L’occidental oublie qu’il a en son sein, dans la philosophie, une sagesse achement plus poussée qu’ailleurs, beaucoup plus sophistiquée.
Si vous parlez de la pensée grecque, je confirme qu’elle a été fabuleuse, en élargissant, avec les présocratiques, qu’elle a produit des pensées diverses, qui ont été assemblés avec Pythagore, à nouveau avec Platon.
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Pour moi, le problème de cette sagesse c’est de s’être coupé de l’expérience directe, phénoménologique, et en ce sens, le shamanisme est un très bon contre-poids, comme peut l’être la méditation
Oui, c’est vrai. Et la brèche au dualisme a été ouverte avec Platon, ce qui a coupé ensuite en religion comme un philosophie occidentale le monde sensible de celui spirituel.
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Je reviens à mon "image d’Epinal" sur le chamanisme : c’est possible. Je n’ai pas assez de connaissances solides du monde chamanique (désignant ceux de l’Extrême Orient, de la Scandinavie et des Amériques), pour lever mon incertitude.
Quand je parle du "guérisseur", il faut le comprendre dans un sens global et originel, qui a été oublié : "care", prendre soin des "choses" et des êtres, y compris avec les ressources spirituelle pour ce faire ("spirit", "esprit", ou l’en dehors). C’est donc à la fois un prêtre, un sage, un philosophe et un médecin. Et c’est vrai que j’essaie de rapprocher le chamanisme de cette figure. Les Grecs nous ont surtout laissé des philosophes. Les monothéismes des prêtres (ou imams) dédiés uniquement au culte du spirituel. Les sorciers n’ont pas forcément de sagesse (ça dépend). Les mages d’Egypte antique ou de Perse, je ne sais pas. Les druides non plus, à part Panoramix... (Mais Goscinny a au moins montré que cette figure archétypale existe). On connaît les médecines chinoise et ayurvédique, qui elles, sont bien un aspect d’une philosophie/spiritualité globale avec le taoïsme/confucianisme, et le bouddhisme/indouhisme.
Mais, bon, côté occidental, on n’est pas sorti des ronces ; après 2000 ans de cassure, c’est difficile de recoller le sensible et le spirituel.
En 2006, il a poursuivi autour du professeur Pierre Flor-Henry cette recherche en faisant enregistrer au Canada en EEG quantitative Corine Sombrun, avant et pendant une transe chamanique volontairement contrôlée.
C’est sur Wiki, la fiche sur Pierre Etevenon, dont Sombrun a aussi parlé dans la vidéo, le père de l’analyse des pathologies mentales sur électroencéphalogramme (EEG). Et c’est lui qui a analysé les états modifiés de conscience de Taisen Deshimaru et Lilian Siburn. Il est directeur honoraire du CNRS. Wiki, qui a ce genre de zèle, ne lui fait aucun reproche dans sa fiche en pseudosciencerie ni n’a déniché aucun scandale à son endroit pour le salir (il est en rayon "neuroscience", alors c’est bon...).
Après sa rencontre avec Balgir, qui a mis deux heures pour la "récupérer", (il n’a vraiment pas dû aimer ce moment puisque c’est lui qui avait déclenché sa transe), Sombrun était engagée dans un parcours où elle poussait des cris d’animaux, s’arrachait la peau, en contexte de deuil amoureux qu’elle n’arrivait pas à passer. On peut imaginer qu’elle ait eu besoin un moment d’une réponse occidentale pour savoir si elle ne partait pas en vrille.
Il ne devait pas y avoir beaucoup de neurologues prêts à risquer leur réputation en cabinet ou en université, ni les fourches caudines des autorités de la discipline, pour analyser la demande d’une voyageuse sans métier bien clair expliquant communiquer avec des esprits en Mongolie.
On sait que la science est verrouillée par son académisme, son autoritarisme idéologique, son matérialisme, on en a eu démonstration avec la crise covid contre les médecins qui ont voulu soigner et maintenant l’abandon des malades par déni des effets secondaires aux injections. Comme je l’avais relevé dans l’intro que j’ai faite, les premières analyses fournies par le milieu scientifique étaient relatives à des maladies mentales lourdes. Il fallait bien quelqu’un d’un peu kamikaze pour accepter le cas de Corine Sombrun et se coltiner une hypothèse paranormale.
