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* (transgressions du politiquement correct)
Tout cela tend prouver que la théorie gramscienne revisitée par les idéologues de droite (Zemmour, De Benoist) et les antisystèmes de toute obédience s’arrogeant pompeusement la "victoire culturelle" dès qu’ils ont réussi à mobiliser 10000 mecs sur internet, ça ne fonctionne pas, ça n’a jamais fonctionné.
En réalité nous fonctionnons toujours sur le logiciel idéologique de Stenhell-BHL mis au point dans les années 70 reposant sur la culpabilisation systématique du français moyen et le chantage électoral au fascisme qui a engendré 4 décennies de blocage politique. Il est certes un peu moins puissant mais peut encore impressionner l’opinion de manière décisive aux moments clé de la vie politique nationale. Cela relativise l’impact réel des transgressions du politiquement sur la population générale.
Le pouvoir n’est pas dans l’idéologie - l’idéologie importe de moins en moins, ce que signifie l’avatar vide Macron comme réceptacle de toutes les idées, y-compris les plus contradictoires - mais bien dans l’hyperstructure politico-médiatique qui produit à sa convenance l’idéologie justifiant sa domination.
Bref, c’est un nouvel élément qui montre la limite des discours antisystèmes. Ils ne génèrent pas une appétence pour la vérité mais nourrissent au contraire l’angoisse et la désorientation de l’électorat qui se raccroche en fin de compte au système de peur de tout perdre, même quand la majorité n’adhère plus à l’idéologie dominante (seuls 50% des électeurs de Macron au premier tour sont en accord avec son programme).
Il faut sortir des logiques de rupture superficielle et produire des discours normatifs.
Analyse brutale et lucide de l’illusion du programme économique de Macron par un économiste indépendant sur le site de CNBC (traduction automatique)
"
Emmanuel Macron - un vainqueur de l’élection présidentielle de France - est une continuation en ligne droite d’un gouvernement socialiste massivement rejeté, où il a été ministre de l’économie. Il a maintenant été réinstallé comme un "centriste" pour bloquer les forces politiques attirant, à ce sujet, près de la moitié des électeurs français qui ont l’intention de voter le dimanche 7 mai.
Le « programme » économique de Macron n’est pas crédible. Ses mains sont complètement liées. Il n’y a rien qu’il puisse faire, mais les médias français et l’élite qui l’appuient balayent tout cela sous le tapis.
Cependant, les choses sont très claires. Les coûts de crédit de la France et les termes de l’échange sont fixés par la Banque centrale européenne. Les décisions fiscales et de dépenses publiques sont formulées dans un corset serré imposé par les limites du déficit budgétaire de l’union monétaire. Et la politique budgétaire est contrôlée conjointement et sanctionnée par la Commission de l’UE et l’Eurogroupe - un forum des ministres des finances de la zone euro sous le pouce de l’Allemagne.
La France a dépassé ses limites de déficit depuis 2008. Mais il semble maintenant impolitique à l’extrême de mentionner même que la France doit offrir une austérité budgétaire socialement et politiquement inflammable dans une économie stagnante avec un taux de chomage de 10 pour cent.
Les derniers chiffres sur l’activité économique publiés la semaine dernière montrent un ralentissement à un taux de croissance trimestriel de 0,3 pour cent au cours des trois premiers mois de cette année (de 0,5 pour cent au quatrième trimestre de l’année dernière) en raison des dépenses de consommation forfaitaires et de la détérioration balance commerciale. Ce ralentissement implique une hypothèse peu probable d’accélérer progressivement la demande globale pour le reste de l’année pour atteindre l’objectif de croissance officiel de 1,3% en 2017 (contre 1,1% en 2016).
De manière prévisible, la faiblesse de l’économie frappe les marchés du travail. Au cours des cinq dernières années du gouvernement socialiste, le nombre de personnes en situation de travail a grimpé de 26% pour un total dévastateur de 9 millions. Et c’est en dépit de quelque 40 milliards d’euros que les socialistes ont consacré à divers programmes de création d’emplois, parce que le président François Hollande jalonnait son appel de réélection sur la baisse du chômage. Il a échoué, et il est le seul président de la Cinquième République dont la tentative de se présenter au deuxième mandat a été rejetée par les Français.
Le malaise social français fonctionne profondément. Il y avait 24,7 pour cent des jeunes (15 à 24 ans) incapables de trouver du travail en 2015 et 2016. Au cours des deux mêmes années, le nombre de chômeurs de longue durée (c’est-à-dire les personnes pratiquement inaccessibles) a été bloqué à 45,6 pour cent. Les problèmes d’emploi ont augmenté le taux de pauvreté à 14,3 pour cent, et l’inégalité des revenus (mesurée par le coefficient de Gini) dans le pays de liberté, égalité, fraternité a également augmenté.
