Moi je trouve ça gênant. Youtube est rempli de vidéos d’Asselineau grimé en rappeur ou en "thug" avec des titres du genre "Asselineau met machin en PLS".
Le fait d’essayer de coller schématiquement aux codes supposés des jeunes est un bon indice de ringardise en règle générale et d’une communication ratée.
C’est le seul parti à s’abaisser à ce genre de choses en tout cas, tout en prétendant s’adresser à l’intelligence des électeurs...
Tout le monde a vu qu’Asselineau n’avait pas de programme, qu’interrogé sur tous les sujets, il se réfugiait derrière des arguments juridiques. Or, plus aucun Français ne pense à l’heure actuelle qu’un politique ait le pouvoir de leur procurer un boulot et un cadre de vie agréable en modifiant des traités ou en sortant la France de l’Europe. Il faut forcément que ce constat soit articulé à des mesures pragmatiques et réalistes dans tous les domaines.
Par ailleurs, Asselineau s’est lui-même aseptisé en martelant qu’il était l’ennemi du FN, un ami des musulmans, un progressiste irréprochable... le problème c’est qu’il a fait campagne pour draguer les médias, pas pour convaincre des électeurs, persuadé qu’il suffit d’avoir TF1 de son côté pour mettre n’importe quelle idée dans la tête des gens. A cela s’ajoutent des meetings pharaoniques (pour l’échelle du parti) juste destinés à renforcer l’adhésion de la base et à entretenir l’auto-persuasion (= on organise des meetings comme les gros, donc on est virtuellement aussi gros qu’eux...) qui montrent qu’Asselineau n’a toujours pas compris qu’il n’était plus face à un auditoire déjà préalablement acquis à ses thèses.
Objectif atteint, les médias l’ont intronisé "petit candidat souveraino-complotiste faisant chier MLP" en soulignant à chaque fois son opposition au FN. L’aspect complotiste a même été progressivement mis de côté. Asselineau est apparu comme ce à quoi il ressemble : un bon gros notable distillant des analyses expertes et un rien auto-satisfaites sur la situation du pays et les vidéos en faisant un "thug" mettant les "journalistes en PLS" n’y changeront rien.
Rien ne démontre pourtant que cette "normalisation" de sa candidature se traduira dans les urnes au soir du premier tour.
Au fond, c’est un type qui a une vision très saint-simonienne de la société. Lui, énarque, sait ce qui est bon pour le peuple et à la place du peuple. On doit seulement lui permettre de se faire entendre du peuple, qui y reconnaîtra forcément son intérêt.
Dans l’objectif de mise en conformité du statut de la banque de France avec les obligations issues du traité de Maastricht,
la loi a été abrogée par l’article 35 de la loi n°93-980 du 4 août 1993
relative au statut de la Banque de France et à l’activité et au
contrôle des établissements de crédit, l’abrogation ayant pris effet à
la date d’installation des nouveaux organes de l’institution, soit au
plus tard le 1er janvier 1994.
Plusieurs auteurs de blogs et personnalités politiques affirment que
l’article 25 de cette loi aurait interdit le financement de l’État par
la Banque de France, et qu’il aurait donc été « remplacé » par l’article
104 du traité de Maastricht puis par l’article 123 du traité de Lisbonne (qui interdisent cette pratique). En réalité, si cette loi peut s’inscrire dans l’avancée progressive du monétarisme,
elle n’interdit pas les avances de la Banque de France à l’État,
prévues à l’article 19, et son article 25 ne joue qu’un rôle accessoire
comme mentionné plus haut.
Cela permettrait de frapper la monnaie et de gonfler la masse monétaire
de manière à créer l’inflation nécessaire à la demande qui entraîne
l’offre aboutissant au plein emploi.
En gros vous voudriez faire tout ce que l’on reproche aux Américains... mais bien sûr, l’inflation permet la demande qui créé l’offre comme par magie...
Voilà ce que disait de Gaulle dans ses voeux pour l’année 1969 :
Par
la suite, le grave déséquilibre de notre économie, résultat inéluctable
d’une paralysie de près de deux mois, des charges énormes subitement
consenties pour la faire cesser, et des crédits massivement prodigués
pour la reprise, nous a conduit, soudain, et à chaud, à une crise
monétaire,qui mettait en cause la valeur de notre franc, et par là même, celle de nos avoirs et de nos rémunérations,risquait de
nous faire passer sous la dépendance de prêteurs étrangers et suscitait
la joie odieuse des spéculateurs de la finance, de la politique et de la
presse qui jouaient notre déconfiture.
Pour
l’économie, qu’il s’agisse des prix et des salaires ou bien des
dépenses publiques ou bien des changes et du crédit, les limitations,
les contrôles voulus, sont absolument nécessaires jusqu’au retour
complet à l’équilibre.Ceci pour que
nous puissions sauvegarder la balance de nos paiements, consolider dans
la réalité, les accroissements de rémunération qui ont été apparemment
fixés dans les chiffres.Faire en sorte que nous vendions au dehors au moins autant que nous y achetions.Bref,
empêcher que la supercherie de l’inflation ne nous fasse glisser au
gouffre de la ruine et de la misère, comme jadis le chant des sirènes
faisait tomber les marins dans la mer.
Autrement dit, De Gaulle n’était pas favorable à l’inflation, à la dévaluation du franc et à la politique de la demande, c’est le moins que l’on puisse dire.Et il disait cela avant 1973, à l’époque où, si l’on en croit les complotistes et les fétichistes de la loi de 73, la France pouvait s’endetter à l’œil auprès du Trésor...
Comme quoi Asselineau avait bien raison de remarquer au détour d’une question posée par une journaliste qu’il "n’était pas gaulliste".CQFD.
Ils ont concédé quand même qu’il y avait une "érosion" de Macron en toute fin d’émission.
Difficile de faire autrement... le petit prodige n’a pas la rentabilité attendue sur les plateaux TV. En fait c’est sans doute un introverti qui s’est fait violence et qui a beaucoup travaillé avec des techniques de communication et de marketing.