Je ne connais pas Pierre Henry, posons qu’il soit un youki-youkidi. Il a été le kamikaze nécessaire dans le parcours de Sombrun avec sa question "qu’est-ce qui m’arrive ?" pour la sortir de la seule réponse scientifique "t’es une folle". Ensuite, cela s’est bien déroulé, elle est même devenue un cas d’école classique en neurologie, grâce à Etevenon, sur les états modifiés de conscience. et tant mieux pour elle, elle a maintenant son talisman "science" qui empêche la Miviludes, Thomas Durand et consorts d s’en prendre à elle.
Le problème n’est pas Corine Sombrun, mais bien la science, bien trop rigide, en tout cas certaines disciplines, au point de dénier certaines réalités. Alors que c’est justement son boulot de les admettre, de chercher pour avancer, et à défaut, d’avoir la modestie d’admettre un inexplicable au lieu de s’enfermer dans le déni par académisme, ou pour obéir à la doxa idéologique. Et, oui, ça produit des zinzins : action, réaction...
Langue au chat pour ma part concernant la mémoire de l’eau. J’ai tendance à penser que l’eau a une mémoire et Luc Montagnier, pour qui j’ai une montagne de respect, l’affirme.
Sinon, je n’ai jamais pris d’homéopathie depuis ma vie d’adulte, je ne comprends rien à ces petites boules blanches non plus. Je me soigne moi-même depuis quinze ans au moins sans aucun médecin, et quand j’en ai besoin, c’est à dire de plus en plus rarement, uniquement aux plantes et aux huiles (et d’autres trucs hors allopathie).
Je ne suis pas spécialiste non plus, donc je ne peux pas affirmer. Reste que Shombrun s’est abreuvée à la source pendant 8 ans (en discontinu), auprès d’Enkhetuya. Et là-bas, les chamanes ont homogénéisé les pratiques et les règles.
De part chez moi, je ne considère pas que c’est du chamanisme. Il y a un sacré qui est respecté, une très forte codification sociale organique (dont une vraie civilité). Sauf chez les moins de 20 ans, ça commence a être le bordel : on y dénonce constamment l’intrusion des téléphones portables. Mais en sorcellerie, jeter le mauvais sort (qui tue) est une pratique ancienne qui continue.
Ok, le new age, c’est le mistigri qui marche bien dans les
conversations sans avancer à grand-chose.
Si on parle de la figure traditionnelle du chamane, canal
historique :
Le chamane, c’est le guérisseur (celui soigne…), médecin des
corps, des âmes, de la communauté et même de la nature (exemple : faire
tomber la pluie car la végétation a soif). Les connaissances en herboristerie
ne suffisent pas, il faut aussi des capacités médiumniques pour être un tel
guérisseur.
Il n’y a pas de clergé qui impose l’autorité du chamane aux
communautés. Bon, c’est plus compliqué que ça avec la pénétration bouddhique
qui a récupéré le chamanisme parmi ses « prestations ». A la base, le
chamane appartient à la communauté qui l’a reconnue et avec laquelle il vit.
Son autorité tient donc à un minimum d’obligation de résultats, plutôt qu’à une
doxa cléricale. Si un garagiste d’un gros village ne sait pas bien réparer des
autos, ça va être vite chiant pour lui.
Ce sont les conditions qui font du chamane un praticien de
la magie blanche. Même s’il peut y avoir dilemme, comme vous le relevez dans l’autre
commentaire, tentations, escroquerie,
tyranneau qui abuse de son pouvoir… Sombrun a dit dans la vidéo la règle tacite :
« pas d’action chamanique sur quelqu’un contre sa volonté ».
Ce chamanisme a été laminé avec le temps : par les religions
abrahamiques, les totalitarismes chinois et bolchévique, maintenant par
l’éteignoir matérialisto-consumériste.
Puis il y a eu reconsidération du chamanisme via l’ethnologie,
et son tourisme à partir de Carlos Castaneda. En bien : la restauration de
cette figure peut relancer le chamanisme qui sert aussi de porte parole pour
maintenir les peuples premiers restants (pas beaucoup…). En mal, ce nouveau type de
public peut dévoyer le chamanisme (exemple, l ’ayahuasca qui fabrique des
faux/mauvais chamanes et dézingue des voyageurs).
Pour le monde occidental, la médecine a longtemps été
répartie entre les médecins, pour les corps et les prêtres/pasteurs, pour les
âmes. Maintenant, ce sont les psy qui remplacent, mais ne s’occupent que de
psychisme, pas de l’âme. Donc oui : il y a un besoin sans réponse dans la
civilisation occidentale, avec tous les errements actuels, en se nourrissant de
modèles venant d’ailleurs (yogis, chamanes, sorciers…) sachant qu’on ne pourra
pas importer et greffer l’un ou l’autre des modèles tels quels.