des réfutations pratique..."


    Ma réponse ci-dessous à 00h06...


  • 2 votes
    Schweizer.ch 13 juin 2013 00:06
    "... de sa non réalisation sur le plan pratique..."

    ... mais pas du fait des détenteurs du capital, du fait du simplisme qu’il y a à croire qu’on peut gérer des producteurs et leur production, de la même manière que des fonctionnaires fournissant des services et des rentiers qui, utiles ou inutiles, font ce qu’ils veulent, quand ils veulent et comme ils veulent, de surcroît lorsque les premiers sont chargés de créer la richesse nécessaire à la rétribution des seconds et à l’entretien des troisièmes.

    Par ailleurs, je serais curieux de savoir comment Friot entend régler, par exemple, les problèmes de concurrence entre les différentes unités de production, d’activités déficitaires des canards boiteux et de surproduction dans un secteur donné. J’aimerais aussi savoir précisément ce qu’il en serait de la liberté de changer d’emploi, de métier, d’entreprise et/ou de lieu de travail, ou encore de refuser une mutation....

    Comme je considère que ça suffit pour aujourd’hui, je ne parlerai pas des joyeusetés de la gestion de l’investissement, de la hiérarchie, de la production, et des accords internationaux passés dans le cadre du travail, au suffrage universel smiley

    P.S. - Je voudrais ajouter que le type qui commence un exposé en affirmant que les dirigeants d’entreprise sont des parasites, est tout à fait à sa place au "Café du Commerce" ou au "Bar des Sports", et pas du tout sur un plateau de télévision.


  • 2 votes
    Schweizer.ch 12 juin 2013 20:28

    "Dans ce débat, ses contradicteurs l’accusent « de vouloir détruire le pays », d’« égalitarisme délirant », « d’être dans sa folie » mais sans arguments concret à opposer."


    Le projet est tellement loufoque qu’on ne peut que lui opposer des arguments primaires du fait que le "temps télévisuelle" ne permet pas de démontrer ses aberrations en portant le débat sur sa matérialisation concrète au niveau des entreprises.


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