Bravo la modération... le titre de cet article est ridicule mais dénote bien la mentalité fanatique et ordurière de son auteur.
michel-charles n’a pas tort sur le coup, la rhétorique du pourrissement et de "l’infestation" renvoie sinon au pétainisme à une certaine extrême-droite dont l’antiaméricanisme a plus à voir avec une névrose existentielle qu’avec une analyse politique dépassionnée et cohérente.
Oui, je suis d’ailleurs étonné que les pros du complot ne trouvent pas ça étrange qu’un ancien pote de Pasqua, Sarko et cie se réveillent en 2015 (soit 30 ans plus tard) dans la peau d’un "dissident".
Ca va être le festival : après la Morano et la race blanche, les "révélations" de Villiers et son obsession des LGBT, qui va être le prochain à se lâcher et dénoncer le politiquement correct et le mondialisme ?
Certes mais on dit communément "de Villiers" et non "Villiers" qui est trop générique. Votre remarque assortie d’une menace dénote une tournure d’esprit un tantinet tatillonne, donc bureaucratique, donc hiérarchique, c’est à dire intrinsèquement fasciste.
C’est quand même amusant que de Villiers ait été le confesseur de la classe politique française. Mitterrand lui a révélé pourquoi il avait crée SOS Racisme, Cohn-Bendit lui a dit qu’il voulait détruire la nation, Fillon que Billderberg gouvernait la France, sans parler de cette réunion à l’UE où les mondialistes étaient tous présentes pour fomenter leur plan machiavélique... De Villiers était toujours là, enregistrant ces informations décisives pour plus tard, quand il ne ferait plus de politique.
C’est amusant que tout ça lui vienne alors qu’il mangeait encore dans la main de Sarko il y a quelques années et qu’il a derrière lui un long passé de girouette politique errant quelque part entre libéralisme et conservatisme...
Programme économique de De Villiers 2007 :
- interdiction de l’emprunt publique pour les dépenses de fonctionnement
- suppression d’un poste de fonctionnaire sur deux
- baisse des charges de 50 % pour les PME-PMI. Exonération pendant deux ans de toutes les charges pour les créateurs de petites entreprises.
- abrogation des 35 heures
- libéralisation de l’âge de la retraite
- épargne salariale obligatoire
- suppression du monopôle de l’ANPE (privatisation)
- suppression du monopole des syndicats et du financement publique des syndicats
- taux d’imposition maximum fixé à 33%
- versement du RSA suspendu à une activité sociale
- instauration d’un revenu parental d’éducation de 1000 euros net
- service minimum dans les transports publics ; droit de grève soumis à un vote à bulletin secret.
Donc, en résumé, un programme libéral décomplexé. Je ne dis pas que toutes ces mesures sont mauvaises ou injustifiées loin de là, mais de là à se faire passer aujourd’hui pour un pourfendeur des libéraux-libertaires avec lesquels De Villiers, un peu gêné d’ailleurs aux entournures, a collaboré durant près de deux décennies, il y a quand même un problème de cohérence fondamentale.
Les courageux droitards s’engouffrent dans la brèche quand il est devenu beaucoup moins risqué de dénoncer le politiquement correct. L’idée est pourtant de revenir à une situation "normale", et pas à la situation où - pour caricaturer un peu - une majorité de vieux hommes blancs riches pouvaient fustiger avec cynisme tout ce qui ne leur ressemblait pas. En outre, l’anti-politiquement correct par principe est évidemment du politiquement correct dont la logique a simplement été retournée comme un gant.
Si le club de l’horloge - c’est à dire la droite libérale-conservatrice - définit désormais l’esprit de cette résistance au politiquement correct de gauche, il faut s’attendre à ce que les premiers visés ne soient pas "les mondialistes, la superclasse mondiale et cosmopolite" (qui ne craignent sans doute pas les cathos néoconservateurs) mais les jeunes, les smicards, les précaires... les cibles prioritaires de cette droite de compromis.
Je crois qu’il faut s’attendre à l’avenir à un consensus politique entre les partisans de l’ordre morale et les libéraux qui se dessine d’ailleurs un peu partout en Europe. On ne touchera pas à la répartition du capital en échange d’un retour superficiel à certaines normes morales chères à la bourgeoisie catholique, que l’on a déjà vu à l’œuvre tout au long du XIXème siècle et dont Henri Guillemin dénonçait à juste titre l’hypocrisie et la tendance à se soumettre aux dominants économiques.
Mieux, les libéraux pourront utiliser ces idiots utiles de droite pour taper sur certaines catégories de personnes qu’un Macron ne peut pas attaquer frontalement sans se heurter à la mauvaise conscience de gauche.
Merde, De Villiers était encore sarkozyste et libéral en 2009 (relisez son programme en 2007) ces "souverainistes" sont de vraies girouettes qui ont construit des carrières sur leur capacité à accepter à des compromissions politiques et qui essaient aujourd’hui de se réinventer des passés de dissidents antilibéraux-libertaires et antimondialistes.
Ca fait 150 ans que les cathos réactionnaires se font enfiler par la "bourgeoisie cosmopolite "qui utilisent toujours le même deal pour les retourner : ordre moral contre ordre social. Si ces gens devaient retrouver du pouvoir politique, on aurait le droit probablement à une politique économique libérale décomplexée (souffrez, travaillez, courbez l’échine...) atténuée par quelques mesures sociétales de second ordre (mariage gay) visant à apaiser la mauvaise conscience de nos "antimondialistes" de pacotille.