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... ou comment démontrer qu’on ne connaît rien à l’histoire et à la spécificité du gallicanisme dans ce pays...
Oui... Juvénal écrivait au première siècle et se morfondait déjà sur la disparition de la "vertu de nos pères", la décadence des moeurs, les gays, les matrones, etc...
"Selon lui, la Rome impériale s’est en effet transformée en une ville gigantesque, monstrueuse scène de théâtre remplie de bouffons qui s’ignorent et d’aigrefins, un lupanar. Il ne reste plus guère de choix aux vieux Latins : ils prendront la fuite et se réfugieront en province, ou devront se résoudre à faire la cour aux parvenus de tout poil, de l’empereur au gigolo enrichi (...) Juvénal ignore tout du politiquement correct : il s’en prend tour à tour aux femmes qui, quand elles ne cocufient pas leurs maris, les empoisonnent par leur érudition avant de le faire pour de bon et de toucher l’héritage ; aux pères-la-pudeur qui dissimulent mal leur homosexualité sous leurs mâles paroles et leurs vêtements de soie diaphane ; aux riches à la fois raffinés dans leur dépravation et atteints d’une avarice sordide quand il s’agit de traiter leurs clients ou leurs gitons ; aux efféminés qui se marient entre eux à défaut de pouvoir enfanter ; aux Orientaux de tout poil, esclaves affranchis, tout spécialement les Grecs, qui évincent les vieux Romains des responsabilités ; aux faux dévots, qui n’invoquent les dieux que pour mieux délester le gogo de son bel argent. Juvénal n’hésite pas à aborder sur le ton de la farce le jeu politique, jeu dangereux où parler de la pluie et du beau temps vous vaut vite la disgrâce ou la mort."
(wikipedia)
@la mouche du coche
Tout le monde est instrumentalisé. Après il y a ceux qui choisissent librement leurs déterminismes et ceux qui subissent les déterminismes qu’on leur impose ; ceux qui deviennent et ceux qui sont ce que la vie a fait d’eux.
@julien
Mon propos n’était pas d’opposer la société traditionnelle et la société moderne dans le cadre dialectique habituel (avant/après) mais d’expliquer comment on était arrivé à la situation actuelle sans avoir recours à des catégories idéologiques confuses (Lumières, Attali, mondialisation, communisme, nazisme, etc....)
En réalité on trouve déjà des éléments de modernité dans la société d’ancien régime et la société du XIXème - réactionnaire et conservatrice - est encore dominée par de nombreux idéaux traditionnels, dont la notion d’honneur et de virilité associée, qui est bien plus exacerbée au XIXème siècle que sous Louis XV ou Louis XVI... un thème des révolutionnaires était justement le retour à la vertu romaine et à l’austérité républicaine, loin des "froufrou" de la courtisanerie et de la sophistication de Versailles dont on sait qu’elle avait notamment pour but de réduire l’aristocratie à l’impuissance face au pouvoir du roi : tout cela est un produit de l’absolutisme royal, qui est le vrai fossoyeur de la monarchie française. La Révolution n’a fait que donner le coup de grâce à une institution qui avait échoué à se réformer parce qu’elle reposait en réalité sur des bases fragiles depuis deux siècles. Tout ce que la monarchie avait perdu de légitimité, elle le compensait par l’autorité : quand l’autorité vint à son tour à vaciller, faute d’un roi assez volontaire et puissant, il ne restait plus rien pour soutenir l’institution monarchique.
Le champ de la violence au niveau des états a été très largement étendu avec le passage à la conscription, opposée à la guerre ancienne faite essentiellement entre aristocrates et hommes d’armes de métier
C’est faux. Je suis désolé, mais l’aristocratie sous Louis XVI a perdu toute sa légitimité ; elle ne verse plus le sang depuis longtemps et se consacre davantage à son patrimoine et aux mondanités qu’à l’exercice des vertu militaires, à l’exception de quelques officiers issus de la noblesse ancienne et qui détiennent pour la plupart des charges et des positions héréditaires. L’infanterie - le peuple, quoi - représente l’essentiel des effectifs et compte une centaine de milliers de soldats miliciens astreints au service, donc incorporés. Chiffre énorme pour l’époque !
passage couplé au processus de mondialisation des échanges et des relations diplomatiques on a logiquement abouti à des conflits mondiaux appuyés sur des massacres de masse que seule la technologie ne peut suffire à expliquer, les idéologies nazi et communistes, à un degré moindre (et encore) celle des droits de l’homme, héritières des Lumières, et leur volonté exterminatrice le démentent. Le mépris moderne du sacrificiel religieux traditionnel a aussi contribué à ces "sacrifices" incontrôlés d’une ampleur sans précédente.
Les premières "guerres de masse" sont la guerre de 30 ans (7 millions de morts) et la guerre de sept ans (plus d’un million de morts), donc bien avant la révolution : des massacres commis au nom de la religion, des scènes de pillages à travers toute l’Europe, le premier nettoyage ethnique de l’histoire avec la déportation des Acadiens, etc... La guerre de 7 ans est un conflit pour la domination mondiale qui se déroule à la fois en Europe, en Amérique et aux Indes, sur terre et sur mer - bref, un conflit mondial.
