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Le but de l’EI est de faire fuir les touristes et de pousser les Français de souche et les musulmans à la guerre civile.
Je suis algérien, enfant des années de sang qu’a vécues mon pays. Je vis en région parisienne depuis deux ans, et à chaque attentat, ce sont les vieux souvenirs qui refont surface ; la terreur, s’habituer aux bruits d’explosion, les douilles de balles trouvées dans le jardin, la peur des longs trajets, les voitures calcinées, les alertes à la bombe, les centaines de morts quotidiennement, ma mère qui me disait de fermer les yeux à chaque début de JT... Malheureusement, j’ai bien peur que ce ne soit que le début d’une longue descente en enfer que va vivre ce si beau pays
Voilà le risque et il n’y a pas lieu de le minimiser quand on voit les conséquences désastreuses de 10 années de guerre civile sur la société algérienne.
@Gollum
Le modèle sociétal américain est celui de la réussite individuelle plus que de l’égoïsme jouisseur. C’est un peu simple de réduire le monde moderne au libéralisme (ou au marché) et de réduire le libéralisme à une quête effrénée de jouissances égoïstes ou au totalitarisme moderne. En fait il y a deux pôles du libéralisme qui s’opposent tout en se complétant depuis le XVIIIème siècle : le premier, plutôt romantique, européen et rousseauiste, attribue une valeur unique et essentielle à l’individu qui doit trouver sa vérité à l’intérieur de lui-même et jusque dans l’opposition à la société, le second, plutôt constructiviste et américain, assigne au contraire à l’individu la responsabilité de se construire positivement en fonction de la société, à trouver sa place au sein de la communauté par le travail. C’est précisément la tension entre ces deux modèles qui définit la modernité.
Il aurait été intéressant de faire un parallèle entre la performance d’Asselineau et celle d’Onfray. L’un est tombé dans tous les pièges qu’on lui avait tendu, l’autre les a tous évités. On est dans le registre de la performance théâtrale, le sens des échanges est presque secondaire, d’où le désarroi de Yann Moix qui prétendait prendre Ondray "à la régulière".
Quand même, le sang froid d’Onfray est impressionnant... c’est du funambulisme verbal, un mot de trop et c’est la chute.
@attis
Je pense le contraire. Je pense aussi que c’est une erreur de croire que la bourgeoisie est un ensemble homogène.
Je n’ai pas dit ça. Je suis rentré dans une logique purement marxiste mais je définis la bourgeoisie avant tout comme un état d’esprit, une praxis. Il y a toute sorte de bourgeois (de droite, de gauche, etc.) mais tous ont en point commun cet état d’esprit qui est différent du conservatisme. Un bourgeois conservateur, c’est un peu un oxymore. C’est d’ailleurs pour cette raison que les aristocrates nostalgiques méprisaient l’être bourgeois, toujours affairé, toujours laborieux... Les grands romanciers réalsites du XIXème définissent tous la bourgeoisie comme une mentalité.
Le véritable combat est une lutte interne aux classes dominantes, pas une lutte des classes dominantes contre le peuple, qui a toujours été dominé, à une ou deux brèves exceptions près.
Je n’ai pas dit le contraire. La majorité est dominée et conduite par une minorité, c’est la réalité anthropologique. La seule chose qui change c’est la manière dont cette minorité justifie sa légitimité auprès de la minorité.
Pour ce qui est de la bourgeoisie conservatrice ou progressiste, je pense qu’elle était progressiste au XIXème siècle quand elle était dans une position dominante, et qu’elle est devenue conservatrice dans la seconde moitié du XXème siècle, quand elle a perdu cette position dominante au profit de l’hyper-classe financière.
Oui, c’est ton opinion mais tu n’apportes pas vraiment d’arguments convaincants pour la démontrer, ce que je crois avoir fait. La bourgeoisie est toujours dominante, elle a simplement évolué conformément à sa mentalité.
Elle n’a pas travaillé dans son intérêt à long terme, elle a juste croqué l’héritage de papa-maman. Aujourd’hui, elle se retrouve en mauvaise posture. La position des soixante-huitards est, selon moi, bien plus fragile que celle de leurs parents
Désolé, mais c’est statistiquement faux. Si on ne parle que de la France, tous les anciens maos (fils de bourgeois) et les anciens soixante-huitards se sont recyclés dans les médias, la finance ou la politique, où ils occupent généralement des positions décisionnaires et stratégiques. L’ancien assistant maoïste de Michel Foucault distille l’Evangile libérale au nom du MEDEF :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Ewald
Ceux qui se sont fait baisés, c’est toi, c’est moi, c’est nous, tous ceux qui ont cru à toutes ces conneries durant trois décennies.
Je le vois bien autour de moi : la quasi-totalité de mes connaissances qui sont fils et filles de soixante-huitards sont ce qu’on pourrait appeler des déclassés.
Un soixante-huitard n’était pas forcément un bourgeois, et puis, il y a tous ceux - les gentils ou les moins intelligents - qui ont vraiment adhéré aux idéaux naïfs des années 60, et pour eux, ça s’est effectivement très mal terminé (overdose, voyage en Inde ou dans le Larzac, drogue, déclassement...)
