Bon ok la vous me gonflez je ne faisais que vous répondre en apportant quelques chiffres à la conversation tout en etant d’accord sur certains points. Mes chiffres ne valent évidemment rien et tout désaccord avec vous ne peut-être que le produit de l’idéologie. Les rois de France étaient des dictateurs imbéciles ne comprenant rien à l’économie, les français sont des paysans bornés, inaptes au commerce et haissant les riches. Ça tourne en rond votre truc, bonne journée.
Le problème, c’est que vos considérations théoriques et une fétichisation excessive de la pensée de certains auteurs tend à vous détourner de la réalité. La France est par exemple le premier pays européen pour la création d’entreprises. C’est aussi un des pays où il est le plus facile de créer une entreprise, donc je ne sais pas d’où proviennent vos données (7 jours pour créer une entreprise). La faiblesse nationale tient beaucoup plus à la difficulté d’irriguer les entreprises car le capital en France tend à se "patrimonaliser" ou à partir à l’étranger au lieu de s’investir dans l’économie pour des raisons historiques que je ne vais pas expliciter ici.
Les Français, contrairement à ce qui est martelé à longueur de temps par les politiques et certains idéologues, travaillent en moyenne autant, sinon plus que les pays développés comparables :
Les salariés français travaillent
en moyenne plus que les Allemands : 44,3 heures contre 42,9 pour les
cadres et 36,2 heures contre 34,5 pour les non-cadres (Eurostat, 2014).
La France est au 6e rang mondial pour la productivité horaire de la
main-d’œuvre, devant l’Allemagne (7e) et le Royaume-Uni (13e)
(Conference Board, 2014).
Quant au rapport à l’argent... la culture marxisante d’une partie de la gauche et les idéaux "rousseauistes" n’ont jamais empêché les gens de s’enrichir. Mais il est vrai que nous sommes un pays qui valorise plus la découverte et l’initiative que l’enrichissement en tant que tel, valeur anglo-saxonne. Par ailleurs notre culture, de Balzac à Houellebecq, a toujours remis en cause effectivement le "statut" de l’argent ou par l’argent : est-ce vraiment une tare ?
Là où je vous rejoins c’est sur la taxation excessive du travail et les rigidités accumulées du modèle social, qui ont d’ailleurs moins à voir avec une politique de gauche qu’avec la structuration sociologique élitaire du pays et la reproduction sociale qui constitue des rentes dans toutes les strates de la société (bourgeoisie, syndicat, agriculture, aristocratie, culture, etc.)
Les Anglais n’ont pas trahi, ils ont soutenu le parti le plus faible qui n’avait aucune chance de l’emporter, et qui représentait donc un simple pouvoir de nuisance (d’aucuns diraient "idiots utiles").
Les Anglais avaient tué leur roi catholique et mené des répressions impitoyables contre les catholiques irlandais, donc pourquoi venir en aide aux catholiques de l’Ouest qui, d’ailleurs, étaient plutôt hostiles à la centralisation monarchique jusqu’à la Révolution ?
Les Anglais savaient que tôt ou tard la Révolution se stabiliserait : tout l’enjeu pour eux était que cela se produisit plus tard que tôt.
Effectivement, c’est une période extrêmement complexe où les tendances "conservatrices" et "progressistes" provoquent des divisions au sein de tous les ordres, clergé compris. Certains curés de paroisse ont immédiatement épousé les idéaux révolutionnaires qui étaient cohérents avec le gallicanisme... mis en place par la monarchie.
On sait que les catholiques anti-maçons ont pu trouver refuge en Angleterre, où ils ont été accueillis par... des maçons. Le complot maçonnique est une fumisterie intégrale. Les loges maçonniques se divisaient d’ailleurs en deux grandes tendances, les loges "anglaises" et les loges aristocratiques (comme les neuf sœurs) qui sont à l’origine de la déclaration des droits de l’homme et qui ont été décimées sous la Terreur.
La théorie républicaine, pour ne pas dire républicaniste de la révolution vue comme un "bloc" (selon la fameuse formule de Clémenceau) a mis un masque d’uniformité sur un phénomène qui n’a jamais été uniforme et linéaire.