Un quotidien allemand de droite a résumé cette année la semaine dernière dans un titre "Un voisin déprimé", tout en rapportant les résultats d’une étude socio-économique axée sur la France.
Pourtant, la France est le deuxième client d’Allemagne (après les Etats-Unis). L’année dernière, l’excédent commercial de l’Allemagne à 35,7 milliards d’euros avec la France représentait 43% de l’excédent commercial total de Berlin avec l’union monétaire.
Malgré cela, Macron pensait qu’il avait besoin de rassurer l’Allemagne au sujet de son attachement au « couple franco-allemand de crise ». Il a exalté la vertu du travail de deux pays pour une Europe unie à l’Université Humboldt de Berlin en janvier dernier. Deux mois plus tard, il était de nouveau à Berlin pour faire un signe de tête du chancelier allemand qu’il a assuré que, s’il était élu, il mettrait en œuvre des « réformes pour renforcer l’économie française ».
Quelles réformes ? Toute tentative de réduire le secteur public gonflé en réduisant les dépenses publiques - environ 1,5% du PIB en 2016, contre 3,8% du PIB en Allemagne - déstabiliserait une économie déjà moribonde et causerait des émeutes dans les rues. Il en va de même dans le cas de réformes radicales du marché du travail - essentiellement une permission à l’embauche et au licenciement - qui, selon certains analystes, ont été beaucoup plus loin que celles de l’Allemagne.
Le reste du bavardage réformiste est de la cosmétique.
Mais voilà ce qui n’est pas cosmétique : qu’est-ce que Macron a raconté aux Allemands sur l’énorme problème des finances publiques françaises ? Bien sûr, il préfère ne pas en parler, mais c’est tout ce que les Allemands veulent discuter - avec des détails insolents.
Après un passage conditionnel, l’Allemagne a accordé à la France l’année dernière un nouvel échec à atteindre son objectif de déficit budgétaire, Berlin et ses mandataires de la Commission européenne s’attendent à ce que la France honorera son engagement de réduire le déficit de cette année à 2,7% du PIB de 3,4% en 2016. Ils veulent également que la France arrête et renverse la croissance alarmante de la dette publique.
Comment la France peut-elle respecter ces engagements avec pratiquement aucune croissance économique et l’un des pires marchés du travail dans la zone euro ? Les Français discuteront-ils de la semaine restante aux élections du 7 mai ? Et cela concernerait-t-il le résultat de l’élection ?
Oh, eh bien, peu importe ... Macron est imparable. L’élite française et les médias traditionnels continuent de chanter que son adversaire, le leader du Front national Marine Le Pen, ne peut pas être autorisé à gagner.
Rappelant les récentes élections aux États-Unis, le lecteur américain peut reconnaître ces incantations et les fessées de boue familières lancées à Le Pen : « populiste », « fasciste », « raciste », « xénophobe », « homophobe ».
Quelle horreur (!), Mais Le Pen changerait les choses pour le mieux. Elle sait qu’elle n’a pas les votes pour quitter l’UE et la zone euro. Mais elle pourrait facilement extraire des concessions de la Commission de l’UE et de ses facilitateurs allemands pour soulager les contraintes politiques et récupérer les transferts de souveraineté qui ont gelé les politiques budgétaires et empêché des changements structurels significatifs dans une économie française stagnante. Elle pourrait même pousser l’UE vers des politiques économiques et sociales plus audacieuses et plus complètes pour se relier à des Européens aliénés.
Le quotidien francophone le plus influent a été résigné la semaine dernière que « Macron, l’enfant gâté d’une France malade » (« Macron, un enfant gâté d’une France malade ») sera son prochain président. Les sondages d’opinion réduisent son avance, mais sa victoire électorale ne semble pas être mise en doute.
Il est beaucoup moins clair ce qu’il peut faire avec sa présidence. La politique monétaire de la BCE restera utile, mais cela n’a pas suffi à redresser l’économie française et à freiner une détérioration spectaculaire de ses conditions du marché du travail. La politique budgétaire ne peut s’empêcher ni des restrictions budgétaires ni de la forte dette publique. L’Allemagne n’est également pas disposée à accélérer sa croissance économique pour aider à la reprise de l’union monétaire.
Et il y a des problèmes plus larges auxquels le prochain gouvernement sera confronté. Les élections ont montré des changements politiques radicaux en France. Les certitudes de gauche et de droite ont cédé la place à une politique amorphe et fluide déchirée par l’immigration massive, l’Europe sans frontières et la crise de l’identité de la France en France - un grave danger dans un pays où la chute et la pauvreté croissantes continuent de nourrir les troubles sociaux.
La question de l’adhésion à l’UE et du rôle dominant de l’Allemagne dans la politique européenne est également posée. Il est maintenant clair que la France ne peut être qu’un partenaire de plus en plus mineur et que la germanophobie n’est plus le secret le mieux gardé des dirigeants politiques français.
