Mélenchon a réussi sa campagne mais il se retrouve à la tête d’une armée mexicaine. Sa campagne "bonapartiste" a marché à fond sur la personnalisation et sur ses qualités d’homme politique. Mais les communistes sont déjà en quasi dissension en vue des Européennes et les gauchistes, qui n’ont pas digéré la mise en retrait de l’Internationale et des drapeaux rouges durant les meetings au profit de la Marseillaise (horreur) et du tricolore (re-horreur), ne vont pas tarder également à revendiquer leur part du gâteau électoral. Quant aux utopistes monothématiques en tout genre (décroissants, sixième république, tirage au sort, nuit debout) ils ont vocation à se disperser et à retourner à leur niche respective (au sens propre comme figuré).
Sans compter tous ceux qui ne lui pardonneront pas de ne pas avoir appelé à voter Macron au second tour.
Donc il sera très difficile de concrétiser cette percée aux législatives.
"Cette manière de présenter le problème est en réalité une partie du problème."
Bonne formule. Je vais m’en resservir.
Non mais là je t’arrête tout de suite.
Tu dois me payer 200 euros pour la réutilisation de cette formule. Dans un monde macronien il n’existe plus aucune possibilité d’échange non marchandisée.
Aller aider une vieille sans passer par une plateforme payante de service à la personne ubérisée, c’est bon pour les franchouillards figés dans leur vision nostalgique d’un passé harmonieux et communautaire "qui n’a jamais existé" comme ils disent. Nous sommes tous névrosés et en proie à une illusion collective réactionnaire.
Donc je suis désolé mais j’ai créé une startup de gestion de copyright en ligne, je suis un entrepreneur génial, donc tu me dois 200 euros, ou sinon je te poursuis devant l’instance européenne compétente.
si Marine est élue, que les banlieues ne s’enflammeront pas à cause de son élection, s’il n’y a pas volonté de provocation de la part du pouvoir ou de ceux qui s’en donneront le droit ;
Je suis quand même tenté de te dire que les "banlieues" n’appartiennent pas aux gens qui y vivent et ne constituent pas un corps social ou un territoire séparé à l’intérieur du pays. Cette manière de présenter le problème est en réalité une partie du problème.
Le président de la république française n’a pas à se justifier de sa légitimité acquise par le suffrage universel (le sacre républicain) auprès de ceux qui tiendraient le territoire ni à négocier ou transiger avec eux. La situation que tu décris, c’est le néoféodalisme. Qui sont ces gens qui seraient les dépositaires légitimes de l’autorité en "banlieue" et les représentants de la collectivité si ce ne sont pas les élus et les corps intermédiaires ? Le peuple de banlieue ? Mais sur quel critère est-il un peuple à part ?
Il y a un droit en France, le même pour tous, à faire respecter, dans sa dimension libérale comme dans sa dimension répressive, d’ailleurs.
Quant au mythe du vote FN en banlieue, je suis dubitatif. Selon les chiffres de l’IFOP les musulmans seraient environ 25% à s’être abstenu au premier tour. 37% ont voté pour Mélenchon, 25% pour Macron, 17% pour Hamon, 5% pour Le Pen (ce qui n’est pas si mal). Le vote FN en banlieue ne vient donc pas de cette frange de la population, exit le mythe soralien du "musulman du quotidien" tenté par le vote frontiste, ça n’existe pas en termes statistiques (les musulmans qui votent FN étant probablement des gens plus âgés inquiets de la délinquance).
A mon sens le vote FN en banlieue est surtout le fait des Français issus ou originaires de l’Outre-Mer vivant en métropole et dont les comportements électoraux convergent de plus en plus avec ceux de la population générale, et des Français de souche qui continuent de vivre en banlieue en état de minorité culturelle et basculent dans le vote identitaire.
Ceci étant dit, moralement comme sur le plan électoral, MLP a raison de chercher à parler aux prolétaires de banlieue en termes de lutte des classe car cet électorat a souvent conservé les valeurs de leurs parents ou grands-parents qui ont travaillé à l’usine, et qui sont donc sans doute réceptifs à une partie de ses arguments. Elle a d’ailleurs fait une très bonne réponse "sociale" à un journaliste qui lui faisait remarquer que Zidane appelait à voter contre elle, en lui disant que les jeunes en banlieue devraient pouvoir aspirer à être ingénieur ou boulanger plutôt qu’avoir une pseudo-alternative entre sportif milliardaire et racaille.