J’ajoute qu’une bonne partie des réformes militaires dont a bénéficié la Révolution puis Napoléon ont été mises en place sous Louis XV et Louis XVI.
La peine de mort n’a pas d’effet dissuasif, au niveau statistique c’est même plutôt le contraire, elle a tendance à exacerber la violence des criminels pour une raison simple que Sun Tzu avait déjà identifié dans l’art de la guerre :
« On jette [ses soldats] dans une situation sans issue, de sorte que, ne pouvant trouver le salut dans la fuite, il leur faut défendre chèrement leur vie. Des soldats qui n’ont d’autre alternative que la mort se battent avec la plus sauvage énergie. N’ayant plus rien à perdre, ils n’ont plus peur ; ils ne cèdent pas d’un pouce, puisqu’ils n’ont nulle part où aller. »
Un criminel qui sait ou qui sent instinctivement que la mort se trouve au bout de son chemin criminel, que c’est la seule issue à sa dérive antisociale, sera toujours plus combatif et plus violent que celui auquel on laisse une possibilité de fuite ou de rédemption.
L’analogie n’est pas spécieuse puisqu’un criminel est d’une certaine manière en guerre contre la société. La peine de mort tend donc à lever ses inhibitions profondes plutôt qu’à les faire disparaître. Cet argument est logique et incontournable, contrairement aux arguments moraux pour on contre la peine de mort, qui ont tous leur intérêt et leur justification interne.
Dans les sociétés qui sont régulées par le code de l’honneur, la violence - réelle, symbolique, ritualisée - est omniprésente, car la fuite au sens large du terme est un tabou socialement réprimé (dans tous les cas, la mort est plus désirable). Dans les sociétés modernes, ce code de l’honneur ne subsiste réellement qu’au sein de l’institution militaire sous une forme "aménagée".
A partir du XIXème siècle, chaque classe sociale a développé sa propre version du code de l’honneur : le duel pour les aristocrates, l’enrichissement pour le bourgeois, le fait de se tuer à la tâche (littéralement) pour les ouvriers...
Avec la première guerre mondiale, l’industrialisation de la guerre et de la mort, d’une part, et les progrès de la médecine, d’autre part, en permettant pour la première fois le retour de centaines de milliers d’éclopés dans les familles, ont développé le sentiment de l’absurde en réaction à la notion de sacrifice et poussé par conséquent un peu partout à la remise en question du code de l’honneur, devenu trop lourd à porter tant pour les individus (souffrances démentielles supportées par les soldats dans les tranchées, les mitrailleuses ne laissant plus guère d’expression à l ’héroïsme individuel) que pour les familles (explosion du nombre de divorces après la première guerre mondiale). En France les femmes apprenaient souvent la mort de leur mari par simple courrier officiel ; d’autres se retrouvaient avec un homme traumatisé physique et/ou psychique à charge, alors que les troubles post-traumatiques étaient peu étudiés et mal compris. Difficile, dans ces conditions, de maintenir intact le sens de l’honneur lié étroitement à la sacralité du collectif, et donc, dans le monde moderne post-révolutionnaire, à la sacralité de l’Etat-nation. Or, cet Etat-Nation était devenu monstre froid et rationnel, envoyant par pelletée les hommes au sacrifice...
En Europe, les conséquences sont claires au lendemain de la guerre : seuls les régimes ouvertement fascistes et militaristes ont pu compenser cette remise en question du code traditionnel de l’honneur par l’exacerbation de l’emprise de l’Etat sur l’individu et la fuite en avant dans l’autoritarisme. Partout ailleurs, elles s’imposent de la même façon au lendemain de la seconde guerre mondiale qui a fait entre 60 et 80 millions de morts, soit près de 3% de la population mondiale de l’époque.
Evidemment les sociétés développées doivent faire face à présent aux conséquences ultimes de ce "choix", tant sur le plan individuel que sociétal : une diminution de la combativité individuelle en échange de relations pacifiées entre les hommes, un certain désinvestissement confinant à la lâcheté, et une exacerbation logique et symétrique de la violence de ceux qui continuent à adhérer mentalement à un schéma proche des sociétés traditionnelles et/ou religieuses dont ils sont généralement issus. Dans le monde islamique, comme le montre Daesh de façon caricaturale et brutale, ce sont les châtiments et la violence infligée au nom de la collectivité qui régulent encore les comportements individuels.
D’où ce paradoxe des musulmans contemporains qui aspirent individuellement à échapper à la violence engendrée par les tabous structurant leur société - en émigrant par exemple - mais qui tendent en même temps à la reproduire par atavisme culturel et social dans les pays où ils viennent s’installer. Regardez un peu ce qu’il se produit avec les "réfugiés" en Allemagne.
D’où, aussi, à mon avis, l’importance de conserver certaines institutions "rigides" comme le service militaire et des rituels éducatifs qui permettent de trouver un équilibre entre le système traditionnel - générateur d’une violence insupportable et souvent délétère - et le système moderne qui tend à produire des individus "houellebecquiens" à la fois indolents et cyniquement conscients de leur impuissance.
C’est aussi la raison pour laquelle le bannissement de la communauté nationale représente sans doute la peine la plus dissuasive et la plus déshonorante, car on ne peut pas revenir de la mort, alors que l’on peut revenir du bagne, ce qui est bien plus terrible...
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