La classe bourgeoise n’est ni homogène ni fermée, et les vilains petits canards sont souvent rejetés par leur milieu...
Pour finir, je rappelle qu’on assiste à une concentration du capital sans précédent. C’est d’ailleurs officiel : 1% de la population détient 50% des richesses mondiales. Le peuple ayant toujours été pauvre, à qui prend-on cette richesse, si ce n’est à la bourgeoisie ?
Ces chiffres mondiaux sont contestés et contestables (méthodologie). Même un type au RSA est un privilégié ultra-riche à côté d’un africain pauvre, et en tenant compte de l’évolution de la démographie - on comprend bien que 200 millions de pauvres nigérians ne vont pas engendrer mécaniquement 600 millions de nigérians riches à l’horizon 2050... - un salarié français touchant 3000 euros par mois fera bientôt partie du club des 1%....
Si on prend les chiffres en France, on doit avoir 10 à 20% de la population se partageant 80 à 90% de la richesse produite, c’est la bourgeoisie...
Dans les années 70 l’ouvrier américain typique avait une baraque, deux voitures, un boulot bien payé avec des avantages... aujourd’hui il est endetté et son salaire a été divisé par deux voire par trois dans les régions industrielles sinistrées - s’il n’est pas au chômage. C’est la classe moyenne qui a été massacré au cours des trois dernières décennies.
@attis
C’est un peu paradoxal ce que tu dis, s’il faut s’en référer à la lutte des classes pour définir ces catégories, cela veut dire qu’il faut les analyser de manière dynamique. D’un point de vue strictement marxiste, ton analyse omet le fait que l’aristocratie a épousé les intérêts de la classe bourgeoise montante bien avant la seconde moitié du XIXème siècle, en deux temps :
- sous la Révolution, d’une part, qui a scellé l’alliance de l’aristocratie progressiste et libérale et de la bourgeoisie d’affaires contre la monarchie absolue : La Fayette et quelques autres sont emblématiques de cette "collusion" d’intérêts à priori opposés.
- dans les années 1820/1830 la plupart des aristocrates émigrés reviennent en France et recouvrent leurs biens ; la loi du milliard acte le ralliement politique de l’aristocratie au gouvernement libéral et bourgeois qui s’est drapé dans le légitimisme dans le but d’étouffer la contestation républicaine, ouvrière et révolutionnaire qui conduira à 1848. C’est durant cette période que l’aristocratie est devenue socialement conservatrice et a renoncé à toute revendication politique en échange d’un gros chèque et de rentes garanties sur son patrimoine, à l’exception d’une minorité d’ultras qui allait constituer plus tard le noyau de l’extrême-droite avec les déçus du républicanisme. C’est l’essence même du conservatisme : renoncer à un rôle actif pour conserver des acquis financiers et matériels. Cette caractéristique n’est pas du tout celle de la bourgeoisie qui est la classe progressiste par excellence, c’est à dire la classe qui ne sacrifie jamais un progrès potentiel à la conservation d’un acquis (il y a aussi des faillites de bourgeois tout au long du XIXème siècle liées à leurs activités industrieuses et financières) et ce que traduit concrètement son évolution politique, la bourgeoisie s’étant alliée successivement avec l’aristocratie (monarchie de juillet) puis avec le peuple (révolution de 1848 impulsée par les libéraux) avant de le "trahir" à nouveau en 1870... La bourgeoisie défend toujours des intérêts, plus rarement des acquis, ce qui correspond à une tournure d’esprit bien différente de celle du conservatisme même s’il peut y avoir des points communs en apparence (train de vie, statut social, consommation, fréquentations...).
Il n’y a pas lieu selon moi d’opposer une bourgeoisie soi-disant conservatrice à une "hyper-bourgeoisie" mondialisée et progressiste qui chercherait à détruire la première, ce "schisme" est purement spéculatif et n’existe pas dans la réalité. C’est justement cette fausse dualité qui a longtemps empêché de comprendre mai 68 en opposant artificiellement les intérêts de la bourgeoisie conservatrice (dite "de droite") et de la bourgeoisie progressiste (dite "de gauche"). En réalité, on sait aujourd’hui que ce clivage a été largement mis en scène pour dissimuler une stratégie de conquête culturelle et politique. Cohn-Bendit incarnait les intérêts de la jeune génération bourgeoise en mettant en scène une pseudo-révolte contre le père. Lui-même le reconnaît cyniquement aujourd’hui, en jouissant rétrospectivement de se présenter comme "grand bourgeois".
Or, petit bourgeois acceptera toujours d’être mangé par gros bourgeois : cela correspond à sa praxis économique et donc à sa vision du monde. S’il ne l’accepte pas, il ira devant un tribunal, mais ça s’arrêtera-là.
Il ne reste désormais plus grand-chose aux authentiques bourgeois. Des biens immobiliers qui leur assurent une rente désormais assez dérisoire, peut-être ?
Il ne reste rien aux bourgeois ? ah ah ah ! Non mais sérieusement... la bourgeoisie "authentique" ou non (l’authenticité n’est pas un critère bourgeois, c’est contradictoire avec l’arrivisme...) détient l’essentiel du patrimoine immobilier et financier en France.
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