Trois partis principaux - Front National, France Insoumise (France Unbowed) et Debout la France (Stand up, France), un sondage de 45,6% (16,5 millions de voix) lors du premier tour des élections du 23 avril - s’opposent virulent à recevoir des commandes Une Union allemande. Marie-France Garaud, conseillère influente des anciens présidents Georges Pompidou et Jacques Chirac, et l’un des plus célèbres croyants gaullistes, a déclaré la semaine dernière que "la France n’a rien à dire à l’Allemagne", et que la France "est confrontée à la possibilité de (Allemand) Quatrième Reich. "
Ne sonne pas bien, n’est-ce pas ? Les grands changements de l’UE sont en cours. La vision britannique selon laquelle l’Europe ne peut être qu’un zone de libre échange d’États-nations souveraines peut avoir un avenir brillant.
Pendant ce temps, les élections français n’ont pas de signification particulière pour les marchés financiers.
La BCE donne une tonse optimale à l’économie de la zone euro et aux prix des actifs. Et c’est assez bien - pour l’instant.
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@yoananda
Mon opinion sur le FN est effectivement disséminée dans mes derniers posts, même si j’attends les résultats du second tour pour me faire une idée plus précise.
Pour ma part, je n’utilise jamais le mot patriote, en dehors des temps de guerre le patriotisme est un concept essentiellement affectif et subjectif, sans contenu politique, c’est pourquoi tous les politiques ont le mot "patriote" à la bouche, ça ne mange pas de pain. Macron est patriote. Marine est patriote. Mélenchon est patriote.
Il va sans doute y avoir une recomposition de la mouvance eurosceptique et nationale avant (ou après ?) les législatives, soit sur une ligne souveraino-réaliste incluant une partie du FN, NDA, et le reste des souverainistes de droite et de gauche, soit sur une ligne conservatrice et libérale-identitaire telle que la conceptualisent Zemmour et Buisson.
Dans le premier cas, c’est une transformation interne du FN, exigeant sans doute un changement de nom et une rupture encore plus claire avec "l’histoire" du parti.
Dans le second, il s’agit de transformer le FN de l’extérieur en parti d’appoint identitaire sous-traitant certains sujets (immigration, IVG...) pour le compte de la droite républicaine et de la bourgeoisie libérale-conservatrice qui ne veut pas se salir les mains, un peu comme le faisait l’ancien PC sous Mitterrand en sous-traitant la question sociale et le supplément d’âme de gauche (manifs lyçéennes, SOS racisme etc.) pour le compte du parti socialiste, afin de dissimuler l’abandon de la classe ouvrière et le tournant de la rigueur. Ce serait le retour au "RPR des années 80" fantasmé par Zemmour, c’est à dire débarrassé de la tutelle idéologique centriste et renforcé au second tour par l’électorat FN.
Mais ce scénario a peu de chances de se produire dans la mesure où le FN pèse désormais plus lourd que LR, à voir si c’est une situation provisoire ou durable. C’est un peu comme deux corps voisinant dans l’espace : le plus petit modifie légèrement la trajectoire du plus gros mais est absorbé en fin de compte par ce dernier.
En outre, il faudrait écarter MLP de la direction du FN (Zemmour l’a encore violemment critiqué la semaine dernière dans son émission, et de manière partisane) au profit de la jeune Marion, qui a un profil de pasionaria conservatrice et qui est surtout beaucoup plus compatible avec le logiciel économique de la bourgeoisie de droite.
Enfin, il y a un problème de mentalité dans le personnel politique de la droite conservatrice. On a vu comment Fillon s’est ramassé progressivement après avoir livré une résistance aussi futile qu’acharnée en refusant obstinément de se retirer contre toute rationalité politique, pour des motifs purement égocentriques. Cette "droite des valeurs" pusillanime et éternellement cocue n’aura sans doute jamais le courage de s’assumer politiquement et de rompre avec le centre (Juppé).
Sinon je pense que le FN ne pourra plus progresser dans sa forme actuelle tant le rift est profond entre les souverainistes "sociaux" et les identitaires "libéraux". Contrairement aux éléments de langage distribués par les gens du FN, ce schisme politique autant que moral n’est pas (seulement) qu’une stratégie de division du parti imposée par les médias, cela correspond à un état d’esprit bien présent au sein du parti, en particulier chez les historiques attachés à la préservation de l’ADN frontiste et chez les jeunes identitaires (Rochedy) qui ne supportent pas le "FN du nord" de Philippot et veulent une ligne de droite assumée et revendiquée, rejetant le "ni droite ni gauche".
Voilà, je précise quand même qu’il y a une bonne part d’intuition dans ces remarques à ce stade, il faut attendre maintenant le résultat du second tour et surtout des législatives.
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